Le festival de Venise est l´un des quelques grands festivals de cinéma qui restent ouverts au cinématographies du Sud, notamment celles venant d´Afrique et / ou du Monde Arabe. La 66ème édition qui se tient du 02 au12 septembre 2009 ne déroge pas à cette orientation salutaire.
Le cinéma égyptien sera cette année à l’honneur à travers Yousri Nasrallah. Le Dauphin de feu Youssef Chahine se présente comme le chef de file du cinéma d’auteur en Egypte, le pays arabe où l’industrie cinématographique pèse de tout son poids faisant ainsi la pluie et le beau temps au bonheur et au malheur des cinéastes et artistes du septième art. Son combat pour le cinéma d’art et essai lui vaut une reconnaissance internationale bien méritée. Cela se traduit cette année par une sélection officielle en hors compétition de son dernier opus Ehky Ya Schahrazad (Raconte Schehrazad). Il se présente aux côté de grands noms du cinéma mondial comme Abel Ferrara, John Lasseter, Oliver Stone, Steven Soderberg,…Par contre on trouvera un autre Egyptien en compétition, Ahmed Maher avec El Mosafer.
La Tunisie aussi sera au rendez-vous de cette édition du Festival de Venise. Après Abdellatif Kéchich, Raja Amari prend la relève pour défendre les couleurs nationales sur le Lido. Après le succès de son premier long métrage, Satin rouge, la « benjamine du cinéma tunisien» confirme son talent avec La Berceuse ce long métrage qui lui ouvre les portes de Orrizonti, l’une des sections parallèle de la biennale et qui est dédiée au nouveaux talents du septième art.
Dans ce film, l’auteur de Satin Rouge semble fidèle à son style. Comme dans ses courts métrage, et son premier long métrage, elle cherche à peindre des portraits féminins tout en finesse. La Berceuse est l’histoire de trois femmes résidant dans les quartiers déserts des servantes dans une grande maison. Le calme de leur vie quotidienne est troublé par un jeune couple qui s’installe dans l’enceinte principale de la maison. Les trois femmes décident de ne pas manifester leur présence. Mais Aicha le cadette, se prend d’affection pour les nouveaux locataires.
L’histoire semble attrayante et promet une grande profondeur psychique des personnages. Le traitement cinématographique aidera-t-il Raja Amari à s’imposer face à des ténors comme l’Allemand Werner Herzog, et Alexandr Sokurov pour ne citer que deux noms ?
Les toutes dernières années ont vu le passage glorieux de quelques cinéastes qui depuis ont pris place parmi les grands noms du cinéma mondial. Nous citerons volontiers le Tchadien Mahamet-Saleh Haroun avec Daratt, la saison sèche, le Tunisien Abdellatif Kéchich avec La graine et le Mulet et l’Ethiopien Hailé Gérima avec Téza. Non pas seulement ces cinéastes ont participé à la compétition officielle mais aussi ils ont vu leur talent reconnu et récompensé.
En attendant que le palmarès de 2009 livre ses secrets on continuera d’espérer que nos films quittent les petits couloirs des rendez-vous cinématographiques et empruntent les voies des grands boulevards.
Friday, 28 August 2009
Hergla, cultiver l´ouverture
Les 5èmes Rencontres Cinématographiques de Hergla ont laissé une impression spéciale cette année. La manifestation a connu une grande métamorphoses et de par le nombre des partenaire qui s’est enrichi par de nouvelles institutions, et de par le nombre et la qualité des invités. Tout concourt pour confirmer l’orientation que cette jeune manifestation a prise et continue de suivre. Outre la programmation désormais traditionnelle de courts métrages et de documentaires d’Afrique et de la Méditerranée, l’édition 2009 a voulu marquer l’esprit d’ouverture sur le Nord. Cette manifestation organisé avec le soutien du Ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine a vue cette année l’implication des instituts culturels étrangers qui ont intervenu sur des rubriques pensées avec une grande pertinence. Ainsi, cette cinquième édition aura réussi le pari qui préside à la création de cette manifestation : la rencontre entre les artistes, les amateurs des arts et l’échange entre les cultures. En témoigne non seulement la multiplicité des partenariats, mais aussi l’hétérogénéité et la richesse de la programmation. L’esprit d’ouverture est cultivé à plus d’un niveau : implication d’artistes et d’invités divers horizons Allemagne, Italie, France, Niger, Mali, Algérie, Bénin, Tunisie… L’ouverture se retrouve aussi au niveau de la diversité des forme artistiques. Conçue comme une manifestation cinématographique, les rencontres s’ouvres aussi sur toute forme d’art enrichissante et susceptible de répondre à la soif de culture qu’on ressent chez la jeunesse.
Libellés :
www.herglacinema.org
Saturday, 25 July 2009
Mohammad Bakri à Hergla

Il y a quatre ans nous recevions Mohammad Bakri en tant qu’invité d’honneur des Rencontres Cinématographiques de Hergla. Il venait alors présenter son film dédié à Emil Habibi, Depuis que tu es parti. La programmation de Zahra, son nouveau documentaire dans cette 5ème édition de la manifestation est tout simplement naturelle. C’est que Bakri et son œuvre représentent des valeurs que nous cherchons à promouvoir. Outre son humanisme, c’est un artiste au talent incontestable. Aussi bien au théâtre qu’au cinéma, il excelle en tant qu’acteur mais aussi en tant qu’auteur de ses propres oeuvres.
Né en 1953 en Galilée, Mohammad Bakri est fatalement confronté aux frontières physiques, intellectuelles, spirituelles les plus absurdes qui puisse exister. Il travaillera avec les meilleurs réalisateurs des deux côtés : Amos Gitai et Eran Riklis d’un côté, Michel Khleifi et Rachid Masharaoui) avec qui il partage le sens de l’engagement pour les valeurs humanistes pures.
Après des études de littérature arabe, Bakri se lance dans une carrière de Théâtre. C’est là qu’il commence à jouer dans des adaptations de grands auteurs dont notamment Federico Garica Lorca. Très vite il montera ses propres pièces : il écrit, interprète et met en scène. Outre ses textes à lui, il adaptera des œuvres d’écrivains très connus comme Emil Habibi, Saadallah Wannous, Tayeb Saleh, Arthur Miller. Ayant plus d’une corde à son instrument, Mohammad Bakri est acteur, comédien et réalisateur. Pour chacun de ces talents, il a reçu plus d’une consécration. Il est récompensé presque partout où ses films passent : Locarno, Valence, Carthage… En tant que réalisateur il est très vite reconnu comme l’un des meilleurs documentaristes du monde arabe. Avec Jenin, Jenin, il remporte le grand prix à Carthage en 2002. Il réitère son succès au même festival en 2006, avec Depuis que tu es parti…
Né en 1953 en Galilée, Mohammad Bakri est fatalement confronté aux frontières physiques, intellectuelles, spirituelles les plus absurdes qui puisse exister. Il travaillera avec les meilleurs réalisateurs des deux côtés : Amos Gitai et Eran Riklis d’un côté, Michel Khleifi et Rachid Masharaoui) avec qui il partage le sens de l’engagement pour les valeurs humanistes pures.
Après des études de littérature arabe, Bakri se lance dans une carrière de Théâtre. C’est là qu’il commence à jouer dans des adaptations de grands auteurs dont notamment Federico Garica Lorca. Très vite il montera ses propres pièces : il écrit, interprète et met en scène. Outre ses textes à lui, il adaptera des œuvres d’écrivains très connus comme Emil Habibi, Saadallah Wannous, Tayeb Saleh, Arthur Miller. Ayant plus d’une corde à son instrument, Mohammad Bakri est acteur, comédien et réalisateur. Pour chacun de ces talents, il a reçu plus d’une consécration. Il est récompensé presque partout où ses films passent : Locarno, Valence, Carthage… En tant que réalisateur il est très vite reconnu comme l’un des meilleurs documentaristes du monde arabe. Avec Jenin, Jenin, il remporte le grand prix à Carthage en 2002. Il réitère son succès au même festival en 2006, avec Depuis que tu es parti…
Libellés :
www.herglacinema.org
Wednesday, 22 July 2009
Mustapha Alassane à Hergla
Il est plus que de l’ordre naturel des choses qu’une manifestation comme les Rencontres Cinématographiques de Hergla (05-09 août 2009) décide de rendre hommage à quelqu’un comme Mustapha Alassane. Non seulement le cinéaste nigérien est l’un des pionniers du cinéma en Afrique, mais aussi et surtout il est le père de l’animation dans le continent noir. S’il est difficile pour le cinéma en Afrique d’exister, il l’est encore plus pour un genre comme l’animation. Selon l’ordre des priorités, cela vient largement derrière tant d’autres. C’est à ce titre que notre manifestation décide cette année de consacrer une partie de son programme à ce symbole du huitième art africain. Cela est d’autant plus symbolique que dans le même programme figure un autre nom mythique de l’animation qui vient de l’Allemagne, Lotte Reiniger. Car ceci est aussi la vision de cette manifestation ; faire rencontrer des cultures, des univers artistiques de différents horizons.
Ce ne sera jamais assez lui reconnaître sa juste valeur de dire de Mustapha Alassane qu’il est l’un des pionniers du cinéma dans le continent noir. Son parcours à lui est vraiment à part. Alors qu’il était mécanicien, rien ne le destinait naturellement à un tel sort d’artiste de premier plan, qui plus est dans un domaine marginalisé, le moins que l'on puisse dire. La rencontre de Jean Rouch aurait pu à la limite le pousser à embrasser une carrière de technicien, … peut-être. Au mieux il aurait eu une carrière classique au sens de faire du cinéma comme celui de ses confrères Djibril Diop Mambéty, Sembene Ousmane, Oumarou Ganda. Là aussi il n’aurait certainement pas moins brillé.
Il n’aurait pas non plus, comme eux, manqué d’engagement. On l’entend encore répéter des phrases que cette génération de pionniers aimait certainement proférer : « …. Le cinéma peut et doit servir à modifier la mentalité de la masse. Chacun de mes films touche à la politique, ne serait-ce que parce qu'il suscite un intérêt auprès de la masse et est susceptible de lui faire prendre conscience de sa culture. Je pense que, pour le moment, le cinéma n'a pas suffisamment prouvé au monde que l'Afrique a une culture propre. Il doit pouvoir éveiller la conscience du spectateur sur des problèmes spécifiquement africains et guider l'Afrique dans une direction plus viable. » L’animation pour lui est en effet, l’équivalent des contes africains, tout simplement « édifiante », tout autant, voire plus, que les autres formes cinématographiques.
Non !!! Mustapha Alassane a préféré faire son chemin en solitaire, qui plus est, il était le seul à le faire en Afrique. Démuni de toute formation dans le domaine de l’animation et de l’image et n’ayant aucun aîné sur les traces de qui il aurait pu marcher, il se lance dans le monde du cinéma avec la seule force de sa volonté et le souffle qu’il a eu en côtoyant Jean Rouch. Un passage par l’école canadienne de l’animation plus tard avec son maître Norman McLaren l’arme de la technique nécessaire. Mais c’est à peine s’il en avait besoin de tout cela. Le reste n’est en fait qu’une affaire de discipline, de rigueur, et surtout d’une grande volonté de faire, de construire et de changer les choses.
Il accompagne la vocation qu’il a pour cet art d’une conscience de la nécessité de mettre en place une infrastructure. Car l’inspiration à elle seule ne suffit pas pour faire de l‘art il faut aussi de l’intelligence pratique, et le vieux routard de l’animation africaine m’en manque certainement pas. On penserait qu’il a élu Tahoua, la petite ville au nord du Niger, pour lieu du repos du guerrier. Non, là encore !!! C’est de là que la marche continue. Dans le petit hôtel qu’il possède, il tient son cartier général en transformant quelques-unes de ses chambres en studios et ateliers destinés à la production, mais surtout à la formation.
Avec son fils, qui est fin prêt à prendre le flambeau, et les quelques employés de sa boite de production, il s’est mis aux nouvelles technologies. Il est conscient que cela ne peut que mieux servir un art comme celui de l’animation. C’est ainsi qu’il n’hésite pas lui-même, à l’âge de soixante sept ans, à apprendre les techniques de l’animation assistée par l’informatique.
Il n’avait pas accès à tout cela, déjà en 1962 lorsqu’il n’avait pas plus de vingt ans, quant il réalisait ses premiers courts métrages ; La Bague du roi Koda et Aouré. En cela, il devançait d’une longueur, son frère d’arme, l’aîné des anciens Ousmane Sembene, qui ne réalisera Borom Sarret, son premier court métrage, que l’année suivante en 1963. La volonté lui avait alors suffi. Mais depuis, il en a vécu et fait des choses. Il en a surtout appris et continue d’apprendre encore aujourd’hui humblement et avec cette même volonté.
A son tour maintenant, il vient à Hergla pour transmettre. En lui rendant hommage à travers cette sélection, et en l’invitant à ces cinquièmes Rencontres Cinématographiques de Hergla, nous espérons créer les conditions propices à cette transmission. Les cinéphiles pourront découvrir un brin de son œuvre à travers Le Retour d’un aventurier(1966), Bon voyage Sim (1966) et Kokoa (2001). Ils auront en outre l’opportunité de l’écouter directement lors de la leçon de cinéma dans laquelle il fera part de son expérience et de la vision qu’il se fait de l’Afrique et du cinéma.
Ce ne sera jamais assez lui reconnaître sa juste valeur de dire de Mustapha Alassane qu’il est l’un des pionniers du cinéma dans le continent noir. Son parcours à lui est vraiment à part. Alors qu’il était mécanicien, rien ne le destinait naturellement à un tel sort d’artiste de premier plan, qui plus est dans un domaine marginalisé, le moins que l'on puisse dire. La rencontre de Jean Rouch aurait pu à la limite le pousser à embrasser une carrière de technicien, … peut-être. Au mieux il aurait eu une carrière classique au sens de faire du cinéma comme celui de ses confrères Djibril Diop Mambéty, Sembene Ousmane, Oumarou Ganda. Là aussi il n’aurait certainement pas moins brillé.
Il n’aurait pas non plus, comme eux, manqué d’engagement. On l’entend encore répéter des phrases que cette génération de pionniers aimait certainement proférer : « …. Le cinéma peut et doit servir à modifier la mentalité de la masse. Chacun de mes films touche à la politique, ne serait-ce que parce qu'il suscite un intérêt auprès de la masse et est susceptible de lui faire prendre conscience de sa culture. Je pense que, pour le moment, le cinéma n'a pas suffisamment prouvé au monde que l'Afrique a une culture propre. Il doit pouvoir éveiller la conscience du spectateur sur des problèmes spécifiquement africains et guider l'Afrique dans une direction plus viable. » L’animation pour lui est en effet, l’équivalent des contes africains, tout simplement « édifiante », tout autant, voire plus, que les autres formes cinématographiques.
Non !!! Mustapha Alassane a préféré faire son chemin en solitaire, qui plus est, il était le seul à le faire en Afrique. Démuni de toute formation dans le domaine de l’animation et de l’image et n’ayant aucun aîné sur les traces de qui il aurait pu marcher, il se lance dans le monde du cinéma avec la seule force de sa volonté et le souffle qu’il a eu en côtoyant Jean Rouch. Un passage par l’école canadienne de l’animation plus tard avec son maître Norman McLaren l’arme de la technique nécessaire. Mais c’est à peine s’il en avait besoin de tout cela. Le reste n’est en fait qu’une affaire de discipline, de rigueur, et surtout d’une grande volonté de faire, de construire et de changer les choses.
Il accompagne la vocation qu’il a pour cet art d’une conscience de la nécessité de mettre en place une infrastructure. Car l’inspiration à elle seule ne suffit pas pour faire de l‘art il faut aussi de l’intelligence pratique, et le vieux routard de l’animation africaine m’en manque certainement pas. On penserait qu’il a élu Tahoua, la petite ville au nord du Niger, pour lieu du repos du guerrier. Non, là encore !!! C’est de là que la marche continue. Dans le petit hôtel qu’il possède, il tient son cartier général en transformant quelques-unes de ses chambres en studios et ateliers destinés à la production, mais surtout à la formation.
Avec son fils, qui est fin prêt à prendre le flambeau, et les quelques employés de sa boite de production, il s’est mis aux nouvelles technologies. Il est conscient que cela ne peut que mieux servir un art comme celui de l’animation. C’est ainsi qu’il n’hésite pas lui-même, à l’âge de soixante sept ans, à apprendre les techniques de l’animation assistée par l’informatique.
Il n’avait pas accès à tout cela, déjà en 1962 lorsqu’il n’avait pas plus de vingt ans, quant il réalisait ses premiers courts métrages ; La Bague du roi Koda et Aouré. En cela, il devançait d’une longueur, son frère d’arme, l’aîné des anciens Ousmane Sembene, qui ne réalisera Borom Sarret, son premier court métrage, que l’année suivante en 1963. La volonté lui avait alors suffi. Mais depuis, il en a vécu et fait des choses. Il en a surtout appris et continue d’apprendre encore aujourd’hui humblement et avec cette même volonté.
A son tour maintenant, il vient à Hergla pour transmettre. En lui rendant hommage à travers cette sélection, et en l’invitant à ces cinquièmes Rencontres Cinématographiques de Hergla, nous espérons créer les conditions propices à cette transmission. Les cinéphiles pourront découvrir un brin de son œuvre à travers Le Retour d’un aventurier(1966), Bon voyage Sim (1966) et Kokoa (2001). Ils auront en outre l’opportunité de l’écouter directement lors de la leçon de cinéma dans laquelle il fera part de son expérience et de la vision qu’il se fait de l’Afrique et du cinéma.
Libellés :
Rencontres Cinématographiques de Hergla
Saturday, 27 June 2009
PANAF d’Alger : « Africa is Back »

