Monday, 28 March 2011

Hommage aux artistes de la Révolution

http://www.taz.de/1/leben/film/artikel/1/die-tuer-des-todes-oeffnet-sich/

L’un des phénomènes qui s’est produit après la révolution c’est qu’il y a une forte attente de voir des images des événements outre celle de facebook et youtube. L’art de la révolution commence à circuler un peu partout. Le Festival de Milan du cinéma africain d’Asie et d’Amérique latine est l’une des premières occasion où des activités on eu lieu dans le but de réinterroger les événements qui ont reconfiguré l’Afrique du Nord, en attendant le reste.
La révolution a été a été présente à plusieurs niveaux. Au départ il y a la participation des artistes. Lors d’une table ronde consacrer à l’analyse de l’actualité de la Révolution, des cinéastes venant de Tunisie (Fadhel Jaibi, Nouri Bouzid), Algérie (Mounès khammar, Abdenour Zahzeh), Egypt (Ahmad Abdallah). Les interventions de ces artistes ont permis de développer dans les détails sur les événements et le sens qu’ils ont et les orientations possible que cela pourrait prendre.
A ce titre les différences entre les changements en Tunisie et ceux en Egypte et plus encore les balbutiements en Algérie et dans le reste du monde arabe. L’un des points sur lequel il y a plus ou moins, consens c’est les raisons générales de l’explosion. Tous les cinéastes ont mis l’accent sur l’absence des espaces de liberté, l’impunité et la corruption, l’injustice sociale, l’absence de l’État de droit etc.… comme étant les maux qui ont pousser la jeunesse à se lever et à dire : cela ne peut continuer. Par contre c’est sur l’avenir qu’il y a divergence même si l’indécision est de règle. S’il y a des éléments d’analyse sur l’avant, le future se radin en termes d’indications sur ce qui adviendra de ces société et de cette jeunesse et qui a décider de ne plus accepter aucun compromis.
La question principale qui fait l’objet d’un échange assez concret c’est celle qui a porté sur le rôle des artistes en amont de la révolution et leurs espoirs de voir plus de marges de liberté en aval. Si Ahmad Abdallah est optimiste quant à la levée de la censure qui handicapait la création cinématographique en Egypte. En Tunisie, les attentes sont beaucoup plus importantes. Les cinéastes sont impatients de voir de voir le projet de réforme initié avant le 14 janvier se concrétiser et d’être plus en phase avec la réalité puisqu’il fera l’objet de plus de concertation des professionnels et sera de ce fait même plus proche de la réalité.
Par rapport à l’effet direct sur les projets artistiques. Tous les participants ont reconnu devoir beaucoup à la révolution en terme d’inspiration. Contrairement aux media, la création artistique a en effet besoin de s’installer dans le temps. On apprend par exemple que la nouvelle pièce de Familia sera une lecture de la révolution à travers le thème du corps. Nouri Bouzid est voit son inspiration complètement libérer et entreprend la récriture du scénario pour lequel il avait reçu une aide à la production et qui se trouve, effet direct de la révolution, libéré de tous les arguments de la censure qui le limitaient auparavant.
Ceci pour ce qui est du futur. Pour le moment, il y a d’autres images que le public a pu découvrir. Il s’agit de travaux réalisés par des jeunes étudiants en audiovisuel parmi ceux qui ont manifesté dans les rues de Tunisie. Encadré par leur professeur, Nouri Bouzid, les jeunes essayent donne événements des formes en allant dans les rues, se mêler à la foule et interroger les révolutionnaires. Ainsi, ont-ils pu sonder les attentes du peuple, les espoirs mais aussi les contradictions et les dérives. Fraîchement sortie des stations de montages d’une école de cinéma, les images sont les signes d’un perfectionnement professionnel, celui des étudiants, mais aussi un univers général d’apprentissage révolutionnaire, celui du peuple qui a mis fin à la dictature mais qui peut-être ne sait pas dans quelle direction aller.
Un autre produit artistique a interpellé les festivaliers. En marge du festival du cinéma, un concert de rap tunisien a eu lieu à l’initiative de l’Association Gli Ultime Carovane, président par le Tunisien Mohamed Challouf et de la radio italienne Radio Popolari. Les stars du programme, baptisé « Canti dall revoluzione tunisina », sont des jeunes, tels que Madou MC et Zenji, issus du cartier de la Kabbarya qui étaient depuis longtemps actif dans les circuit underground de la musique jeune assoiffée de prendre la scène qui lui était interdite. Les texte rap sont inspiré par l’atmosphère étouffante d’avant la révolution. Ceux du moment, sont pleins d’espoir et de liberté. Les opprimés d’hier sont les stars d’aujourd’hui. Ils ont tenu bon et leur résistance a fini par donner ses fruits. Leurs textes sont des témoignages de l’esprit qui dominait la jeunesse pendant des années de parole interdite.
En terme de cinéma ou en chanson, l’image de la Tunisie nouvelle circule donc. Il y a un moment d’euphorie qui profite aux artistes qui autrement seraient restés anonymes dans l’ombre. La révolution aura réalisé ce que les anciens régime peinaient à faire : donner de la visibilité au génie de ces sociétés qui n’en manquaient pas et qui était condamné à évolue dans l’ombre subissant le double poids de l’injustice de l’ordre mondial d’une part et celui de l’absence de toute volonté de promouvoir l’art comme force vive de la société. Il était temps…

Friday, 11 February 2011

Solidarity with Jafar Panahi

The world of a filmmaker is marked by the interplay between reality and dreams. The filmmaker uses reality as his inspiration, paints it with the color of his imagination, and creates a film that is a projection of his hopes and dreams.

The reality is I have been kept from making films for the past five years and am now officially sentenced to be deprived of this right for another twenty years. But I know I will keep on turning my dreams into films in my imagination. I admit as a socially conscious filmmaker that I won’t be able to portray the daily problems and concerns of my people, but I won’t deny myself dreaming that after twenty years all the problems will be gone and I’ll be making films about the peace and prosperity in my country when I get a chance to do so again.
The reality is they have deprived me of thinking and writing for twenty years, but they can not keep me from dreaming that in twenty years inquisition and intimidation will be replaced by freedom and free thinking.
They have deprived me of seeing the world for twenty years. I hope that when I am free, I will be able to travel in a world without any geographic, ethnic, and ideological barriers, where people live together freely and peacefully regardless of their beliefs and convictions.
They have condemned me to twenty years of silence. Yet in my dreams, I scream for a time when we can tolerate each other, respect each other’s opinions, and live for each other.
Ultimately, the reality of my verdict is that I must spend six years in jail. I’ll live for the next six years hoping that my dreams will become reality. I wish my fellow filmmakers in every corner of the world would create such great films that by the time I leave the prison I will be inspired to continue to live in the world they have dreamed of in their films.
So from now on, and for the next twenty years, I’m forced to be silent. I’m forced not to be able to see, I’m forced not to be able to think, I’m forced not to be able to make films.
I submit to the reality of the captivity and the captors. I will look for the manifestation of my dreams in your films, hoping to find in them what I have been deprived of.

Thursday, 10 February 2011

The Jasmine Revolution was not a surprise.

The whole world is looking to the shake of regims in Middle East and in North Africa. First was Tunisia, now Egypt and likely the rest of the region will be soon reached by the same wind .
In all parlements of the EU there are talks about how the hurricane of change which started in Tunisia and is right now boiling in Egypt is forcing everybody to revise its approach towards these societies. This is politics.
In All televisions and all newspapers there are talk-shows and special programs about scoops and sensational events. This is media.
Both of them present the uprising of those two populations as a surprise.
Artits and specialists will gather and look at the phenonmenon from the point of view of art and culture.
Come and meet Tunisian intellectuals, Egyptians and Dutch in a special discussion around fragments of cinema, theater and music coming from two societies since years already in ebullition.

Basra, Ahmad Rashwan, Egypt/Syria, 2008

Starring : Basem Samra, Yara Goubran, Eyad Nassar, Nahed El Sebai, Mohamed Al Ahmady, Fatma Adel, Christine Soliman
How can an Egyptian photographer, in his thirties, surpass his own disappointments & fears? How can he find an answer to the existential questions related to life, death, sex and logic amidst his awareness of all the absurdity around him? Can this artist remain alive (breathing, thinking, and photographing) surviving the oppressive atmosphere?