L’année 2009 sera particulièrement animée en Afrique par deux grands événements culturels : Le Deuxième Festival Culturel Panafricain se tiendra du 5 au 20 juillet à Alger. Plus tard en décembre, se tiendra à Dakar le Deuxième Festival Mondial des Arts Nègres. Les premières éditions des deux festivals datent des années 60. Il s’agit peut-être d’un second éveil pour l’Afrique.
Le PANAF est d’abord un enjeu politique. En 1969 plusieurs pays africains n’étaient pas encore indépendants et avaient participé à la première édition avec leurs mouvements de libération : Afrique du Sud, Mozambique, Angola, Namibie, Guinée Bissau. A l’époque l’Algérie fière de sa fraiche indépendance, et cherchant un leadership continental organisait l’événement culturel le plus important en Afrique. Actuellement, presque tous les pays africains sont indépendants. L’Afrique cherche un deuxième souffle et l’Algérie sortant de deux décennies sanglantes veut retrouver sont rôle de leader.
Lors de la conférence des ministres africains de la culture à Nairobi en 2005 la délégation algérienne propose d’organiser le PANAF. Après un grand lobbying, en Janvier 2009 à Addis-Abeba, le projet est validé par les chefs des états africains et devient officiellement une affaire de l’UA que l’Algérie a pour mission d’exécuter (44 pays des 52 membres ont confirmé leur participation). Pour relever tous les défis Alger débloque un budget de 60 million d’euros.
Alors que l’opposition et les intégristes religieux contestent l’organisation du festival estimant que l’argent servirait mieux à construire des hôpitaux ou des écoles dont le pays a le plus besoin, d’autres voix s’élèvent, convaincues de sa dimension symbolique en tant que célébration des talents africains, et demandent de l’institutionnaliser en le rendant régulier. La première édition avait effectivement servi à faire connaitre plusieurs artistes africains comme Manu Dibango et Myriam Makéba. Lors de cette deuxième édition un hommage sera rendu aux Nobels africains de littérature : Naguib Mahfouz l’Égyptien, le Nigérian Wole Soyinka, les Sud-Africains Nadine Gordimer et John Maxwel Coetzee.
Le PANAF est d’abord un enjeu politique. En 1969 plusieurs pays africains n’étaient pas encore indépendants et avaient participé à la première édition avec leurs mouvements de libération : Afrique du Sud, Mozambique, Angola, Namibie, Guinée Bissau. A l’époque l’Algérie fière de sa fraiche indépendance, et cherchant un leadership continental organisait l’événement culturel le plus important en Afrique. Actuellement, presque tous les pays africains sont indépendants. L’Afrique cherche un deuxième souffle et l’Algérie sortant de deux décennies sanglantes veut retrouver sont rôle de leader.
Lors de la conférence des ministres africains de la culture à Nairobi en 2005 la délégation algérienne propose d’organiser le PANAF. Après un grand lobbying, en Janvier 2009 à Addis-Abeba, le projet est validé par les chefs des états africains et devient officiellement une affaire de l’UA que l’Algérie a pour mission d’exécuter (44 pays des 52 membres ont confirmé leur participation). Pour relever tous les défis Alger débloque un budget de 60 million d’euros.
Alors que l’opposition et les intégristes religieux contestent l’organisation du festival estimant que l’argent servirait mieux à construire des hôpitaux ou des écoles dont le pays a le plus besoin, d’autres voix s’élèvent, convaincues de sa dimension symbolique en tant que célébration des talents africains, et demandent de l’institutionnaliser en le rendant régulier. La première édition avait effectivement servi à faire connaitre plusieurs artistes africains comme Manu Dibango et Myriam Makéba. Lors de cette deuxième édition un hommage sera rendu aux Nobels africains de littérature : Naguib Mahfouz l’Égyptien, le Nigérian Wole Soyinka, les Sud-Africains Nadine Gordimer et John Maxwel Coetzee.
Sotigui Kouyaté, « On fait avec ce qu’on a »

Au 62ème Festival de Canne, l’acteur malien Sotigui Kouyaté a reçu l´insigne des arts et des lettres du ministère français des affaires étrangères. C’est la deuxième consécration en quelques mois. Février dernier il remportait l’ours d’argent du meilleur acteur au festival de Berlin.
Vivant à Paris, Kouyaté retourne souvent en Afrique pour monter des projets. Il n’hésite pas à mettre l’accent sur ce rapport au continent : « Depuis 2003 j’ai décidé de m’occuper de mon continent. J’ai mis en scène deux pièces Antigone puis Œdipe que j’ai représentées au Sénégal, Mali, Burkina Faso, Niger… Maintenant je monte Salina de Laurent Gaudé pour laquelle je prévois une tournée également en Afrique après le Festival Culturel Panafricain d’Alger (en juillet).
Salina est encore un texte français adapté au contexte africain. Il y va de la vision que Kouyaté a de l’échange culturel. « Quand des metteurs en scène montent des pièces avec des textes européens et des acteurs africains parlant en français, ce n’est pas un échange. Moi, je prends un texte français et je le mets dans une portée et un langage africains »
En l’absence d’un théâtre structuré, Kouyaté réinvente tout avec chaque nouvelle pièce ; de l’adaptation des textes à la formation des acteurs. Mais ceci n’est pas une fatalité qui empêcherait les artistes africains d’évoluer. Il reste optimiste puisque : « C’est certes énorme mais pas impossible. On dit que l’Afrique est pauvre. Ce n’est pas vrai. On nous veut pauvres. Que l’on soit professionnel ou amateur, c’est la volonté qui fait la différence. Quand le serpent vient vers toi, tu te défends avec le bâton que tu as dans la mains. Tu ne vas pas jeter cela pour aller chercher un bâton plus fort pour te défendre. On fait avec ce que l’on a.»
C’est ce qu’a fait Sotigui Kouyaté quand il était fonctionnaire de l’Etat pour enfin devenir une icône de l’Afrique. « … un amateur avisé, affirme-t-il, n’a rien à envier à un professionnel … J’avais deux compagnies théâtrales : un trio d’art dramatique financé par l’Ambassade de France et une autre que je finançais avec mon propre salaire ».
Aujourd’hui encore il continue de financer ses pièces de théâtre grâce au cinéma : « Je fais beaucoup de sacrifices parce j’ai envie que les choses se fassent ».
Vivant à Paris, Kouyaté retourne souvent en Afrique pour monter des projets. Il n’hésite pas à mettre l’accent sur ce rapport au continent : « Depuis 2003 j’ai décidé de m’occuper de mon continent. J’ai mis en scène deux pièces Antigone puis Œdipe que j’ai représentées au Sénégal, Mali, Burkina Faso, Niger… Maintenant je monte Salina de Laurent Gaudé pour laquelle je prévois une tournée également en Afrique après le Festival Culturel Panafricain d’Alger (en juillet).
Salina est encore un texte français adapté au contexte africain. Il y va de la vision que Kouyaté a de l’échange culturel. « Quand des metteurs en scène montent des pièces avec des textes européens et des acteurs africains parlant en français, ce n’est pas un échange. Moi, je prends un texte français et je le mets dans une portée et un langage africains »
En l’absence d’un théâtre structuré, Kouyaté réinvente tout avec chaque nouvelle pièce ; de l’adaptation des textes à la formation des acteurs. Mais ceci n’est pas une fatalité qui empêcherait les artistes africains d’évoluer. Il reste optimiste puisque : « C’est certes énorme mais pas impossible. On dit que l’Afrique est pauvre. Ce n’est pas vrai. On nous veut pauvres. Que l’on soit professionnel ou amateur, c’est la volonté qui fait la différence. Quand le serpent vient vers toi, tu te défends avec le bâton que tu as dans la mains. Tu ne vas pas jeter cela pour aller chercher un bâton plus fort pour te défendre. On fait avec ce que l’on a.»
C’est ce qu’a fait Sotigui Kouyaté quand il était fonctionnaire de l’Etat pour enfin devenir une icône de l’Afrique. « … un amateur avisé, affirme-t-il, n’a rien à envier à un professionnel … J’avais deux compagnies théâtrales : un trio d’art dramatique financé par l’Ambassade de France et une autre que je finançais avec mon propre salaire ».
Aujourd’hui encore il continue de financer ses pièces de théâtre grâce au cinéma : « Je fais beaucoup de sacrifices parce j’ai envie que les choses se fassent ».
Libellés :
www.krachtvancultuur.nl
Des cinémas pour l’Afrique
Abderrahmane Cissako, riche de son expérience dans la production qu’il pratiqueà la manière de la tortue transportant sa propre demeure, tout comme beaucoup de ses colègues cinéastes africains condamnés au nomadisme culturelle, se lance avec le même esprit, dans ce rêve de maitenir quelques salles de cinéma. Il réussira peut-être à faire vivre le Soudan à Bamako, mais ce ne sera pas plus qu’une goute d’eau dans le sable du sahara africain.
Plusieurs personnes se sont manifestées pour soutenir cette initiative dont le but est la restauration des salles africaine de cinéma en en vendant, symboliquement, les sièges à 5000 Euros l’unité. Gilles Jacob et Juliette Binoche ont été parmi les premiers à présenter leurs chèques en public lors d’un point de presse au dernier Festival de Cannes.
Plusieurs personnes se sont manifestées pour soutenir cette initiative dont le but est la restauration des salles africaine de cinéma en en vendant, symboliquement, les sièges à 5000 Euros l’unité. Gilles Jacob et Juliette Binoche ont été parmi les premiers à présenter leurs chèques en public lors d’un point de presse au dernier Festival de Cannes.
quelques questions méritent pourtant d’être soulevées : le pari de vendre l’ensemble des sièges de cette salle sera-t-il toujours tenu ? Et même si c’est le cas, sera-t-il toujours aussi possible de répéter l’opération dans d’autres pays ? Au-delà fu côté sensationnel, le rpojet pourrait-il jamais se substituer à un programme réel et efficace de développement pour la culture en Afrique ? Ou bien celle-ci passera toujours parmi les dernières des priorités.
Dans l’absence d’une volonté politique réelle, de la pat des gouvernements africains et de leurs partenaires mondiaux, d’inscrire la culture et le cinéma comme priorité dans l’agenda du développement qu’ils concoivent pour le continent, on ontinuera toujours à collecter les aides pour financer la construction.
Libellés :
www.powerofculture.nl
Thursday, 2 April 2009
Marwan Kanzari Roméo Tunisien aux Pays-Bas
Marwan Kanzari dans le rôle du Roméo nordique sur les planches du National Toneel La Haye avec Sophie van Hinden dans le rôle de Juliette. le 06 mars dernier.
Libellés :
Roméo et Juliettte en version néerlandaise
Sunday, 1 February 2009
Consécration de jeunes talents à Rotterdam
Le rideau est tombé, vendredi dernier, sur la 38ème édition du Festival International du Film de Rotterdam sur un palmarès sans grandes surprises. Les trois films primés ont été attendus de l’avis de la majorité des festivaliers. Mais s’il fallait retenir une idée de ce palmarès c’est le succès évident et grandissant du jeune cinéma turc. Outre la rétrospective qui lui a été consacrée, l’un des trois lauréats vient justement de Turquie.
La décision du jury est allée dans la sens du fond Hubert Bals qui fait partie du festival. Les trois films primés ont en effet reçu l’aide à la production de ce fond. Mais les explications du jury restent sans conteste. Le jury a retenu l'enthousiasme du film iranien Soit calme et compte jusqu’à Sept (de Ramtin Lavafipour). «Pour nous, a déclaré la présidente du jury, ce film fait ce que tous les films s'efforcent de faire: représenter un mode de vie dans des termes qui à la fois spécifiques et universels, sans tomber dans les clichés".
Le film sud-coréen À bout de souffle de Yang Ik-Juin, quant à lui, a été décrit par le jury comme "une force rendu dans un film combinée avec un sens aigu de la réalité dans sa représentation d'une situation qui a été rarement vu au cinéma. Nous avons également, a ajouté la présidente du jury, été surpris de voir un sujet extrêmement préoccupant traitée avec une bonne sensation d'humour. "
Enfin, Le Mauvais Rosaire du Turc Fazil Mahmut Coskun a été qualifié d’«un unique film de création et de la plus éloquente simplicité, un film construit à partir d'un sentiment d'immédiateté, moment par moment, respiration par respiration, un film qui s'inspire, absolument unique en son genre de ce point de vue, du suspense, un film qui reste fidèle à lui-même du début à la fin. " A dû proclamer Yesim Ustaoglu non pas sans émotion au sujet du film de son aompatriote.
Avant d’annoncer le palmarès les recommandations du jury ont mis en valeur la qualité de la compétition. Yesim Ustaoglu, présidente du jury, a lu les éloges qu’elle partage avec les quatre autres membres du jury (Marlene Dumas, Park Ki-Yong, Kornél Mundruczó et Kent Jones) : "Nous avons été extrêmement impressionnés par la vigueur artistique … a-t-elle dit entre autre. Rappelons que les prix sont à valeur égale. Chaque VPRO Tiger Award est doté de la somme modique de quelque15.000 € et la garantie de diffusion par le réseau de télévision publique néerlandaise VPRO.
L’édition 2009 du Festival International du Film de Rotterdam, avec son nouvel habillage aura confirmer une tradition de promotion de nouveau talent. Les trois lauréats repartent avec une triple consécration : une garantie de distribution, une récompense matérielle mais surtout une reconnaissance mérité qui leur donnera certainement des ailes pour s’envoler. L’édition 2010 est déjà annoncé pour le 27 janvier de l’année prochaine. Espérons qu’elles nous portera un cri aussi passionnant que celui de cette année.
La décision du jury est allée dans la sens du fond Hubert Bals qui fait partie du festival. Les trois films primés ont en effet reçu l’aide à la production de ce fond. Mais les explications du jury restent sans conteste. Le jury a retenu l'enthousiasme du film iranien Soit calme et compte jusqu’à Sept (de Ramtin Lavafipour). «Pour nous, a déclaré la présidente du jury, ce film fait ce que tous les films s'efforcent de faire: représenter un mode de vie dans des termes qui à la fois spécifiques et universels, sans tomber dans les clichés".
Le film sud-coréen À bout de souffle de Yang Ik-Juin, quant à lui, a été décrit par le jury comme "une force rendu dans un film combinée avec un sens aigu de la réalité dans sa représentation d'une situation qui a été rarement vu au cinéma. Nous avons également, a ajouté la présidente du jury, été surpris de voir un sujet extrêmement préoccupant traitée avec une bonne sensation d'humour. "
Enfin, Le Mauvais Rosaire du Turc Fazil Mahmut Coskun a été qualifié d’«un unique film de création et de la plus éloquente simplicité, un film construit à partir d'un sentiment d'immédiateté, moment par moment, respiration par respiration, un film qui s'inspire, absolument unique en son genre de ce point de vue, du suspense, un film qui reste fidèle à lui-même du début à la fin. " A dû proclamer Yesim Ustaoglu non pas sans émotion au sujet du film de son aompatriote.
Avant d’annoncer le palmarès les recommandations du jury ont mis en valeur la qualité de la compétition. Yesim Ustaoglu, présidente du jury, a lu les éloges qu’elle partage avec les quatre autres membres du jury (Marlene Dumas, Park Ki-Yong, Kornél Mundruczó et Kent Jones) : "Nous avons été extrêmement impressionnés par la vigueur artistique … a-t-elle dit entre autre. Rappelons que les prix sont à valeur égale. Chaque VPRO Tiger Award est doté de la somme modique de quelque15.000 € et la garantie de diffusion par le réseau de télévision publique néerlandaise VPRO.
L’édition 2009 du Festival International du Film de Rotterdam, avec son nouvel habillage aura confirmer une tradition de promotion de nouveau talent. Les trois lauréats repartent avec une triple consécration : une garantie de distribution, une récompense matérielle mais surtout une reconnaissance mérité qui leur donnera certainement des ailes pour s’envoler. L’édition 2010 est déjà annoncé pour le 27 janvier de l’année prochaine. Espérons qu’elles nous portera un cri aussi passionnant que celui de cette année.
Wednesday, 21 January 2009
38ème Festival International de Rotterdam (Pays-Bas)

Le rideau est levé sur le 38ème festival international de Rotterdam qui a démarré dans l’esprit d’un nouveau souffle que cet événement tend à s’assurer pour les prochaines années. C’est avec un film qui incarne la spécificité du cinéma dont ce festival se veut la plate forme que le rideau est levé mercredi dernier, le 21 janvier 2009. Le film d’ouverture Hungry Ghosts (les fantômes assoiffés. Ndlr) de l’Américain Michael Imperioli a annoncé en effet la couleur de l’édition 2009 du festival.
Le festival de Rotterdam est connu pour l’intérêt qu’il porte au jeune cinéma et au cinéma de renouvellement. L’essentiel de son programme est constitué de premières ou secondes œuvres. En dehors des sections officielles traditionnelles, la porte de Rotterdam est ouverte aux expériences les plus novatrices dans le monde de l’image. Une grande plage de la programmation et une grande partie de l’espace des projections est dédiée aux films expérimentaux et aux installations vidéo. Mais outre l’esprit de l’organisation c’est le sens même de la sélection qui témoigne de cette recherche têtue du renouveau. Pour un film américain en ouverture on se serait attendu à une grande production avec des stars en tête d’affiche. Il n’en est rien. Car, le film choisi pour l’ouverture est de ceux qui cultivent un cinéma différent, un cinéma d’avant-garde.
De tout point de vue, Hungry Ghosts donne le La de cette 38ème édition du festival de Rotterdam. Non pas seulement pas parce que c’est une première œuvre d’un jeune réalisateur, mais pour le souffle d’insolite et d’originalité qui le traverse de bout en bout. Michael Imperioli est connu pour son rôle notamment dans The soprano, de David Chase. Largement reconnu en tant qu’acteur dirigé par des réalisateurs comme Spike Lee ou Scorcèse, il se lance dans la réalisation avec ce film déconcertant qui lui vaut une place de choix dans la course à l’un des trois trophées du festival néerlandais.
Qu’un cinéaste occidental s’intéresse à la culture spirituel asiatique, cela n’est pas vraiment nouveau, ni inédit comme approche de la vie moderne. Mais là où Imperioli a sa propre touche c’est de ne rien laisser paraitre dans le film qu’il trouve son inspiration dans cette culture. La présence d’ingrédients comme un club de yoga est traité plutôt comme un cliché. Il faut aller plus loin pour faire le fil spirituel qui constitue le fond même de la construction du film. Le dispositif scénaristique de plusieurs histoires qui convergent vers un point nodal où elles trouvent toutes leurs sens mais en même temps leur point de fuite permet une construction des plus subtile. A l’éclatement apparent s’oppose une forte unité profonde qui construite autour d’un mal d’être qui rongent tous les personnages à l’image de la société américaine malade d’esprit.
La rencontre finale en termes de construction narrative et l’unité de temps de 36 heures en tout, viennent donner forme à l’union de ces êtres atteints de mal inexplicable. Tout semble perdre sa dimension concrète. L’espace ne reconnait en rien les lois de la vraisemblance. Seules persistent les moments de déchirement et de douleurs qui renvoient les personnages les uns aux autres les poussant vers point central qui n’est pas nécessairement spatial. C’est où l’exercice de mise en scène auquel se livre Michael Imperioli trouve son sens, son intérêt et sa pertinence. Et là où se trouve le mérite de sa programmation pour ouvrir le bal des expériences prometteuses dont ce festival ne cesse de nourrir la cinéphilie et d’encourager les plus audacieuses. Dans dix jours, nous saurons lesquels sont les heureuses élues par le jury.
Le festival de Rotterdam est connu pour l’intérêt qu’il porte au jeune cinéma et au cinéma de renouvellement. L’essentiel de son programme est constitué de premières ou secondes œuvres. En dehors des sections officielles traditionnelles, la porte de Rotterdam est ouverte aux expériences les plus novatrices dans le monde de l’image. Une grande plage de la programmation et une grande partie de l’espace des projections est dédiée aux films expérimentaux et aux installations vidéo. Mais outre l’esprit de l’organisation c’est le sens même de la sélection qui témoigne de cette recherche têtue du renouveau. Pour un film américain en ouverture on se serait attendu à une grande production avec des stars en tête d’affiche. Il n’en est rien. Car, le film choisi pour l’ouverture est de ceux qui cultivent un cinéma différent, un cinéma d’avant-garde.
De tout point de vue, Hungry Ghosts donne le La de cette 38ème édition du festival de Rotterdam. Non pas seulement pas parce que c’est une première œuvre d’un jeune réalisateur, mais pour le souffle d’insolite et d’originalité qui le traverse de bout en bout. Michael Imperioli est connu pour son rôle notamment dans The soprano, de David Chase. Largement reconnu en tant qu’acteur dirigé par des réalisateurs comme Spike Lee ou Scorcèse, il se lance dans la réalisation avec ce film déconcertant qui lui vaut une place de choix dans la course à l’un des trois trophées du festival néerlandais.
Qu’un cinéaste occidental s’intéresse à la culture spirituel asiatique, cela n’est pas vraiment nouveau, ni inédit comme approche de la vie moderne. Mais là où Imperioli a sa propre touche c’est de ne rien laisser paraitre dans le film qu’il trouve son inspiration dans cette culture. La présence d’ingrédients comme un club de yoga est traité plutôt comme un cliché. Il faut aller plus loin pour faire le fil spirituel qui constitue le fond même de la construction du film. Le dispositif scénaristique de plusieurs histoires qui convergent vers un point nodal où elles trouvent toutes leurs sens mais en même temps leur point de fuite permet une construction des plus subtile. A l’éclatement apparent s’oppose une forte unité profonde qui construite autour d’un mal d’être qui rongent tous les personnages à l’image de la société américaine malade d’esprit.
La rencontre finale en termes de construction narrative et l’unité de temps de 36 heures en tout, viennent donner forme à l’union de ces êtres atteints de mal inexplicable. Tout semble perdre sa dimension concrète. L’espace ne reconnait en rien les lois de la vraisemblance. Seules persistent les moments de déchirement et de douleurs qui renvoient les personnages les uns aux autres les poussant vers point central qui n’est pas nécessairement spatial. C’est où l’exercice de mise en scène auquel se livre Michael Imperioli trouve son sens, son intérêt et sa pertinence. Et là où se trouve le mérite de sa programmation pour ouvrir le bal des expériences prometteuses dont ce festival ne cesse de nourrir la cinéphilie et d’encourager les plus audacieuses. Dans dix jours, nous saurons lesquels sont les heureuses élues par le jury.
Tuesday, 6 January 2009
Souleymane Cissé, le retour d’un vétéran

L´édition 2008 des Rencontres Cinématographiques de Bamako aura apporté une bonne nouvelle. C´est avec cette session que Souleymane Cissé signe son retour avec son nouveau film, Minyé ( en bambara, ce qu´on est..). Après Molaadé de feu Ousmane Sembène qui traitait de l’excision, le cinéaste bamakoi revient sur un autre complexe des société africaine, la polygamie.
Comme plusieurs cinéastes africains, Cissé est connu par son engagment pour le cinéma. C’est à ce titre qu’i ls’est associé à Martin Scorses pour la créer la fondation World Cinemaqui vient de restaurer le chef d’œuvre de Djibril Diop Mambetty Touki Bouki. Il est aussi un fervent engagé pour l’Afrique et considère le cinéma comme un agent de développement et de construction des nations africaines.
le réalisateur Malien passe pour le cinéaste de la dignité africaine. On citera toujours volontiers l'épisode de la Côte-d'Ivoire dans Waati. Le film est mis sous le signe de l'acquisition du savoir. D’un côté, il est occidental, moderne matérialisée par : l'université, le cours, le professeur, la soutenance de la thèse... D’un autre côté, il relève de l'enseignement traditionnel représenté par le maître de la cérémonie « Rasta ». Ces deux sources du savoir sont traitées de la même manière, c'est-à-dire avec une certaine distance ironique. Cissé met l'accent sur la prétention des détenteurs de savoir : le professeur pour le côté moderne ; le maître de la cérémonie pour le côté traditionnel. Il s'agit pour Nandi de trouver sa propre voie en investissant le cadre moderne par la mise en valeur d'un élément culturel traditionnel.
Il en va de même pour un autre grand cinéaste africain, Oumane Sembène. Dans son dernier film réalisé avant de s’éteindre il y a bientôt deux ans et après avoir donné une leçon magistrale de cinéma du haut de la tribune du festival de Cannes, il représente une Afrique qui détient l’antidote des poisons qui la rongent. Mooladé était fondé sur la pratique absurde de l’excision que « l’ainé des anciens », comme les compagnons de route aimaient l’appeler, a érigé en un mal que l’Afrique est capable de vaincre par sa propre force, celui de son autre tradition du mooladé, sans recourir donc à aucune aide externe.
Dans la jeune génération, il y a aussi des cinéastes qui croient en cette force que l’Afrique a. Quelques uns se plaisent à faire de leur africanité un folklore qui caresse le regard des européens même quand il prétendent secouer le fardeau des tabous. Tels sont des films comme ceux qui posent non pas le problème de la femme mais la femme comme problème dans les sociétés africaines. On citera volontiers des cinéastes comme Farida Benlyazide (Maroc) Moufida Tlatli et Nadia Féni (Tunisie), Djamila Sahraoui et Yamina Chouikh (Algérie). Le hommes eux se spécialiseront dans les messages politiques : La Chambre noire de Hassen Benjelloun, Les Sabots en or de Nouri bouzid etc. Dans la majorité des films africains, ou sur l’Afrique, la société et l’homme africain sont à plaindre.
D’autres ont tendance à peindre une Afrique forte de ses blessures mêmes. Mahamet Saleh Haroun à titre d’exemple dans Daratt, la saison sèche, donne à voir une société tchadienne qui panse ses plaies de la guerre dans la dignité et le regard vers le futur. Yousri Nasrallah fait éclater les tabous dans ses films. Chez le cinéaste égyptien, ceux-ci ne sont importants que dans la mesure où ils lui permettent de construire des formes cinématographiques.
Plus explicite et plus agressif est encore Bamako du Malo-Mauritanien Abderrahman Cissako. Le film est un procès érigé dans la court de la maison paternelle du cinéaste pour juger les responsables des maux de l’Afrique. Les africains eux-mêmes n’échappent pas aux doigts accusateurs des représentants de la société civile et des juristes internationaux. Bamako est un pamphlet contre les instances hypocrites qui font semblant d’aider le continent noire à se développer alors qu’elles ne fond que l’immerger encore et encore dans les dettes arrangeant de la sorte leurs propre affaires et ceux de leurs complices locaux.
Pour ceux qui comprennent l’Afrique, elle se fait mal elle-même et donc elle est capable de s’en sortir seule et par ses propres forces. Mais le mal le plus grave dont elle souffre et contre lesquels elle mènera une guerre sans merci c’est sa méconnaissance. Celle-ci est répandue par la télévision abrutissante et par les diseurs des vraies-fausses vérités, ceux qui font de sa souffrance un fond de commerce ou un objet de voyeurisme. Le cinéma de Cissé s’inscrit contre ce regard et c’est dans ce sens qu’il mène sa batille.
Comme plusieurs cinéastes africains, Cissé est connu par son engagment pour le cinéma. C’est à ce titre qu’i ls’est associé à Martin Scorses pour la créer la fondation World Cinemaqui vient de restaurer le chef d’œuvre de Djibril Diop Mambetty Touki Bouki. Il est aussi un fervent engagé pour l’Afrique et considère le cinéma comme un agent de développement et de construction des nations africaines.
le réalisateur Malien passe pour le cinéaste de la dignité africaine. On citera toujours volontiers l'épisode de la Côte-d'Ivoire dans Waati. Le film est mis sous le signe de l'acquisition du savoir. D’un côté, il est occidental, moderne matérialisée par : l'université, le cours, le professeur, la soutenance de la thèse... D’un autre côté, il relève de l'enseignement traditionnel représenté par le maître de la cérémonie « Rasta ». Ces deux sources du savoir sont traitées de la même manière, c'est-à-dire avec une certaine distance ironique. Cissé met l'accent sur la prétention des détenteurs de savoir : le professeur pour le côté moderne ; le maître de la cérémonie pour le côté traditionnel. Il s'agit pour Nandi de trouver sa propre voie en investissant le cadre moderne par la mise en valeur d'un élément culturel traditionnel.
Il en va de même pour un autre grand cinéaste africain, Oumane Sembène. Dans son dernier film réalisé avant de s’éteindre il y a bientôt deux ans et après avoir donné une leçon magistrale de cinéma du haut de la tribune du festival de Cannes, il représente une Afrique qui détient l’antidote des poisons qui la rongent. Mooladé était fondé sur la pratique absurde de l’excision que « l’ainé des anciens », comme les compagnons de route aimaient l’appeler, a érigé en un mal que l’Afrique est capable de vaincre par sa propre force, celui de son autre tradition du mooladé, sans recourir donc à aucune aide externe.
Dans la jeune génération, il y a aussi des cinéastes qui croient en cette force que l’Afrique a. Quelques uns se plaisent à faire de leur africanité un folklore qui caresse le regard des européens même quand il prétendent secouer le fardeau des tabous. Tels sont des films comme ceux qui posent non pas le problème de la femme mais la femme comme problème dans les sociétés africaines. On citera volontiers des cinéastes comme Farida Benlyazide (Maroc) Moufida Tlatli et Nadia Féni (Tunisie), Djamila Sahraoui et Yamina Chouikh (Algérie). Le hommes eux se spécialiseront dans les messages politiques : La Chambre noire de Hassen Benjelloun, Les Sabots en or de Nouri bouzid etc. Dans la majorité des films africains, ou sur l’Afrique, la société et l’homme africain sont à plaindre.
D’autres ont tendance à peindre une Afrique forte de ses blessures mêmes. Mahamet Saleh Haroun à titre d’exemple dans Daratt, la saison sèche, donne à voir une société tchadienne qui panse ses plaies de la guerre dans la dignité et le regard vers le futur. Yousri Nasrallah fait éclater les tabous dans ses films. Chez le cinéaste égyptien, ceux-ci ne sont importants que dans la mesure où ils lui permettent de construire des formes cinématographiques.
Plus explicite et plus agressif est encore Bamako du Malo-Mauritanien Abderrahman Cissako. Le film est un procès érigé dans la court de la maison paternelle du cinéaste pour juger les responsables des maux de l’Afrique. Les africains eux-mêmes n’échappent pas aux doigts accusateurs des représentants de la société civile et des juristes internationaux. Bamako est un pamphlet contre les instances hypocrites qui font semblant d’aider le continent noire à se développer alors qu’elles ne fond que l’immerger encore et encore dans les dettes arrangeant de la sorte leurs propre affaires et ceux de leurs complices locaux.
Pour ceux qui comprennent l’Afrique, elle se fait mal elle-même et donc elle est capable de s’en sortir seule et par ses propres forces. Mais le mal le plus grave dont elle souffre et contre lesquels elle mènera une guerre sans merci c’est sa méconnaissance. Celle-ci est répandue par la télévision abrutissante et par les diseurs des vraies-fausses vérités, ceux qui font de sa souffrance un fond de commerce ou un objet de voyeurisme. Le cinéma de Cissé s’inscrit contre ce regard et c’est dans ce sens qu’il mène sa batille.
Saturday, 3 January 2009
Quoi de neuf Rotterdam ?