Satan’s Angels, Ahmad Boulane, Marocco, 2007
Starring: Mansour Badri, Fahd Benchemsi, Rafik Boubker, Younès Megri, Driss Roukhe
Casablanca (Maroc), 2003. 14 young hard-rockers are arrested and condemned for sentences from 3 months to 1 year. What are the accusations? Satanism and shaking the foundations of Islam. They are charged with "upsetting the Muslim faith". The legal authorities give this trial an absurd dimension. The media and society are up in arms... Based on actual events.

Maiking of… Kamikaze, Nouri Bouzid, Tunisia, 2006
Starring : Lotfi Abdelli, Lotfi Dziri, Hanene ben Mahmoud, …
Bouzid is not very keen on religion but respects tradition. Like for the rest, he strives to defuse the criticism he anticipates even before it is voiced. By tackling terrorism from a more intimate and cultural rather than detective aspect, he offers Arabs both a self-examination and proposes an inversion of racist Western clichés.

Microphone, Ahmad Abdalla, Egypt, 2010
Starring : Khaled Abol Naga, Menna Shalabi, Yosra El Lozy
Khaled returns to Alexandria after many years of absence. By sheer coincidence, he meets some hip-hop singers on the sidewalk, rock musicians on the rooftops of ancient buildings and young people who paint shocking graffiti on the walls at night.

The art of revolution: Tunisia, Egypte, what's next ?

See the live streaming of the evening.
http://www.debalie.nl/live/live_2010.jsp

Wednesday, 9 February 2011

The evident ethic, Tunisian revolution; end of postcolonization.

One of the results of the Tunisian/Egyptian revolution and the boiling in other societies in the Middle East and in North Africa is that the world is forced to look in a different way to these populations and to rethink the global order. Perhaps !... This seems to be possible now because thanks to this eruption, the image of this region and the way it was represented is turned upside down. What changed really is that these societies stepped over two disabilities: the fear from the bloody repression of the dictatorship and the inability to represent itself. For a longtime populations in the region were represented; they were never given the possibility to represent themselves.

The World is “surprised” by the events in Tunisia and in Egypt. Few weeks ago, Tunisia was an example of political and social stability. The stability of the Egyptian society was guaranteed by the regime Mubarak. Although the rulers of the world already knew how things were going wrong. The main issue is then not information. Everything was already well known. Wikileaks revealed enough about this.

The two counties were very often reduced to holiday destinations. As a tourist one could not see or feel this deep suffocation. Obviously, the sunny beaches of the tourist zones and the circuits of souvenir shops in the narrow streets of the medina of Tunis or the old Cairo were far away from the poor and neglected small villages and cities of the countryside and the neighborhoods surrounding the big cities. There were the rumbling volcano’s that were about to erupt.

This is a very important moment in History. It doesn’t concern the region only. The whole world system is based on the way one part of it looks at the other. There was a moment when some people were considered like beasts. The civilized world used them as slaves. Then came another moment when they were seen as human beings but still not civilized enough. They needed to be protected, colonized. After what was called “de-colonization”, they needed to be helped via a world process of development. All this was nothing else but different forms of perverse and vicious tutorship. There was always a connection between the image one makes of the other, and the way it despoils it. The system consists of reducing the other to the situation of subaltern in order to control it: “They cannot represent themselves; they must be represented”, dixit Karl Marx talking about the labor class in the 19th century.

What is happening now is that the snake is biting its tail. The western world provides internet and all kinds of technologies to its accomplices regimes. It provides them also with the necessary programs to control their populations and to spy at users. The same technology which was sophistically developed in order to control the subaltern is used by this one to put the system upside down. And this worked well mainly because it gave the populations the possibility to make its own image and not let it made by others anymore as was the case for a long time. The Tunisian/Egyptian revolution is made possible thanks to the democratization of the image.

First, there was the failure of a policy based on an absolute priority given to security. Look at the debate in the French parliament about the suggestion, made by the foreign affairs minister, of helping the Tunisian police, the 1.5 Millard of US Dollar supplied to the Egyptian army by the USA on a yearly basis, the new Dutch mission in Afghanistan (Kunduz)… It is all about direct security measures.