Le coup d’envoi du festival International du Film de Rotterdam aura lieu le 21 janvier prochain. Ce festival qui a la réputation de soutenir les jeunes réalisateurs venant des quatre coins du monde semble se renouveler chaque année. Rutger Wolvson, est maintenu officiellement à la tête de l’organisation après une session essai l’année dernière. Et la version 2009 du festival semble prendre de nouvelle couleurs. Quelques changements au niveau de la structure de la programmation lui donnent une nouvelle orientation vers le cinéma expérimental et vers plus soutien à l’exploitation du film d’auteur.
Le festival de Rotterdam se dote en effet d´une nouvelle structure de programmation. Désormais les films seront distribués d´une manière simple sur trois sections. La compétition officielle destinée aux premières et secondes œuvres. Elle est baptisée « Bright future ». Spectrum est le titre de la deuxième section qui est réservée aux cinéaste plus reconnus et qui aux yeux des organisateurs présentent un apport certain au monde de l’image dans le monde entier. Quant à la troisième, elle accueillera les œuvres expérimentales et installations vidéo d’où son appellation métaphorique « Signals ». en simplifiant la structure de la programmation les organisateurs entendent répondre à un changement réel dans le monde du cinéma et des arts de l’image. C’est selon Rutger Wolvson, une façon pour le festival de regarder vers le future du film comme culture.
La nouvelle tendance aussi dans l’esprit du festival se situe aussi au niveau du sens que la compétition va prendre dès cette année. La compétition a été jusqu’ici un complément de soutien au jeunes réalisateurs pour la production de leur premier film en combinaison avec le Cinemart et le Hubert Bals Fund. La nouvelle idée est de se servir du prestige de la compétition pour faciliter la circulation des films sélectionnés et / ou primés à Rotterdam dans les festivals afin de promouvoir leur distribution. Cette orientation vient répondre à la conscience que le monde du film d’auteur est en train d’être confronté à des difficultés énormes au niveau de la distribution et de l’exploitation.
La section traditionnelle des hommages fera honneur à trois cinéastes : le Polonais Jerzy Skolimowsky, l’Italien Paolo Benvenuto et le Suisse Peter Liechti. Les trois messieurs feront le déplacement à Rotterdam pour accompagner leurs films. Mais la touche 2009 est réservé aux tous premiers grand pas de cinéastes célèbres. « First things first » est ce que nous pourrions traduire par « d’abord les toutes premières choses ». Dans cette section seront projetés les films de réalisateurs qui depuis ont eu une reconnaissance internationale. On retrouvera entre autres Manoel di Olivera avec Duro Faina Fluvial de 1931, Jean-Marie Straub avec Machorka Muff de 1963…
La manière est peut-être différente des éditions précédentes, mais le but reste le même : être à l’écoute des grands changements que connait le monde de l’image et du cinéma. Le festival continue de porter un intérêt primordial à la cinéphilie dans son sens le plus classique. Mais il se veut aussi l’écho de tout ce qui peut agir sur la sensibilité à l’image et à sa consommation. De ce point de vue Le festival de Rotterdam restera fidèle à l’esprit qui a fait sa réputation : Etre toujours le premier à se demander « Quoi de neuf … ? »
Le festival de Rotterdam se dote en effet d´une nouvelle structure de programmation. Désormais les films seront distribués d´une manière simple sur trois sections. La compétition officielle destinée aux premières et secondes œuvres. Elle est baptisée « Bright future ». Spectrum est le titre de la deuxième section qui est réservée aux cinéaste plus reconnus et qui aux yeux des organisateurs présentent un apport certain au monde de l’image dans le monde entier. Quant à la troisième, elle accueillera les œuvres expérimentales et installations vidéo d’où son appellation métaphorique « Signals ». en simplifiant la structure de la programmation les organisateurs entendent répondre à un changement réel dans le monde du cinéma et des arts de l’image. C’est selon Rutger Wolvson, une façon pour le festival de regarder vers le future du film comme culture.
La nouvelle tendance aussi dans l’esprit du festival se situe aussi au niveau du sens que la compétition va prendre dès cette année. La compétition a été jusqu’ici un complément de soutien au jeunes réalisateurs pour la production de leur premier film en combinaison avec le Cinemart et le Hubert Bals Fund. La nouvelle idée est de se servir du prestige de la compétition pour faciliter la circulation des films sélectionnés et / ou primés à Rotterdam dans les festivals afin de promouvoir leur distribution. Cette orientation vient répondre à la conscience que le monde du film d’auteur est en train d’être confronté à des difficultés énormes au niveau de la distribution et de l’exploitation.
La section traditionnelle des hommages fera honneur à trois cinéastes : le Polonais Jerzy Skolimowsky, l’Italien Paolo Benvenuto et le Suisse Peter Liechti. Les trois messieurs feront le déplacement à Rotterdam pour accompagner leurs films. Mais la touche 2009 est réservé aux tous premiers grand pas de cinéastes célèbres. « First things first » est ce que nous pourrions traduire par « d’abord les toutes premières choses ». Dans cette section seront projetés les films de réalisateurs qui depuis ont eu une reconnaissance internationale. On retrouvera entre autres Manoel di Olivera avec Duro Faina Fluvial de 1931, Jean-Marie Straub avec Machorka Muff de 1963…
La manière est peut-être différente des éditions précédentes, mais le but reste le même : être à l’écoute des grands changements que connait le monde de l’image et du cinéma. Le festival continue de porter un intérêt primordial à la cinéphilie dans son sens le plus classique. Mais il se veut aussi l’écho de tout ce qui peut agir sur la sensibilité à l’image et à sa consommation. De ce point de vue Le festival de Rotterdam restera fidèle à l’esprit qui a fait sa réputation : Etre toujours le premier à se demander « Quoi de neuf … ? »
Friday, 19 December 2008
Gibraltar est insurmontable

On se souvient beaucoup de l´éloge que François Truffaut faisait de la vidéo. Le cinéaste français reconnaissait le rôle de ce media dans la constitution de la cinéphilie. Le DVD, de nos jours a la même importance voire plus. C’est un outil de résistance en un sens. Beaucoup de films n’auraient jamais pu être vus n’eut été l’édition numérique.
C’est l’idée que nous avons en découvrant ce DVD du film belgo-marocain, Au-delà de Gibraltar coréalisé par Taylan Barman et Mourad Boucif. Le film est sorti en 2001, il n’a pas été assez vu au Maghreb et pas du tout sous nos cieux. C’est à l’occasion de cette édition DVD quelques années plus tard que nous le découvrons.
L’histoire d’amour entre Karim et Sophie est le centre de la réflexion sur les complexe qui brime les désirs qui naissent dans l’opposition historique des identités. L’ouverture d’esprit de tout chacun n’est jamais suffisante pour construire un monde nouveau. C’est l’aveu d’échec que semble admettre Karim en renonçant d’abord à ses efforts d’œuvrer pour l’intégration des jeunes de son cartier, en renonçant aussi à ceux de sa propre intégration. En renonçant enfin à son amour pour la femme qui le rond heureux.
Nouvellement diplômé en comptabilité, il ne parvient pas à trouver un emploi. La rencontre de Sophie est providentielle pour lui. Elle le ramène vers lui-même en l’invitant à voir un documentaire sur l’émigration. Elle le prend en charge affectivement et lui donne espoir. Grace à elle il se met à accepter de petits boulots renonçant à toutes formes de complexes. Mais s’envole en éclats après la mort accidentelle de son frère et son retour au pays, le Maroc. Le film fini sur un cri de révolte des jeunes de la banlieue de Bruxelles mais aussi d’un sentiment de fatalité qui avorte toute possibilité de partage, d’assimilation des différences.
Comme beaucoup de films dits de l’émigration, ce long métrage traite aussi de l’intégration. La complicité des deux réalisateurs d’origines différentes se retrouve dans la thématique du film lui-même et le choix de tourner avec des acteurs tous non professionnels. Il s’agit d’une tentative de comprendre ce qui pourrait mettre les émigrés et les Bruxellois toutes générations confondues ensemble. Il s’agit aussi d’entrevoir ce qui pourrait être érigé comme mur insurmontable, définissant les frontières fatales entre deux mondes, deux cultures. Malgré la complicité, le film se veut donc, un aveux et un constat d’échec.
C’est l’idée que nous avons en découvrant ce DVD du film belgo-marocain, Au-delà de Gibraltar coréalisé par Taylan Barman et Mourad Boucif. Le film est sorti en 2001, il n’a pas été assez vu au Maghreb et pas du tout sous nos cieux. C’est à l’occasion de cette édition DVD quelques années plus tard que nous le découvrons.
L’histoire d’amour entre Karim et Sophie est le centre de la réflexion sur les complexe qui brime les désirs qui naissent dans l’opposition historique des identités. L’ouverture d’esprit de tout chacun n’est jamais suffisante pour construire un monde nouveau. C’est l’aveu d’échec que semble admettre Karim en renonçant d’abord à ses efforts d’œuvrer pour l’intégration des jeunes de son cartier, en renonçant aussi à ceux de sa propre intégration. En renonçant enfin à son amour pour la femme qui le rond heureux.
Nouvellement diplômé en comptabilité, il ne parvient pas à trouver un emploi. La rencontre de Sophie est providentielle pour lui. Elle le ramène vers lui-même en l’invitant à voir un documentaire sur l’émigration. Elle le prend en charge affectivement et lui donne espoir. Grace à elle il se met à accepter de petits boulots renonçant à toutes formes de complexes. Mais s’envole en éclats après la mort accidentelle de son frère et son retour au pays, le Maroc. Le film fini sur un cri de révolte des jeunes de la banlieue de Bruxelles mais aussi d’un sentiment de fatalité qui avorte toute possibilité de partage, d’assimilation des différences.
Comme beaucoup de films dits de l’émigration, ce long métrage traite aussi de l’intégration. La complicité des deux réalisateurs d’origines différentes se retrouve dans la thématique du film lui-même et le choix de tourner avec des acteurs tous non professionnels. Il s’agit d’une tentative de comprendre ce qui pourrait mettre les émigrés et les Bruxellois toutes générations confondues ensemble. Il s’agit aussi d’entrevoir ce qui pourrait être érigé comme mur insurmontable, définissant les frontières fatales entre deux mondes, deux cultures. Malgré la complicité, le film se veut donc, un aveux et un constat d’échec.
Afrique, la géographie de la douleur.
Les derniers documentaires que j’ai vus récemment m’ont amené à une idée qui s’impose de plus en plus : Une certaine image de l’Afrique s’est constituée à partir de ses blessures. Celle-ci a été montée de toutes pièces par les médias mais aussi par le cinéma. L’Afrique aurait une géographie de la douleur et toute tentative de la représenter passerait inéluctablement, ou presque, par le pathétique.
L’un des derniers documentaires, Episode three, enjoy poverty, tourné au Congo par Renzo Martins évoque ce rapport complexe entre les maux de l’Afrique et son image. Le vidéaste hollandais démontre d’une manière crue, et cruelle en même temps, jusqu’à quel point l’articulation de la représentation sur la réalité est absurde.
Dès qu’il s’agit de filmer la douleur, il y fatalement une question de morale qui se pose. Face à cela les cinéastes sont naturellement divisés en fonction de la distance que chacun prends à l’égard de son objet. Il y a ceux comme Le cauchemar de Darwin de Hubert Sauper qui, par son analyse clinique, est comme un cri de révolte contre l’injustice. L’enquête que le documentariste allemand fait sur le marché du poisson dans la région des grands lacs est d’une froideur qui éveille la conscience par le choque des images crues.
Il y a ceux aussi pour qui la réalité africaine est un sujet à sensation. Filmer la faim ou la guerre reviens à une simple image à exhiber. Darfur, une guerre pour l’eau des Slovènes Tomo Kriznar et Maya Weiss n’a presque rien de cinématographique. Mais le fait que ces européens se trouvent au cœur de l’action est un sujet à sensation. Il en a été de même avec les journalistes de CNN embarqués sur les véhicules militaires à côté des soldats américains lors de l’invasion de l’Iraq.
Jusqu’où ira-t-on dans la représentation du mal si on n’est pas conscient de la bonne distance à observer. Or peu de cinéastes ont eu cette conscience. Il faudra se rappeler les excellents documentaires sur la guerre au Tchad de Raymond Depardon. Le même cinéaste réalisera un film manifeste sur la bonne distance nécessaire quand il s’agit de filmer l’Afrique. L’Afrique comment ça va avec la douleur est une autobiographie de cinéaste dans laquelle Depardon revient des années après son passage par le continent noir depuis l’Afrique du Sud jusqu’aux côtes méditerranéennes.
Abbas Kiarostami se rendra compte de cette distance salutaire lors du tournage de ABC Africa. Le cinéaste iranien parti faire son repérage pour un film à tourner ultérieurement est envahi par des images tellement fortes qu’il décide de s’en tenir à elles pour les laisser parler en lui. Dans ses deux derniers exemples c’est l’Afrique qui prend la parole à travers leur travail. Ce ne sont pas eux qui parle de l’Afrique, ou pire, qui la prennent pour prétexte pour parler d’eux-mêmes.
L’exemple le plus éloquent de ce point de vue c’est 7915 km de Nikolaus Ceyrhalter. Le film consiste en une série de plans fixes où la parole est donnée à un personnage, lequel devient le porte parole du continent. Il est bien question de ce qui fait mal à l’Afrique mais c’est dit avec dignité. Certes, les problèmes de pauvreté, d’émigration, d’injustice sont évoqués, mais ils le sont aux côtés des efforts faits pour avoir une vie meilleure tout en croyant au potentiel local.
Le documentaire a souvent, très souvent, comme point de départ une idée / image forte. Malheureusement l’image de la souffrance est celle qui est la plus part du temps la plus attrayante pour les chasseur d’images. Mais la chasse a ses règles, et la règles la plus importante est celle de la distance. Celle-ci peut avantager le chasseur contre sa proie, comme elle peut le mettre en danger. Le documentariste qui ne respecte pas la bonne distance dans la représentation de l’Afrique se fait brûler. Il ne peut que reproduire des idées reçues, des images, et même fausses images, que le spectateur a déjà.
L’un des derniers documentaires, Episode three, enjoy poverty, tourné au Congo par Renzo Martins évoque ce rapport complexe entre les maux de l’Afrique et son image. Le vidéaste hollandais démontre d’une manière crue, et cruelle en même temps, jusqu’à quel point l’articulation de la représentation sur la réalité est absurde.
Dès qu’il s’agit de filmer la douleur, il y fatalement une question de morale qui se pose. Face à cela les cinéastes sont naturellement divisés en fonction de la distance que chacun prends à l’égard de son objet. Il y a ceux comme Le cauchemar de Darwin de Hubert Sauper qui, par son analyse clinique, est comme un cri de révolte contre l’injustice. L’enquête que le documentariste allemand fait sur le marché du poisson dans la région des grands lacs est d’une froideur qui éveille la conscience par le choque des images crues.
Il y a ceux aussi pour qui la réalité africaine est un sujet à sensation. Filmer la faim ou la guerre reviens à une simple image à exhiber. Darfur, une guerre pour l’eau des Slovènes Tomo Kriznar et Maya Weiss n’a presque rien de cinématographique. Mais le fait que ces européens se trouvent au cœur de l’action est un sujet à sensation. Il en a été de même avec les journalistes de CNN embarqués sur les véhicules militaires à côté des soldats américains lors de l’invasion de l’Iraq.
Jusqu’où ira-t-on dans la représentation du mal si on n’est pas conscient de la bonne distance à observer. Or peu de cinéastes ont eu cette conscience. Il faudra se rappeler les excellents documentaires sur la guerre au Tchad de Raymond Depardon. Le même cinéaste réalisera un film manifeste sur la bonne distance nécessaire quand il s’agit de filmer l’Afrique. L’Afrique comment ça va avec la douleur est une autobiographie de cinéaste dans laquelle Depardon revient des années après son passage par le continent noir depuis l’Afrique du Sud jusqu’aux côtes méditerranéennes.
Abbas Kiarostami se rendra compte de cette distance salutaire lors du tournage de ABC Africa. Le cinéaste iranien parti faire son repérage pour un film à tourner ultérieurement est envahi par des images tellement fortes qu’il décide de s’en tenir à elles pour les laisser parler en lui. Dans ses deux derniers exemples c’est l’Afrique qui prend la parole à travers leur travail. Ce ne sont pas eux qui parle de l’Afrique, ou pire, qui la prennent pour prétexte pour parler d’eux-mêmes.
L’exemple le plus éloquent de ce point de vue c’est 7915 km de Nikolaus Ceyrhalter. Le film consiste en une série de plans fixes où la parole est donnée à un personnage, lequel devient le porte parole du continent. Il est bien question de ce qui fait mal à l’Afrique mais c’est dit avec dignité. Certes, les problèmes de pauvreté, d’émigration, d’injustice sont évoqués, mais ils le sont aux côtés des efforts faits pour avoir une vie meilleure tout en croyant au potentiel local.
Le documentaire a souvent, très souvent, comme point de départ une idée / image forte. Malheureusement l’image de la souffrance est celle qui est la plus part du temps la plus attrayante pour les chasseur d’images. Mais la chasse a ses règles, et la règles la plus importante est celle de la distance. Celle-ci peut avantager le chasseur contre sa proie, comme elle peut le mettre en danger. Le documentariste qui ne respecte pas la bonne distance dans la représentation de l’Afrique se fait brûler. Il ne peut que reproduire des idées reçues, des images, et même fausses images, que le spectateur a déjà.
Tuesday, 9 December 2008
Kéchiche remporte la mise

Comme chaque année le premier samedi du mois de Décembre se tient la cérémonie des prix du cinéma européen dirigée par le cinéaste allemand Wim Wenders. Cette année la soirée des oscars européens a choisi Copenhague, pour scène. Plus 1500 professionnel européens se sont rendus samedi dernier à la capitale danoise pour élire leurs meilleurs de l’année. 2008 aura connu, en effet, le succès incontestable de Gomorrah de l’italien Matteo Garrone. Il aura été meilleur en tout ou presque : film de l’année, réalisateur, scénario, image, interprétation masculine et musique. L’autre grand succès de l’année mais aussi de la soirée aura été La Graine et le mulet de Abdellatif Kechiche qui remporte le prix de la critique internationale.
En attribuant son prix à un cinéaste comme Abdellatif Kechiche, la Fédération Internationale de la Presse Cinématographique (FIPRESCI) consacre purement et simplement un auteur de cinéma. Non seulement elle rend hommage à tous ces cinéastes souvent marginalisés à cause de leurs origines, mais elle reconnait surtout le talent de ceux qui s’engagent pour un cinéma autre, indépendant et qui se dressent contre les machines de guerre qui décident de la pluie et du beau temps par la main mise qu’elles ont sur l’industrie de l’image. Avec des films à petit budget qui reste cependant difficile à financer, Kechiche se bat dans sa banlieue française en faisant rencontrer de grands textes comme ceux de Marivaux avec les jeunes beures des cités de Nice, la ville où il a grandi.
Comme beaucoup de grands cinéastes Abdellatif Kechiche doit beaucoup au théâtre. C’est là qu’il fait ses armes en tant qu’acteur quelques années seulement après avoir débarqué sur la côte d’azur venant de Tunis, sa ville natale. Ses première prestations de comédien le lancent rapidement sur les scènes du quatrième art les plus connues comme celle d’Avignon où il présente, et déjà comme metteur en scène, L’Architecte et l’empereur d’Assyrie(1981) d’Arrabal.
C’est un autre Maghrébin, Abdelkrim Bahloul, qui lui fait découvrir le grand écran en le faisant jouer dans son film Un thé à la menthe(1985). Il est rapidement repéré par André Téchiné qui le dirige aux côtés de grands acteurs français comme Claude Brially et Sandrine Bonnaire dans Les Innocents (1987). Son parcours d’acteur est couronné par le prix de la meilleure interprétation masculine au Festival du Film Francophone de Namur pour sa prestation dans Bezness (1992), un film de son compatriote Nouri Bouzid.
Pendant les années 90, Abdellatif Kechiche sera très peu vu sur scène. Mais lorsqu’en 2000 il présente La Faute à Voltaire, son premier long métrage en tant que réalisateur, il compense toutes ces années d’absence et s’impose tout de suite comme un réalisateur au talent incontestable. Pourtant on ne peut dire qu’il choisit la facilité. L’émigration est l’un des sujets les plus représentés au cinéma dit d’émigration. L’histoire de Jalel ce jeune émigré clandestin de Tunisie rencontre un grand succès. D’emblée kechiche est reconnu comme un jeune talent au Festival de Venise où il reçoit le Lion d’or de la première œuvre (2000). Puis il enchaînera plusieurs prix en passant par plusieurs festivals : Namur, Stuttgart, Angers, Cologne.
Quatre ans plus tard, L’Esquive viendra démontrer que le succès du film précédent n’était pas un hasard. L’histoire de ces jeunes répétant Les jeux de l'amour et du hasard, un classique du théâtre français, est accueillie avec ovation lors de la cérémonie des Césars où il remporte quatre trophées. Le succès de ce film ne se limitera pas à la métropole puisqu’il remportera plusieurs prix dans des festival internationaux comme Stockholm et Turin.
A l’instar de L’Esquive, La Graine et le mulet remporte aussi quatre Césars en 2008 (meilleur film français de l'année, meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleur espoir féminin). Mais déjà il avait eu tous les honneurs au Festival de Venise en remportant le Prix du Meilleur Jeune Espoir, le Prix Spécial du Jury, Prix de la Critique Internationale - FIPRESCI. La consécration européenne qu’il reçut samedi dernier pour ce troisième film est la preuve d’une maturité qui vaut le respect de la profession, l’appréciation du public et la reconnaissance de la critique.
En attribuant son prix à un cinéaste comme Abdellatif Kechiche, la Fédération Internationale de la Presse Cinématographique (FIPRESCI) consacre purement et simplement un auteur de cinéma. Non seulement elle rend hommage à tous ces cinéastes souvent marginalisés à cause de leurs origines, mais elle reconnait surtout le talent de ceux qui s’engagent pour un cinéma autre, indépendant et qui se dressent contre les machines de guerre qui décident de la pluie et du beau temps par la main mise qu’elles ont sur l’industrie de l’image. Avec des films à petit budget qui reste cependant difficile à financer, Kechiche se bat dans sa banlieue française en faisant rencontrer de grands textes comme ceux de Marivaux avec les jeunes beures des cités de Nice, la ville où il a grandi.
Comme beaucoup de grands cinéastes Abdellatif Kechiche doit beaucoup au théâtre. C’est là qu’il fait ses armes en tant qu’acteur quelques années seulement après avoir débarqué sur la côte d’azur venant de Tunis, sa ville natale. Ses première prestations de comédien le lancent rapidement sur les scènes du quatrième art les plus connues comme celle d’Avignon où il présente, et déjà comme metteur en scène, L’Architecte et l’empereur d’Assyrie(1981) d’Arrabal.
C’est un autre Maghrébin, Abdelkrim Bahloul, qui lui fait découvrir le grand écran en le faisant jouer dans son film Un thé à la menthe(1985). Il est rapidement repéré par André Téchiné qui le dirige aux côtés de grands acteurs français comme Claude Brially et Sandrine Bonnaire dans Les Innocents (1987). Son parcours d’acteur est couronné par le prix de la meilleure interprétation masculine au Festival du Film Francophone de Namur pour sa prestation dans Bezness (1992), un film de son compatriote Nouri Bouzid.
Pendant les années 90, Abdellatif Kechiche sera très peu vu sur scène. Mais lorsqu’en 2000 il présente La Faute à Voltaire, son premier long métrage en tant que réalisateur, il compense toutes ces années d’absence et s’impose tout de suite comme un réalisateur au talent incontestable. Pourtant on ne peut dire qu’il choisit la facilité. L’émigration est l’un des sujets les plus représentés au cinéma dit d’émigration. L’histoire de Jalel ce jeune émigré clandestin de Tunisie rencontre un grand succès. D’emblée kechiche est reconnu comme un jeune talent au Festival de Venise où il reçoit le Lion d’or de la première œuvre (2000). Puis il enchaînera plusieurs prix en passant par plusieurs festivals : Namur, Stuttgart, Angers, Cologne.
Quatre ans plus tard, L’Esquive viendra démontrer que le succès du film précédent n’était pas un hasard. L’histoire de ces jeunes répétant Les jeux de l'amour et du hasard, un classique du théâtre français, est accueillie avec ovation lors de la cérémonie des Césars où il remporte quatre trophées. Le succès de ce film ne se limitera pas à la métropole puisqu’il remportera plusieurs prix dans des festival internationaux comme Stockholm et Turin.
A l’instar de L’Esquive, La Graine et le mulet remporte aussi quatre Césars en 2008 (meilleur film français de l'année, meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleur espoir féminin). Mais déjà il avait eu tous les honneurs au Festival de Venise en remportant le Prix du Meilleur Jeune Espoir, le Prix Spécial du Jury, Prix de la Critique Internationale - FIPRESCI. La consécration européenne qu’il reçut samedi dernier pour ce troisième film est la preuve d’une maturité qui vaut le respect de la profession, l’appréciation du public et la reconnaissance de la critique.
Libellés :
Les prix du cinéma européen 2008 :
Wednesday, 19 November 2008
Sous le signe de l’image crue

Le Festival International du Documentaire d’Amsterdam, ouvre son 21ème édition avec Episode 3, enjoy poverty du hollandais Renzo Martens qui pose la question des frontières et des limites de plusieurs points de vue. Le festival le plus important peut-être du documentaire dans le monde espère ainsi annoncer la couleur de sa sélection 2008.
Renzo Martens n’est pas un réalisateur ordinaire. C’est probablement de là que vient tout l’aspect problématique de son œuvre. Il vient de ce milieu de plasticien qui utilise la vidéo pour s’exprimer plastiquement. Lorsque le sujet deviens l’Afrique, plus précisément le drame des populations de la République Démocratique du Congo, son œuvre prend une dimension extrêmement spéciale. La première des question que l’on se pose est la nature de ce produit en image. Il semblerait plus de l’installation vidéo que du cinéma pur, ou du documentaire. Mais importe, les choses sont ce qu’elles sont, nous pourrions facilement se contenter d’observer le contenu.
Les films sur les misères de l’Afrique sont innombrables. Ils posent tous ou presque les mêmes questions et butent contre les mêmes impasses : qu’est-ce qui pourrait être fait pour arrêter cette hémorragie ? Certes nul ne propose de réponse. Or, voici que Martens semble en avoir trouver. Le mal est lui-même le médicament. Sa proposition est en bref de vendre la pauvreté qui est une richesse en soi. L’oxymore dit tant sur l’absurdité de la situation. Mais il est vraie que l’image de la misère africaine draine beaucoup d’argent pour les chaines de télévision et pour les reporter photographe. C’est là que commence le raisonnement du vidéaste hollandais. Si les image de la famine, des réfugiés, de la pauvreté et de la misère rapportent beaucoup au occidentaux, les africain devraient en profiter en priorité.
En cela Martens reprend une vieille idée qui stipule que les africains sont les premiers a devoir profiter des richesses du continent. Et le film de revenir sur le marché du bois et de l’or qui se développe à la faveur des conflits qui plongent le pays dans la débâcle la plus inhumaine. Plus inhumaines sont aussi ces images des enfants qui meurent à cause de la malnutrition. Les explications qu’il récupère chez ceux qu’il tient pour responsables sont autant absurde, que le film gagne en cruauté, à tel point que l’on se demande si l réalisateur ne dépasse pas les limites de la représentation du mal.
Mais la question de la distance n’est pas une priorité pour le réalisateur qui bafoue toute frontière à commencer par sa propre remise en cause. En effet, le dispositif, de départ est une auto- mise en scène. Renzo Martens se filme lui-même non pas part ego, mais par prise de distance. Il se livre lui-même à l’image comme incarnation de l’homme blanc venu en Afrique puiser dans ses richesse y compris dans la pauvreté. C’est un peu ce qu’il fait par son film. La mise en abyme est très éloquente comme processus.
Le film lui-même est l’exemple du tort subi par l’Afrique. La négation de la frontière est poussé aux extrêmes limites. C’est à ce demander si le film à un sens en fin de compte. Le réalisateur semble se laisser guider par sa fantaisie d’acteur que son image perd de sa pertinence. L’effacement de toute distance plonge le film dans un discours vide où on voit qu’une pensée qui tourne en rond et ne reste que effet visuel de l’image qui choque.
Renzo Martens n’est pas un réalisateur ordinaire. C’est probablement de là que vient tout l’aspect problématique de son œuvre. Il vient de ce milieu de plasticien qui utilise la vidéo pour s’exprimer plastiquement. Lorsque le sujet deviens l’Afrique, plus précisément le drame des populations de la République Démocratique du Congo, son œuvre prend une dimension extrêmement spéciale. La première des question que l’on se pose est la nature de ce produit en image. Il semblerait plus de l’installation vidéo que du cinéma pur, ou du documentaire. Mais importe, les choses sont ce qu’elles sont, nous pourrions facilement se contenter d’observer le contenu.
Les films sur les misères de l’Afrique sont innombrables. Ils posent tous ou presque les mêmes questions et butent contre les mêmes impasses : qu’est-ce qui pourrait être fait pour arrêter cette hémorragie ? Certes nul ne propose de réponse. Or, voici que Martens semble en avoir trouver. Le mal est lui-même le médicament. Sa proposition est en bref de vendre la pauvreté qui est une richesse en soi. L’oxymore dit tant sur l’absurdité de la situation. Mais il est vraie que l’image de la misère africaine draine beaucoup d’argent pour les chaines de télévision et pour les reporter photographe. C’est là que commence le raisonnement du vidéaste hollandais. Si les image de la famine, des réfugiés, de la pauvreté et de la misère rapportent beaucoup au occidentaux, les africain devraient en profiter en priorité.
En cela Martens reprend une vieille idée qui stipule que les africains sont les premiers a devoir profiter des richesses du continent. Et le film de revenir sur le marché du bois et de l’or qui se développe à la faveur des conflits qui plongent le pays dans la débâcle la plus inhumaine. Plus inhumaines sont aussi ces images des enfants qui meurent à cause de la malnutrition. Les explications qu’il récupère chez ceux qu’il tient pour responsables sont autant absurde, que le film gagne en cruauté, à tel point que l’on se demande si l réalisateur ne dépasse pas les limites de la représentation du mal.
Mais la question de la distance n’est pas une priorité pour le réalisateur qui bafoue toute frontière à commencer par sa propre remise en cause. En effet, le dispositif, de départ est une auto- mise en scène. Renzo Martens se filme lui-même non pas part ego, mais par prise de distance. Il se livre lui-même à l’image comme incarnation de l’homme blanc venu en Afrique puiser dans ses richesse y compris dans la pauvreté. C’est un peu ce qu’il fait par son film. La mise en abyme est très éloquente comme processus.
Le film lui-même est l’exemple du tort subi par l’Afrique. La négation de la frontière est poussé aux extrêmes limites. C’est à ce demander si le film à un sens en fin de compte. Le réalisateur semble se laisser guider par sa fantaisie d’acteur que son image perd de sa pertinence. L’effacement de toute distance plonge le film dans un discours vide où on voit qu’une pensée qui tourne en rond et ne reste que effet visuel de l’image qui choque.
Thursday, 13 November 2008
Kechiche en DVD