The most important victory of the Tunisians and the Egyptians is that they could make their own image, they could represent themselves. Images exchanged on Facebook and other virtual social networks are important not only because they inform, they are important because they show Tunisian and Egyptian youth like they want to be seen. They could do it outside of the traditional circuit of imaginary: televisions, official discourses, Medias…

Clips on Facebook and YouTube representing the revolution are like reports from Vietnam in the sixties going beyond the official propaganda of the media or the US army at that time. They have the same effect like the images of Abu Ghraib after the war in Iraq. The importance of these images is that they serve as reverse shot or low-angle shot to official versions. By doing so, they put the Humanity in front of its ethic evidence .

The same thing can be sad about the work of Tunisian and Egyptian artists during these long years of oppression. Braving censorship, economic pressure, lack of freedom,… they have to fight from inside of a draconian bureaucratic system for any possibility to make their work feasible. Most of the time they have to make concessions, they have to face censorship commissions. Even though, talented artists could find their way through the very tight margins left by the monster.

While political analysts and medias present numbers and statistics to find arguments to describe what is happening, while journalist and columnists look for the right formulas to depict what was unimaginable few weeks ago, we look back and we find that some people were aware of the process that lead to this. Tunisian and Egyptian filmmakers, theater directors, musicians etc… were listening to the youth in their countries for years already, and trying to give them the voice they were denied.

The young people we see in the streets and the central squares of Tunis, Cairo and Alexandria are those you could see in the recent year’s cinema. Films by Nouri Bouzid, Fadhel Jaibi, Ahamad Abdalla, Ahamad Rashwan… witnessed the grumbling of the volcano before it erupted. Their films are a barometer of the pressure and the breathless atmosphere growing in their societies. Mostly it is about independent productions focusing on the suffocating atmosphere, the youth’s frustrating daily life due to the power of the police. Young people were prevented not only from their political and civil rights but also even from any possibility of entertainment and artistic creativity.

These artists were able to see what the World didn’t dare to see. It didn’t look, or didn’t want to look, at the suffering of these young people standing between the hammer of poverty and unemployment on the one hand and the anvil of the oppression and dictatorship that the western world validates and even supports. It didn’t want to see that the terrorism it is fighting is the product of its policy in the region and not the other way round. Poverty, frustration and marginalization of young people push them into the spiral of fundamentalism. The World created a monster in order to justify the policy of security.

The pragmatic status quo on the name of whatever works/as far as it works could not stand for ever. There is a simple reason for that: all pressure must lead to an explosion. What happened in these two countries (until now) was a result of a time bomb produced by the global policy based on security. The most sophisticated technology of surveillance and the biggest investment in security measures were not and will never be able to hold a population under eternal control.

The reaction of the Tunisian and Egyptian populations is not only against their political leaders, but also against a global postcolonial mechanism. It was boiling since years, artists witnessed this, and social networks accelerated it.

What happened in short is that Tunisian and Egyptian youngsters by making themselves seen, they jumped from being nothing, when nobody looked at them really, to stand as an All, because they challenged the whole global system and not only their rulers, to finally accept to be Something, because things are still going on and we know that they will not really have what they want.

Let me Remember the three words of Abbé Seyès at the beginning of the French Revolution concerning the Tiers Etat (one of the three components of the French parliament at that time in addition to the aristocracy and the Church): All, Nothing, Something. In a democracy what is the People? All, what was it until now in Tunisia and Egypt? Nothing. What will it be from now on? Something.

Meanwhile, everybody knows that many agencies are already working for a future in the region and a new way of dealing with these societies. The call for quick elections and peaceful transition as soon as possible is not in favor of a real change. This is not for tomorrow. Most likely we will have a new status quo for another cycle of twenty/ thirty years.

For the time being let’s keep an Eye on artists whose work will perhaps be more than useful at a long term.

Notes :
Karl Marx, The Eighteenth Brumaire of Louis Bonaparte
Nathalie ROELENS, « L'évidence des photos aériennes d'Auschwitz », Nouveaux Actes SémiotiquesAbbé Seyès In his famous pamphlet : Qu’est-ce que le tiers état, january 1789

Sunday, 6 February 2011

L'Afrique coute que coute

Il y a un an le Festival International du Film de Rotterdam a présenté un programme spécial consacré a l’Afrique ; Forget Africa. Outre les rétrospectives de doyens comme Mustapha Alassane et des films restaurés datant du début du siècle dernier, une sélection de films produits dans le cadre d’un atelier ont fait l’objet d’une section à part. Elle est le fruit d’une expérimentation invitant des réalisateurs internationaux à rencontrer des talents africains chez eux pour travailler ensemble. Cette année l'expérience a consisté à déplacer en Chine sept jeunes cinéastes africains invités pour tourner au «Pays du Dragon».

L'expérience est dirigée par l’un des programmeurs du festival Ghertjan Zuilhof qui en est l’initiateur et le producteur. Il trouve en cela une manière de renverser le cour des choses. Lors de la première phase du programme, il avait constaté la forte présence des Chinois sur le continent noir. L'expérience devrait être facilement réalisable puisque beaucoup de cinéastes des deux parts , particulièrement les jeunes, sont habitués à travailler dans les mêmes conditions de production à petit budget.
Pendant le festival, et outre la programmation des films produit dans le cadre de cet atelier, une journée spéciale a été consacrée à l’Afrique sous le titre, assez cavalier, de Raiding Africa. Pendant une journée entière, le public a pu suivre un programme alternant projections de films et débats et aboutissant à une fête donnée en l’honneur des participants animée par une musique métisse hollando-éthiopienne. Outre les questions de curiosité, les débats ne sont jamais allés assez loin. Les films, faut-il l'avouer. sont d’une facture plutôt amateur. Ils manquent terriblement d'idée, une mise en scène très naïve et des sujets superficiels et clichés : Kung Fu, manger avec des baguettes, …
Le plus important cinématographiquement se passait ailleurs. Ibrahim Elbatout est venu présenter son nouveau né Hawi. Dans une section parallèle ou on retrouve aussi deux films sud-africains A Small Town called Descent de Jahmil Qubeka et Speak réalisé par un groupe de rap Yes ! That's us et coproduit par l'Uganda. Ces trois films, bien qu'ils soient des productions indépendantes viennent de deux pays ou la production est la plus importante sur le continent : l'Egypte avec son historique industrie de cinéma et de la télévision et l'Afrique du Sud avec son industrie émergente qui est en train de faire de l'ombre au reste du continent.
Ailleurs, plusieurs courts métrages dignes de tout respect sont éparpillés dans plusieurs sections. O Saloo azul de Luciano Hees (Mozambique) à titre d’exemple est une analyse sociale très subtile de la société à travers un montage parallèle de scènes où l'on voit des Dames dans un salon de coiffure et d’autres de femmes en plein travail. Subverses d'Ella Raidel (Autriche/Mozambique) est un autre film qui, avec China meets Africa des frère Francis (Royaume Uni), interroge la présence chinoise en Afrique. Est-ce une échappatoire au poids de la présence occidentale, ou bien une autre forme d'impérialisme sans âme conduit par les multinationales orientales ?
Toujours est-il qu'à Rotterdam cette année la présence Africaine reste respectable. Dans un festival ouvert aux nouveaux talents du Monde entier, il y a espoir de voir des jeunes africains émerger. Mais peut-être que plutôt que de vouloir les catalyser, leur laisser la possibilité d'évoluer par eux-mêmes en leur dotant d’un tout petit peu plus de moyens. Quand on voit la qualité relative des films produits dans le cadre du programme d’encadrement mené par trois festivals européens (Göteborg, Rotterdam et Milan) on se pose beaucoup de question quant à l'utilité de ce genre d'expérimentations. Les films d’inspiration locale sont nettement plus authentiques. Ce qui manque, reste encore les moyens de tout ordre mais sur place et pas besoin d’aller jusqu’en Chine.

Friday, 4 February 2011

The Art of Revolution: Tunisia, Egypt, what's next?