Le DVD est une nouvelle forme de la consommation de l´image. Son importance grandit à tel point qu’il commence a prendre le dessus sur les circuit traditionnels de diffusions de l’audiovisuel. Cinéma et Télévision ont du compter avec ce médias depuis quelques années déjà. Ceci n’est pas sans avoir des répercussions de tailles sur les images du sud et leur visibilité.
Ces idées nous viennent alors que nous accueillons avec enthousiasme la parution de La Graine et le mulet, le nouveau film de Abdellatif Kechiche dans un emballage qui met en valeur son contenu culturel authentiquement tunisien. Outre les visages des acteurs beurs, incarnant ces émigrés tunisiens de la deuxième ou troisième génération, la couverture fait place essentiellement à une photo où l’on voit une table dressée, entourée d’un famille nombreuse ayant consommé avec délectation un couscous au poisson dont on voit encore le reste dans des plat de porcelaine tunisienne.
Pour des raisons de marketing, on peut trouver sur l’enveloppe aussi la liste des prix nombreux que le film a remporté. Ceci témoigne d’un succès non seulement festivalier et commercial, mais aussi d’un bon accueil de la critique. C’est ainsi que nous lisons des appréciations emphatiques extraite de journaux européens les plus connus.
Tout ceci pour dire que le cinéma reste le meilleur ambassadeur d’une culture. Après les ovations des festival et des cérémonies du cinéma français, après la sorite commerciale respectable pour un film d’auteur, qui plus est, tunisien, La Graine et le mulet continue son odyssée glorieuse sous la forme de DVD. Bientôt on le verra certainement sur quelques chaines européennes. Sera-t-il diffusé sur nos chaines tunisiennes ? Ce serait de l’ordre du rêve, du fantasme même.
Il n’empêche que la vue de ce DVD nous met la puce à l’oreille quand à la visibilité de nos films et la façon dont nos images voyagent. Pourquoi La Graine et le mulet est–il édité en DVD ? Le succès qu’il a eu y est pour beaucoup certes. Mais aussi, il faut admettre que ce medias est désormais une industrie et un commerce. C’est surtout un espace de visibilité dont l’importance est grandissante. Il est même désormais un passage obligé pour tout film.
Or, où en sommes-nous par rapport à tout cela ? Combien de films tunisiens, parmi les anciens ou les plus récents, sont-ils édités en DVD ? Nous ne parlons pas de l’éternelle question de la piraterie qui règne sur le marché de la vidéo sous nos cieux. Justement la riposte à ce mal viendrait peut-être d’une industrie a inventer, celle du DVD de films tunisiens. Nos films voyagent de moins en moins. Ils ne sont plus diffusés par nos télévisions comme il fut par le passé. Conclusion nous somme en train de rater le coche, comme si nous étions hors du temps et hors de l’espace. Alors que le monde est en guerre sans merci pour la visibilité, nous nous renfermons dans notre autosatisfaction.
Ces idées nous viennent alors que nous accueillons avec enthousiasme la parution de La Graine et le mulet, le nouveau film de Abdellatif Kechiche dans un emballage qui met en valeur son contenu culturel authentiquement tunisien. Outre les visages des acteurs beurs, incarnant ces émigrés tunisiens de la deuxième ou troisième génération, la couverture fait place essentiellement à une photo où l’on voit une table dressée, entourée d’un famille nombreuse ayant consommé avec délectation un couscous au poisson dont on voit encore le reste dans des plat de porcelaine tunisienne.
Pour des raisons de marketing, on peut trouver sur l’enveloppe aussi la liste des prix nombreux que le film a remporté. Ceci témoigne d’un succès non seulement festivalier et commercial, mais aussi d’un bon accueil de la critique. C’est ainsi que nous lisons des appréciations emphatiques extraite de journaux européens les plus connus.
Tout ceci pour dire que le cinéma reste le meilleur ambassadeur d’une culture. Après les ovations des festival et des cérémonies du cinéma français, après la sorite commerciale respectable pour un film d’auteur, qui plus est, tunisien, La Graine et le mulet continue son odyssée glorieuse sous la forme de DVD. Bientôt on le verra certainement sur quelques chaines européennes. Sera-t-il diffusé sur nos chaines tunisiennes ? Ce serait de l’ordre du rêve, du fantasme même.
Il n’empêche que la vue de ce DVD nous met la puce à l’oreille quand à la visibilité de nos films et la façon dont nos images voyagent. Pourquoi La Graine et le mulet est–il édité en DVD ? Le succès qu’il a eu y est pour beaucoup certes. Mais aussi, il faut admettre que ce medias est désormais une industrie et un commerce. C’est surtout un espace de visibilité dont l’importance est grandissante. Il est même désormais un passage obligé pour tout film.
Or, où en sommes-nous par rapport à tout cela ? Combien de films tunisiens, parmi les anciens ou les plus récents, sont-ils édités en DVD ? Nous ne parlons pas de l’éternelle question de la piraterie qui règne sur le marché de la vidéo sous nos cieux. Justement la riposte à ce mal viendrait peut-être d’une industrie a inventer, celle du DVD de films tunisiens. Nos films voyagent de moins en moins. Ils ne sont plus diffusés par nos télévisions comme il fut par le passé. Conclusion nous somme en train de rater le coche, comme si nous étions hors du temps et hors de l’espace. Alors que le monde est en guerre sans merci pour la visibilité, nous nous renfermons dans notre autosatisfaction.
Saturday, 18 October 2008
Kevin Spacey honours the 4th International Eurasia Film Festival
The 4th International Eurasia Film Festival hosted a Press Meeting that brought the members of the press together with the famous star of the world of cinema, twice Oscar winner actor Kevin Spacey.
Marking a peak of excitement in the festival's calendar of activities, the Press Meeting had the great actor answering the questions of the members of the press and film lovers and presented an extensive talk on cinema and Spacey's vision of acting and creativity with questions concerning issues ranging from the creative currents of Hollywood to the characters he embodied in various famous titles.
In response to a question concerning the projects he's currently working on, Spacey told he's working as a part of "Men Who Stare at Goats" featuring Jeff Bridges, George Clooney and Ewan Mc Gregor as well as a number of other projects. Placing a bold emphasis on the team work, "rhyme" and spirit as greatly important elements of successful movies, Spacey explained the actor's job as to become what the text imposes and defined cinema as the director's medium and theatre as the actor's medium. Spacey defined the sole criterion he observes when committing to finance new projects as good storytelling in response to a question concerning his producer identity. The celebrated actor will meet pupils and cinema enthusiasts in a Masterclass to be held at Hillside Su Hotel on Saturday, October 18.
Marking a peak of excitement in the festival's calendar of activities, the Press Meeting had the great actor answering the questions of the members of the press and film lovers and presented an extensive talk on cinema and Spacey's vision of acting and creativity with questions concerning issues ranging from the creative currents of Hollywood to the characters he embodied in various famous titles.
In response to a question concerning the projects he's currently working on, Spacey told he's working as a part of "Men Who Stare at Goats" featuring Jeff Bridges, George Clooney and Ewan Mc Gregor as well as a number of other projects. Placing a bold emphasis on the team work, "rhyme" and spirit as greatly important elements of successful movies, Spacey explained the actor's job as to become what the text imposes and defined cinema as the director's medium and theatre as the actor's medium. Spacey defined the sole criterion he observes when committing to finance new projects as good storytelling in response to a question concerning his producer identity. The celebrated actor will meet pupils and cinema enthusiasts in a Masterclass to be held at Hillside Su Hotel on Saturday, October 18.
Wednesday, 15 October 2008
Monday, 13 October 2008
Kevin Spacey, guest of the Golden Orange.

A Giant of Silver Screen to walk the Festival's red carpet : Kevin Spacey will be the guest of the Golden Orange. The 45th Antalya Golden Orange Film Festival and the 4th International Eurasia Film Festival are proud to announce the expected arrival of a cinema phenomenon to the festival fronts in the upcoming days. Twice Academy Award winner and Tony and BAFTA awards recipient enigmatic actor Kevin Spacey is to honour the Festival's Red Carpet on October 17.
Le tapis rouge va être déroulé devant un géant du « grand écran »: Kevin Spacey sera l'invité du Golden Orange. Le 45ème Antalya Golden Orange Film Festival et le 4ème International Eurasia Film Festival sont fiers d'annoncer l'arrivée attendue d’un phénomène de cinéma au festival au cours des prochains jours. Deux fois lauréat du prix de l'Académie et Tony BAFTA Awards et personnage énigmatique l’acteur Kevin Spacey fera l'honneur au Festival le 17 octobre prochain.
Wednesday, 8 October 2008
Une vision, une stratégie

L’orange d’or est un festival turque dédié à l’origine au cinéma national. Depuis bientôt quatre années, il est doublé d’une compétition euro-asiatique qui lui donne une place de choix dans le paysage des festivals internationaux. Le coup d’envoie de la quatrième édition du Festival International du Film euro-asiatique d’Antalya aura lieu ce vendredi 10 octobre avec la découverte du dernier festival de Venise, le film Perfetto Giorno du Truco-Italien Ferzan Özpetek. Ce film est en lice pour le grand prix qui sera discerné à la fin du festival, le 19 de ce mois.
Pour attribuer le prix, le festival a composé son Grand Jury parmi les professionnels du plus haut niveau. Il sera présidé par le cinéaste dit « virtuose », le hollandais Paul Verhoeven. Parmi les autres membres du jury nous retrouvons la célèbre actrice chonois Joan Chen (également en vedette de 24 City le film de son compatriote Zhang-Ke); CAMERON BAILEY co-directeur et programmateur Festival International du Film de Toronto, Majid Majidi nominé pour l’Oscar du meilleur réalisateur étranger.
Dans la compétition nous retrouvons cette année le Franco-Tunisien Karim Dridi avec son nouvel opus Khamsa. En face de lui il y aura entre autres le réalisateur japonais Hirokazu Kore-edda avec un film qui laisse à penser Still walking (encore en marche); Christian Petzold du Jerichow représentera le nouveau cinéma allemand; la Palestine sera représentée par Rashid Masharawi à travers son film L'Anniversaire de LAILA ; Do Côté français, outre le désormais incontournable Palme d’or, Entre les murs de Laurent Cantet, Claire Denis sera en lice avec 35 Rhums. A tout ce beau monde on ajoutera la présence très attendu de Woody Allen et l'éruption du génie dans Vicky Cristina Barcelona ainsi que celle des Frères Dardenne, porte drapeau du cinéma Belge avec Le Silence de Lorna ou encore Matteo Garrone avec le portrait caustique de la vie criminelle de Gomorrhe, un autre moment fort du dernier festival de Cannes.
Voyage vers l'Asie, est une section qui constitue un autre moment fort de cette édition. On y retrouve Le lauréat honneur de la 42e Antalya Golden Orange Film Festival, il y a trois ans, et un "régulier" du festival avec de nouveaux films chaque année, le Coréen Kim Ki Duk avec son film Dream. On y retrouve également le maitre japonais de l’animation Hayao Miyazaki et son dernier long métrage Ponyo.
D’autres stars du cinéma seront présentes par leur absence. En effet, un hommage sera rendu à deux cinéastes africain disparus. Pour cette 4ème édition, le festival consacre une projection spéciale du Destin, à la belle mémoire de Youssef Chahine, décédé 27 Juillet 2008. Une autre projection, de Touki Bouki, cette fois nous rappellera un autre génie africain, Djibril Diop Mambetty. Ce dernier fait partie d’un programme dédié aux films restaurés par la World Cinema Fondation présidé par le célèbre réalisateur Martin Scorsese, le champion de la cause de la préservation du patrimoine cinématographique des pays en développement et du rajeunissement de films d'importance historique laissés à la merci de temps. A côté de TRANSES de Ahmed El Mannouni et de l'un des plus grands classiques du cinéma turc, Dry summer de Metin Erksan dont la nouvelle version restaurée a été projeté au Festival de Cannes cette année et Ours d'Or en 1964 au Festival de Berlin.
Ainsi, la station balnéaire d’Antalya par son double festival L’Orange d’or de la compétition nationale et la sélection euro-asiatique réussi à faire le pont entre l’Occident et l’Orient d’un côté, et le passé et le présent de l’autre côté. La Turquie par cette conception confirme ses intensions de jouer vraiment le rôle de carrefour stratégique que lui offre naturellement son emplacement géographique et son Histoire. Pour cela tous les moyens sont bons pour attirer l’attention du monde du septième art.
Pour attribuer le prix, le festival a composé son Grand Jury parmi les professionnels du plus haut niveau. Il sera présidé par le cinéaste dit « virtuose », le hollandais Paul Verhoeven. Parmi les autres membres du jury nous retrouvons la célèbre actrice chonois Joan Chen (également en vedette de 24 City le film de son compatriote Zhang-Ke); CAMERON BAILEY co-directeur et programmateur Festival International du Film de Toronto, Majid Majidi nominé pour l’Oscar du meilleur réalisateur étranger.
Dans la compétition nous retrouvons cette année le Franco-Tunisien Karim Dridi avec son nouvel opus Khamsa. En face de lui il y aura entre autres le réalisateur japonais Hirokazu Kore-edda avec un film qui laisse à penser Still walking (encore en marche); Christian Petzold du Jerichow représentera le nouveau cinéma allemand; la Palestine sera représentée par Rashid Masharawi à travers son film L'Anniversaire de LAILA ; Do Côté français, outre le désormais incontournable Palme d’or, Entre les murs de Laurent Cantet, Claire Denis sera en lice avec 35 Rhums. A tout ce beau monde on ajoutera la présence très attendu de Woody Allen et l'éruption du génie dans Vicky Cristina Barcelona ainsi que celle des Frères Dardenne, porte drapeau du cinéma Belge avec Le Silence de Lorna ou encore Matteo Garrone avec le portrait caustique de la vie criminelle de Gomorrhe, un autre moment fort du dernier festival de Cannes.
Voyage vers l'Asie, est une section qui constitue un autre moment fort de cette édition. On y retrouve Le lauréat honneur de la 42e Antalya Golden Orange Film Festival, il y a trois ans, et un "régulier" du festival avec de nouveaux films chaque année, le Coréen Kim Ki Duk avec son film Dream. On y retrouve également le maitre japonais de l’animation Hayao Miyazaki et son dernier long métrage Ponyo.
D’autres stars du cinéma seront présentes par leur absence. En effet, un hommage sera rendu à deux cinéastes africain disparus. Pour cette 4ème édition, le festival consacre une projection spéciale du Destin, à la belle mémoire de Youssef Chahine, décédé 27 Juillet 2008. Une autre projection, de Touki Bouki, cette fois nous rappellera un autre génie africain, Djibril Diop Mambetty. Ce dernier fait partie d’un programme dédié aux films restaurés par la World Cinema Fondation présidé par le célèbre réalisateur Martin Scorsese, le champion de la cause de la préservation du patrimoine cinématographique des pays en développement et du rajeunissement de films d'importance historique laissés à la merci de temps. A côté de TRANSES de Ahmed El Mannouni et de l'un des plus grands classiques du cinéma turc, Dry summer de Metin Erksan dont la nouvelle version restaurée a été projeté au Festival de Cannes cette année et Ours d'Or en 1964 au Festival de Berlin.
Ainsi, la station balnéaire d’Antalya par son double festival L’Orange d’or de la compétition nationale et la sélection euro-asiatique réussi à faire le pont entre l’Occident et l’Orient d’un côté, et le passé et le présent de l’autre côté. La Turquie par cette conception confirme ses intensions de jouer vraiment le rôle de carrefour stratégique que lui offre naturellement son emplacement géographique et son Histoire. Pour cela tous les moyens sont bons pour attirer l’attention du monde du septième art.
Monday, 6 October 2008
Où va le jeune cinéma tunisien ?

Il est peut-être trop facile de se hasarder dans toutes formes de réflexions théoriques, cela devient une vraie gageure quand il s'agit de la notion de cinéma d'auteur. Le plus difficile reste toujours d'être à l'écoute de la posture d'auteur telle qu'elle se traduit dans des œuvres et d'en repérer les manifestations concrètes. En effet, le critique de cinéma est tout le temps confronté d'une façon ou d'une autre à cette notion aux contours très complexes et compliqués. Cela est autant plus difficile quand il s’agit d’aborder le travail des générations actuelles qui sont livrées au matraquage d'une image de plus en plus aplatie, vidée et nourries d'une culture de plus en plus nivelée par le bas.
La critique et la création par définition puisent dans la même source. Le critique part toujours à la recherche de la trace de l'auteur ou à défaut, d'un auteur potentiel. Quand il n'y parvient pas il est alors dans un tel embarras intellectuel qu'il ne peut que s'interroger sur les raisons de cette absence, donc sur les symptômes d'une crise. Il est porté en cela par l'espoir que peut-être en indiquant les mauvaises orientations il finirait par en désigner les bonnes.
C'est cela même, sans vouloir pour autant s'ériger en donneur de leçons, auquel je suis confronté dès qu'il s'agit pour moi de réfléchir sur ce qui se fait comme cinéma en ce moment en Tunisie, et notamment celui d'une nouvelle génération de cinéastes en herbe : Toute une génération serait à mon sens perdue, égarée, ou peut-être est-elle en train de se chercher.
La situation actuelle du cinéma en Tunisie peut être analysée en terme de disparition de la "race des auteurs". En effet, on évoque souvent le passé, proche ou lointain, non pas sans un sentiment de nostalgie dès qu'il s'agit d'ébaucher une appréciation générale de ce qui se fabrique comme image, ou encore de saisir les contours du profil de ceux qui en font la pratique. Parfois, le même réalisateur est jugé à l'aune de son propre passé.
Or, à qui profite le désordre, pour ne pas dire le chaos, sinon au plus fort, c'est-a-dire les avantagés socialement, économiquement et politiquement. Tous ces paramètres, dans le contexte tunisien, reviennent au même. L'on voit apparaître donc des jeunes réalisateurs au profile plus ou moins saisissable : Ils viennent d'un milieu plutôt aisé, un peu petite bourgeoisie ayant accès aux rouages de l'administration et disposant des outils de consommation d'une culture moyenne de l'image, celle véhiculée par les télévisions satellitaires. Ceux-ci ne passent pas par la formation "académique".
Le deuxième profil est celui que produit l'école au sens le plus large. Les étudiants sortis des instituts de formation en audiovisuels, qu'ils soient privés ou étatiques sont de plus en plus nombreux. Les plus chanceux intègrent les quelques télévisions privées qui bourgeonnent. Les autres, par choix ou par nécessité, se lancent dans l'aventure de la production audiovisuelle toutes formes confondues : spots publicitaires, films institutionnels, courts métrages,... L'impression est que l'on devient trop vite professionnel de l'image. Diplôme à la main, disposant du matériel nécessaire, on peut alors se laisser aller à l'illusion du tout possible.
Il reste toutefois que l'essentiel n'est acquis. Aussi ce profil que l'autre sont amputés du fond culturel nécessaire, celui de la cinéphilie. D'une part il y aune formation sauvage à l'image qui fait que l'on se croit toujours dans son milieu en reproduisant la même image que celle dont on a été nourri, de l'autre une formation académique caduque à cause de l'orientation générale de l'enseignement et partant de la nature du savoir acquis. Nous assistons dès lors à une dynamique provoquée par une jeunesse très active en termes de production, mais très peu soucieuses de la qualité et de teneur culturelle du produit. D'une façon générale, les films que l'on voit, et ils sont de plus en plus nombreux, témoignent dans leur quasi-totalité d'une maîtrise technique certaine mais en même temps d'un manque terrible de culture proprement cinématographique.
La dernière décennie aura amené de grands changements dans la culture de l'image en Tunisie. Ces changements sont tellement compliqués qu'il n'est plus opportun de parler uniquement de cinéma. L'image qui se fait est très souvent à mi-chemin entre le septième art et la télévision, voire d'autres formes encore plus hybrides. L'on a l'impression que quelque chose s'est perdue mais aussi que de nouvelles choses sont en train de naître. C'est en fait le propre de tout changement et de toute transition dans l'histoire d'une société.
Au départ il y avait un essoufflement sur le plan des structures. Les laboratoires, dernière pièce de la satpec disparaissaient, la télévision commençait à se désengager, la commission d'aide à la production enchaînait les dysfonctionnements et les polémiques. La production cinématographique de venait de plus en plus précaire. En parallèle on voyait monter un grand nombre de sociétés de production vidéo qui petit à petit ont envahi le secteur. Tout cela arrivait alors que le secteur de la distribution et de l'exploitation agonisait. De fait le cinéma se voyait progressivement mis en quarantaine.
Les écoles de cinéma qui sont apparues depuis le début des années 90, n'auront pas contribué à ralentir le phénomène d'aplatissement de l'image. L'improvisation et le manque de conception adaptée au contexte ont fait que l'enseignement devenait de la formation professionnelle de techniciens propres à manipuler des boutons que des artistes en puissance. Ni les diplômés ni la formation même ne fond consciemment de place réelle au cinéma comme composante culturelle.
Il en va de même avec les instituts supérieurs. L'enjeu de la formation est complètement faussé. La responsabilité est mise entre les mains de représentants administratifs plutôt que des spécialistes du cinéma ou même de l’image. Le corps enseignant est très hétérogène que les étudiants finissent par se perdre entre des approches complètement divergentes. Entre des techniciens de la télévision formés dans les années 70 et enrouillés par l'esprit du fonctionnariat, des jeunes universitaires venant de disciplines proches du cinéma, théâtre, communication, beaux-arts..., des professionnels pour la plupart plus portés sur la technique, sur le métier que sur la culture, et enfin des étudiants recrutés sans aucune sélection mais juste pour répondre à la pression qui pèse sur l'orientation universitaire, le cinéma se perd en cour de route.
Donc l’on se retrouve au carrefour des paradoxes les plus révélateurs d'une crise symbolique. Les vieilles générations sont désabusées. Les frustrations, internes celles du rythme de la production sous le monopole étatique, externes à cause de l'apparition de nouvelles cinématographies qui rendent la concurrence dans les sphères des fonds d’aide à la production devient intenable, les auront vidées de toute volonté de construction ou d'expression par l'image.
La jeune génération qui monte se trouve dès lors sans repère. Elle est coupée de celles qui l’ont précédée. Elle n'a aucune protection face aux courants terribles qui décident de la nature et de la qualité de la culture de l'image dont elle devra s'imbiber et véhiculer. La cinéphilie a été évincée progressivement de la pratique de l'image. On consomme plus télévision et DVD que grand écran. Quant à la manipulation de l'image elle se pratique plutôt dans l'industrie des spots publicitaires et des programmes de télévision.
Dans ce contexte, et la technologie aidant, la production est de plus en plus abondante. Cela concerne essentiellement les cours-métrages. Elle ne touche le long que d'une manière très aléatoire. On enregistre un grand engouement des jeunes diplômés pour la fabrication. A l'origine il y a un sentiment que faire des films est à la porté : la technique est acquise, la technologie est disponible, et les films peuvent se faire. Ce qui manquera c'est une conscience que l'on fait du cinéma et non pas des reproductions de ce qui se voit à la télévision. D'une manière générale, les films sont plus proches des drames égyptiens comme ceux qu'on voit dans les feuilletons, ou des clips comme ceux dont les télévisions libanaises matraque notre jeunesse que de l'expression authentique par le cinéma.
Cela fait que les confusions les plus catastrophiques sont possibles. L'exemple le plus parlant reste VHS Cahloucha, un produit hybride de tous points de vue entre documentaire et fiction, entre gags de télévision à la Canal Horizon et un spectacle cinématographique. Nous pourrions la même chose d'une production ayant disposé de moyens et de logistique comme celle de l'expérience dix courts dix regards, production privée soutenu par les pouvoirs publics. Les films, bien que très médiatisés, au point de figurer au programme de la journée tunisienne à Cannes dans la section : Tous les cinémas du Monde, restent d'une légèreté et d'une platitude plutôt télévisuelle
Mais le tableau n'est pas tout noir. Dans cette marée d'image plate, quelques percées restent dignes de tout respect et donne espoir. Pour l'essentiel, elles viennent de la vieille école, celle du cinéma amateur. Comme quoi c'est l'héritage de la vieille cinéphilie qui continue de porter du bon vent. L'histoire retiendra certainement Le Cuirassé Abdelkrim de Walid Mattar, Taalila de Anouar Lahouar, Croque Urbain de Radhwan Meddeb. Le paradoxe là encore, c'est que ces films ne sont pas assez médiatisés sinon dans les cercles cinéphiles.
Pourtant les occasions ne manquent pas. Les manifestations cinématographiques se multiplient d'une manière remarquable. Elles concernent surtout les courts métrages, possibilités de financement exigent. La soirée du court métrage de l'Association Tunisienne Pour la Promotion de la Critique Cinématographique, les Nuits cinématographiques de Nabeul, les Rencontres Cinématographiques de Hergla, la Tente de Hamam Laghzez et tout récemment le Festival du Film Expérimental de Sousse sont autant d'espace de visibilité pour la production nationale. Et il y en a assez de films pour nourrir les programmes de toutes ces productions. C'est pourquoi pour l'année 2007, l'ATPCC a fini par organiser une double soirée du court métrage tellement il y un nombre suffisant de films. Pour l’année 2008, il va y avoir certainement plus de film et plus d’une seule nuit. Elle est encouragée également par le nouveau cinéma récemment rouvert, FilmAfricArt. Un autre élément qui ramène du bon vent sur le secteur de l'exploitation et de la distribution. En cette veille des Journées Cinématographiques de Carthage l’on se demande quelle image ce festival va présenter de la production nationale.
L'on assiste donc tant bien que mal et malgré les différents types de dysfonctionnements structurels à un contexte d'effervescence et de dynamique de production spontanée. Il faut espérer qu'il en sortira quelque chose. Non seulement de la quantité sortira toujours quelques bons produits de qualité. Mais en plus, dans le domaine de la Culture et de l'Art, il y a toujours possibilité de recyclage de la médiocrité par une logique peu explicable. La multiplication engendre la confrontation, laquelle pousse à la concurrence, laquelle donnera de la motivation de faire de mieux en mieux. De cet ensemble de tâtonnements, la jeune génération finira par trouver ses propres points de repères et apprendra de ses maladresses. Cette énergie éparse finira par se structurer spontanément autour de quelques orientations, quelques principes de fonctionnements. C'est que l'on pourra dire que la mayonnaise n’a pas encore pris. Pour l'instant remuons et remuons encore.
La critique et la création par définition puisent dans la même source. Le critique part toujours à la recherche de la trace de l'auteur ou à défaut, d'un auteur potentiel. Quand il n'y parvient pas il est alors dans un tel embarras intellectuel qu'il ne peut que s'interroger sur les raisons de cette absence, donc sur les symptômes d'une crise. Il est porté en cela par l'espoir que peut-être en indiquant les mauvaises orientations il finirait par en désigner les bonnes.
C'est cela même, sans vouloir pour autant s'ériger en donneur de leçons, auquel je suis confronté dès qu'il s'agit pour moi de réfléchir sur ce qui se fait comme cinéma en ce moment en Tunisie, et notamment celui d'une nouvelle génération de cinéastes en herbe : Toute une génération serait à mon sens perdue, égarée, ou peut-être est-elle en train de se chercher.
La situation actuelle du cinéma en Tunisie peut être analysée en terme de disparition de la "race des auteurs". En effet, on évoque souvent le passé, proche ou lointain, non pas sans un sentiment de nostalgie dès qu'il s'agit d'ébaucher une appréciation générale de ce qui se fabrique comme image, ou encore de saisir les contours du profil de ceux qui en font la pratique. Parfois, le même réalisateur est jugé à l'aune de son propre passé.
Or, à qui profite le désordre, pour ne pas dire le chaos, sinon au plus fort, c'est-a-dire les avantagés socialement, économiquement et politiquement. Tous ces paramètres, dans le contexte tunisien, reviennent au même. L'on voit apparaître donc des jeunes réalisateurs au profile plus ou moins saisissable : Ils viennent d'un milieu plutôt aisé, un peu petite bourgeoisie ayant accès aux rouages de l'administration et disposant des outils de consommation d'une culture moyenne de l'image, celle véhiculée par les télévisions satellitaires. Ceux-ci ne passent pas par la formation "académique".
Le deuxième profil est celui que produit l'école au sens le plus large. Les étudiants sortis des instituts de formation en audiovisuels, qu'ils soient privés ou étatiques sont de plus en plus nombreux. Les plus chanceux intègrent les quelques télévisions privées qui bourgeonnent. Les autres, par choix ou par nécessité, se lancent dans l'aventure de la production audiovisuelle toutes formes confondues : spots publicitaires, films institutionnels, courts métrages,... L'impression est que l'on devient trop vite professionnel de l'image. Diplôme à la main, disposant du matériel nécessaire, on peut alors se laisser aller à l'illusion du tout possible.
Il reste toutefois que l'essentiel n'est acquis. Aussi ce profil que l'autre sont amputés du fond culturel nécessaire, celui de la cinéphilie. D'une part il y aune formation sauvage à l'image qui fait que l'on se croit toujours dans son milieu en reproduisant la même image que celle dont on a été nourri, de l'autre une formation académique caduque à cause de l'orientation générale de l'enseignement et partant de la nature du savoir acquis. Nous assistons dès lors à une dynamique provoquée par une jeunesse très active en termes de production, mais très peu soucieuses de la qualité et de teneur culturelle du produit. D'une façon générale, les films que l'on voit, et ils sont de plus en plus nombreux, témoignent dans leur quasi-totalité d'une maîtrise technique certaine mais en même temps d'un manque terrible de culture proprement cinématographique.
La dernière décennie aura amené de grands changements dans la culture de l'image en Tunisie. Ces changements sont tellement compliqués qu'il n'est plus opportun de parler uniquement de cinéma. L'image qui se fait est très souvent à mi-chemin entre le septième art et la télévision, voire d'autres formes encore plus hybrides. L'on a l'impression que quelque chose s'est perdue mais aussi que de nouvelles choses sont en train de naître. C'est en fait le propre de tout changement et de toute transition dans l'histoire d'une société.
Au départ il y avait un essoufflement sur le plan des structures. Les laboratoires, dernière pièce de la satpec disparaissaient, la télévision commençait à se désengager, la commission d'aide à la production enchaînait les dysfonctionnements et les polémiques. La production cinématographique de venait de plus en plus précaire. En parallèle on voyait monter un grand nombre de sociétés de production vidéo qui petit à petit ont envahi le secteur. Tout cela arrivait alors que le secteur de la distribution et de l'exploitation agonisait. De fait le cinéma se voyait progressivement mis en quarantaine.
Les écoles de cinéma qui sont apparues depuis le début des années 90, n'auront pas contribué à ralentir le phénomène d'aplatissement de l'image. L'improvisation et le manque de conception adaptée au contexte ont fait que l'enseignement devenait de la formation professionnelle de techniciens propres à manipuler des boutons que des artistes en puissance. Ni les diplômés ni la formation même ne fond consciemment de place réelle au cinéma comme composante culturelle.
Il en va de même avec les instituts supérieurs. L'enjeu de la formation est complètement faussé. La responsabilité est mise entre les mains de représentants administratifs plutôt que des spécialistes du cinéma ou même de l’image. Le corps enseignant est très hétérogène que les étudiants finissent par se perdre entre des approches complètement divergentes. Entre des techniciens de la télévision formés dans les années 70 et enrouillés par l'esprit du fonctionnariat, des jeunes universitaires venant de disciplines proches du cinéma, théâtre, communication, beaux-arts..., des professionnels pour la plupart plus portés sur la technique, sur le métier que sur la culture, et enfin des étudiants recrutés sans aucune sélection mais juste pour répondre à la pression qui pèse sur l'orientation universitaire, le cinéma se perd en cour de route.
Donc l’on se retrouve au carrefour des paradoxes les plus révélateurs d'une crise symbolique. Les vieilles générations sont désabusées. Les frustrations, internes celles du rythme de la production sous le monopole étatique, externes à cause de l'apparition de nouvelles cinématographies qui rendent la concurrence dans les sphères des fonds d’aide à la production devient intenable, les auront vidées de toute volonté de construction ou d'expression par l'image.
La jeune génération qui monte se trouve dès lors sans repère. Elle est coupée de celles qui l’ont précédée. Elle n'a aucune protection face aux courants terribles qui décident de la nature et de la qualité de la culture de l'image dont elle devra s'imbiber et véhiculer. La cinéphilie a été évincée progressivement de la pratique de l'image. On consomme plus télévision et DVD que grand écran. Quant à la manipulation de l'image elle se pratique plutôt dans l'industrie des spots publicitaires et des programmes de télévision.
Dans ce contexte, et la technologie aidant, la production est de plus en plus abondante. Cela concerne essentiellement les cours-métrages. Elle ne touche le long que d'une manière très aléatoire. On enregistre un grand engouement des jeunes diplômés pour la fabrication. A l'origine il y a un sentiment que faire des films est à la porté : la technique est acquise, la technologie est disponible, et les films peuvent se faire. Ce qui manquera c'est une conscience que l'on fait du cinéma et non pas des reproductions de ce qui se voit à la télévision. D'une manière générale, les films sont plus proches des drames égyptiens comme ceux qu'on voit dans les feuilletons, ou des clips comme ceux dont les télévisions libanaises matraque notre jeunesse que de l'expression authentique par le cinéma.
Cela fait que les confusions les plus catastrophiques sont possibles. L'exemple le plus parlant reste VHS Cahloucha, un produit hybride de tous points de vue entre documentaire et fiction, entre gags de télévision à la Canal Horizon et un spectacle cinématographique. Nous pourrions la même chose d'une production ayant disposé de moyens et de logistique comme celle de l'expérience dix courts dix regards, production privée soutenu par les pouvoirs publics. Les films, bien que très médiatisés, au point de figurer au programme de la journée tunisienne à Cannes dans la section : Tous les cinémas du Monde, restent d'une légèreté et d'une platitude plutôt télévisuelle
Mais le tableau n'est pas tout noir. Dans cette marée d'image plate, quelques percées restent dignes de tout respect et donne espoir. Pour l'essentiel, elles viennent de la vieille école, celle du cinéma amateur. Comme quoi c'est l'héritage de la vieille cinéphilie qui continue de porter du bon vent. L'histoire retiendra certainement Le Cuirassé Abdelkrim de Walid Mattar, Taalila de Anouar Lahouar, Croque Urbain de Radhwan Meddeb. Le paradoxe là encore, c'est que ces films ne sont pas assez médiatisés sinon dans les cercles cinéphiles.
Pourtant les occasions ne manquent pas. Les manifestations cinématographiques se multiplient d'une manière remarquable. Elles concernent surtout les courts métrages, possibilités de financement exigent. La soirée du court métrage de l'Association Tunisienne Pour la Promotion de la Critique Cinématographique, les Nuits cinématographiques de Nabeul, les Rencontres Cinématographiques de Hergla, la Tente de Hamam Laghzez et tout récemment le Festival du Film Expérimental de Sousse sont autant d'espace de visibilité pour la production nationale. Et il y en a assez de films pour nourrir les programmes de toutes ces productions. C'est pourquoi pour l'année 2007, l'ATPCC a fini par organiser une double soirée du court métrage tellement il y un nombre suffisant de films. Pour l’année 2008, il va y avoir certainement plus de film et plus d’une seule nuit. Elle est encouragée également par le nouveau cinéma récemment rouvert, FilmAfricArt. Un autre élément qui ramène du bon vent sur le secteur de l'exploitation et de la distribution. En cette veille des Journées Cinématographiques de Carthage l’on se demande quelle image ce festival va présenter de la production nationale.
L'on assiste donc tant bien que mal et malgré les différents types de dysfonctionnements structurels à un contexte d'effervescence et de dynamique de production spontanée. Il faut espérer qu'il en sortira quelque chose. Non seulement de la quantité sortira toujours quelques bons produits de qualité. Mais en plus, dans le domaine de la Culture et de l'Art, il y a toujours possibilité de recyclage de la médiocrité par une logique peu explicable. La multiplication engendre la confrontation, laquelle pousse à la concurrence, laquelle donnera de la motivation de faire de mieux en mieux. De cet ensemble de tâtonnements, la jeune génération finira par trouver ses propres points de repères et apprendra de ses maladresses. Cette énergie éparse finira par se structurer spontanément autour de quelques orientations, quelques principes de fonctionnements. C'est que l'on pourra dire que la mayonnaise n’a pas encore pris. Pour l'instant remuons et remuons encore.
Le Festival International du Cinéma du Moyen-Orient

En paillettes et glamours
Le cinéma n’échappe pas au petro- dollar. Depuis quelques années seulement, les pays du Golfe, et plus particulièrement les Emirats Arabes Unis se place parmi les destinations cinématographiques les plus prisées. Après Dubai, voici qu’Abu Dhabi s’y met et fait même de la surenchère en attirant les stars Hollywoodiennes. Dans un contexte où il n’y a même pas de production cinématographique, c’est au mieux mieux.
Pour cette deuxième édition du Festival International du Film du Moyen-Orient qui se tiendra du 10 au 19 Octobre des dizaines d'Arabes et de célébrités internationales et les cinéastes ont confirmé leur présence. Le tapis rouge et la cérémonie d'ouverture feront honneur à Antonio Banderas et Melanie Griffith. Lors de la soirée inaugurale sera projeté "The Brothers Bloom", el film réalisé par Rian Johnson et produit par Endgame et Summit Entertainment.
Mohamed Khalaf Al Mazrouei, vice-président de MEIFF et directeur général de l'Autorité d'Abou Dhabi pour la culture et du patrimoine (ADACH) - a déclaré: «Malgré le fait que nous sommes seulement deux ans, MEIFF a réussi à établir une excellente réputation parmi les manifestations similaires dans le monde entier ». Et il n’a pas manqué de préciser que l’éclat de la manifestation est lié à la qualité de ses invités. "Cette année, nous avons un éventail de célébrités confirmé pour notre événement. Nous sommes extrêmement fiers de les accueillir à Abu Dhabi - une ville qui est pleine de surprises et à travers un tel événement, nous sommes en mesure de les montrer avec brio », a-t-il ajouté.
Du côté arabe, le MEIFF accueillera également un bon nombre de stars, égyptienne pour l’essentiel pour ne pas faire exception à la règle de tous les festivals arabes. Les communiqués de presse annoncent les acteurs et actrices; Yosra, qui sera également un membre du jury du Black Pearl Awards, Elham Shaheen, Hussein Fahmy, Kahled Saleh, Jamal Soliman , Shérif Mounir, Hala Sedki, Fathi Abdel Wahab, Latifa, Saloom Haddad, Libliba, Khaled El Nabawy et Safeya Al Emary, Mohamed Heneidi, Solaf Fawakhirji, Haïfa Hussain, Saad Al Faraj, Abdul Hussain Abdul Rida, Dawood Hussain, Duraid Lahham, entre autres. Le mois dernier, lors d'une conférence de presse pour annoncer des présentations spéciales, Nashwa Al Ruwaini, directrice du festival a annoncé que Jane Fonda sera également présente, et sera honorée par prestigieux Prix du Black Pearl. Vont également assister à cette deuxième édition Catherine Deneuve, Susan Sarandon et Laila Alawi qui participeront au panel « Cinéma Vérité / MEIFF 2008 » qui se tiendra les 14 et 15 Octobre et qui portera sur le thème de « la conscience sociale au cinéma ».
Rappelons que le Festival International du Cinéma du Moyen-Orient, qui se tient à Abou Dhabi, est un événement annuel et un projet de l'Autorité d'Abou Dhabi pour la culture et du patrimoine (ADACH). Le Festival est un événement culturel dédié au cinéma du mondial dans sa diversité et à l'introduction des cinéastes du monde entier aux communautés de la région. Cette année, la MEIFF va voir plusieurs nouveaux ajouts à un calendrier déjà passionnant. Pour la première fois, il y aura une section du Festival se concentrant sur les films de l'environnement ainsi qu’une vitrine sur les documentaires mettant en relief les 60 années écoulées depuis la division de la Palestine. Cette deuxième édition fera de la place également à l’industrie de l’image à travers plusieurs initiatives et forum.
Hassouna Mansouri
Le cinéma n’échappe pas au petro- dollar. Depuis quelques années seulement, les pays du Golfe, et plus particulièrement les Emirats Arabes Unis se place parmi les destinations cinématographiques les plus prisées. Après Dubai, voici qu’Abu Dhabi s’y met et fait même de la surenchère en attirant les stars Hollywoodiennes. Dans un contexte où il n’y a même pas de production cinématographique, c’est au mieux mieux.
Pour cette deuxième édition du Festival International du Film du Moyen-Orient qui se tiendra du 10 au 19 Octobre des dizaines d'Arabes et de célébrités internationales et les cinéastes ont confirmé leur présence. Le tapis rouge et la cérémonie d'ouverture feront honneur à Antonio Banderas et Melanie Griffith. Lors de la soirée inaugurale sera projeté "The Brothers Bloom", el film réalisé par Rian Johnson et produit par Endgame et Summit Entertainment.
Mohamed Khalaf Al Mazrouei, vice-président de MEIFF et directeur général de l'Autorité d'Abou Dhabi pour la culture et du patrimoine (ADACH) - a déclaré: «Malgré le fait que nous sommes seulement deux ans, MEIFF a réussi à établir une excellente réputation parmi les manifestations similaires dans le monde entier ». Et il n’a pas manqué de préciser que l’éclat de la manifestation est lié à la qualité de ses invités. "Cette année, nous avons un éventail de célébrités confirmé pour notre événement. Nous sommes extrêmement fiers de les accueillir à Abu Dhabi - une ville qui est pleine de surprises et à travers un tel événement, nous sommes en mesure de les montrer avec brio », a-t-il ajouté.
Du côté arabe, le MEIFF accueillera également un bon nombre de stars, égyptienne pour l’essentiel pour ne pas faire exception à la règle de tous les festivals arabes. Les communiqués de presse annoncent les acteurs et actrices; Yosra, qui sera également un membre du jury du Black Pearl Awards, Elham Shaheen, Hussein Fahmy, Kahled Saleh, Jamal Soliman , Shérif Mounir, Hala Sedki, Fathi Abdel Wahab, Latifa, Saloom Haddad, Libliba, Khaled El Nabawy et Safeya Al Emary, Mohamed Heneidi, Solaf Fawakhirji, Haïfa Hussain, Saad Al Faraj, Abdul Hussain Abdul Rida, Dawood Hussain, Duraid Lahham, entre autres. Le mois dernier, lors d'une conférence de presse pour annoncer des présentations spéciales, Nashwa Al Ruwaini, directrice du festival a annoncé que Jane Fonda sera également présente, et sera honorée par prestigieux Prix du Black Pearl. Vont également assister à cette deuxième édition Catherine Deneuve, Susan Sarandon et Laila Alawi qui participeront au panel « Cinéma Vérité / MEIFF 2008 » qui se tiendra les 14 et 15 Octobre et qui portera sur le thème de « la conscience sociale au cinéma ».
Rappelons que le Festival International du Cinéma du Moyen-Orient, qui se tient à Abou Dhabi, est un événement annuel et un projet de l'Autorité d'Abou Dhabi pour la culture et du patrimoine (ADACH). Le Festival est un événement culturel dédié au cinéma du mondial dans sa diversité et à l'introduction des cinéastes du monde entier aux communautés de la région. Cette année, la MEIFF va voir plusieurs nouveaux ajouts à un calendrier déjà passionnant. Pour la première fois, il y aura une section du Festival se concentrant sur les films de l'environnement ainsi qu’une vitrine sur les documentaires mettant en relief les 60 années écoulées depuis la division de la Palestine. Cette deuxième édition fera de la place également à l’industrie de l’image à travers plusieurs initiatives et forum.
Hassouna Mansouri
Libellés :
Abou Dhabi (10-19 octobre 2008)
Anna Magniani, La Mamma

Après la VHS, le DVD a encore plus révolutionné le monde de l’image. Nulle n’ose aujourd’hui remettre cette vérité en question. C’est surtout le plaisir de redécouvrir les chefs-d’œuvre qui rend ce nouveau support incontournable. C’est l’idée à laquelle on ne peut échapper face à une édition spéciale de deux disques consacrés par la collection « Home Screen » à deux monuments de l’histoire du cinéma : Luchino Visconti avec Bellisima et Pier Paolo Pasolini avec Mamma Roma
Les deux films ont plus d’un point commun. Outre la place de choix qu’il ont dans l’édifice du néoréalisme, du reste évidente, c’est aussi la figure d’Anna Magniani, superbe et toujours impassible à l’effet du temps. S’il y a une actrice qui a bien porté tout un courant cinématographique sur les trait les plus fins de son visage et marqué à jamais la mémoire des cinéphiles, ce sera sans conteste cette brune italienne.
Dans les deux films Anna Magniani incarne la figure mythique de l’Italie. La « Mamma italiana » lui colle à la peau. Dans Mamma Roma, elle est une prostituée reconvertie qui mène un combat sans merci pour retrouver son fils qu’elle avait abandonné dans une pension. Dans Bellisima, elle fait des mains et des pieds pour que sa fille soit retenu dans un casting. Les deux génie du cinéma mettent en scène, le cliché le plus répondu sur la société italienne, mais leur brio leur sert pour nous laisser deux œuvres majeures du réalisme.
A quarante ou cinquante années après, Bellisima date de 1952, Mamma Roma de 1962, les films ne vieillissent pas. Les deux auteurs restent deux références incontournable dans la peinture des petites gens, qui se battent pour la survie ou pour le rêve. Ces deux films du début de la période du néoréalisme, il s’agit du deuxième film pour chacun des deux réalisateurs, sont deux cas d’école. Cette édition, outre le plaisir et la jouissance cinéphilique, donne l’exemple d’un cinéma qui fera partie du patrimoine humain.
Les deux films ont plus d’un point commun. Outre la place de choix qu’il ont dans l’édifice du néoréalisme, du reste évidente, c’est aussi la figure d’Anna Magniani, superbe et toujours impassible à l’effet du temps. S’il y a une actrice qui a bien porté tout un courant cinématographique sur les trait les plus fins de son visage et marqué à jamais la mémoire des cinéphiles, ce sera sans conteste cette brune italienne.
Dans les deux films Anna Magniani incarne la figure mythique de l’Italie. La « Mamma italiana » lui colle à la peau. Dans Mamma Roma, elle est une prostituée reconvertie qui mène un combat sans merci pour retrouver son fils qu’elle avait abandonné dans une pension. Dans Bellisima, elle fait des mains et des pieds pour que sa fille soit retenu dans un casting. Les deux génie du cinéma mettent en scène, le cliché le plus répondu sur la société italienne, mais leur brio leur sert pour nous laisser deux œuvres majeures du réalisme.
A quarante ou cinquante années après, Bellisima date de 1952, Mamma Roma de 1962, les films ne vieillissent pas. Les deux auteurs restent deux références incontournable dans la peinture des petites gens, qui se battent pour la survie ou pour le rêve. Ces deux films du début de la période du néoréalisme, il s’agit du deuxième film pour chacun des deux réalisateurs, sont deux cas d’école. Cette édition, outre le plaisir et la jouissance cinéphilique, donne l’exemple d’un cinéma qui fera partie du patrimoine humain.
Hassouna Mansouri
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