The world is surprised by the events in Tunisia. Until a few weeks ago, Tunisia was put as an example of political and economical stability by the western world. From outside, nobody could expect what is now known as the ‘Jasmine Revolution’. Although the rulers of the world already knew about how things were going wrong. A young Tunisian who burned himself – in the news presented as a fact – was the starting point of the uprising of the Tunisians against a dictatorship, a nondemocratic regime and a mafia. The fact is that the Tunisian people was living under a system of oppression which during more than twenty years left no room for freedom: no free press, no free internet, no real opposition, no independent NGO’s, no syndicate… Numerous Tunisian films that used the space provided by the secular approach of the regime that were subversive towards the regime. In theatre, film and video artists at least tried to show something of the suffocating atmosphere. From that point of view Making off by Nouri Bouzid is an excellent example. The film shows the frustration of the Tunisian youth. It shows how young people have no liberty at all. The filmmaker quite guessed the explosion that the world witnesses today. And there were other young filmmakers who witnessed the suffocation of a nation. The last couple of years one could see a big number of independent short films made with local and small possibilities. A lot of these films were connected to the heavy oppression that the regime put on the Tunisian society but they were could not get abroad. We also want to show video's from performances from Tunisian theatre that always has been very strong, like the plays by Fadel Jaibi, notably his Khamsoun, which was forbidden by the censorship for a while. Those by Toufik Jebali of El Teatro, the dance productions by Selma and Sofian Ouissi, could be also very pertinent. For the Dutch – same as for all Europeans - Tunisia was mainly a holiday destination. As a tourist one could not see or feel this deep tension. Obviously, the sunny beaches of the tourist zones and the circuits of souvenir shops in the narrow streets of the medina were far away from the poor and neglected countryside and the popular neighborhoods of the big cities – the rumbling volcano’s that were about to erupt. Showing some of these works of art could be an invitation to the public to have a deeper look at what happened, and how artists in fact listened to what was happening in society. Partly due to the urgency and partly due to financial considerations, we propose to give an impression of those theatre performances through video presentations and debates. Contacts : Hassouna Mansouri e-mail: mansourihassouna@yahoo.fr Mobile: 0621877422 http://www.debalie.nl/artikel.jsp;jsessionid=AAE83A4FF5694DB16376DA580BF207F9?articleid=368493

Thursday, 20 January 2011

Who are we ?



The overall objective of the association From the South are:
a. to contribute to the cultural dialogue between North and South;
b. to provide support to artists and journalists from the south (those living in Europe but also in their own countries;
c. to facilitate all kinds of contacts and networking between artists from the South and from Europe;
d. to help organizations from the south to develop projects (festivals, workshops, conferences,...) and all kinds of activities contributing to the promotion of artistic and cultural initiatives.
e. to promote cultural projects connected to economic development of societies of the South.


Means and activities
Article 3
To attain its objects, the association shall:
a. organize seminars and conferences to promote its objects and to exchange experience and expertise between professionals in cultural fields from Europe or / and from the South,
b. professionalize the artists by organizing workshops and meetings,
c. organize festivals and meeting to promote knowledge of cultural differences,
d. edit publications on different cultural specificities,
e. promote networks between artists and intellectuals from the South living in Europe,
f. work for better integration of artists and journalists in European contexts,
g. and take any further necessary actions to attain its objectives.

Wie Zijn We ?



Vanuit het Zuiden heeft tot doel:
1. Bij te dragen aan de culturele dialoog tussen Noordelijke en Zuidelijke landen;
2. Ondersteuning te bieden aan artiesten en journalisten uit Zuidelijke landen (ongeacht of zij in Europa of elders wonen);
3. Het faciliteren van onderlinge contacten tussen artiesten uit Zuidelijke landen en Europa;
4. Het ondersteunen van organisaties uit Zuidelijke landen met het ontwikkelen van projecten (festivals, workshops, conferenties) en alle voorkomende activiteiten die bijdragen aan de promotie van artistieke en culturele initiatieven;
5. Het promoten van culturele projecten die verbonden zijn met en/of bijdragen aan de economische ontwikkeling van Zuidelijke landen.


Teineinde haar doelen te bereiken zal de vereniging:
1. Seminars en conferenties organiseren om te stimuleren dat professionals uit de cuturele sector in Europa en Zuidelijke landen hun ervaringen en kennis met elkaar uitwisselen;
2. Workshops en ontmoetingen organiseren gericht op de versterking en professionalisering van artiesten;
3. Festivals en ontmoetingen organiseren om bewustwording van culturele verschillen op gang te brengen;
4. Schrijven en/of uitgeven van publicaties over diverse culturele issues;
5. Promoten van netwerken tussen artiesten en intellectuelen uit Zuidelijke landen die in Europa leven;
6. Zorgen voor een betere integratie van artiesten en journalisten in Europa;
7. en al het andere dat nodig is om haar doelen te bereiken.

Qui sommes-nous ?


Depuis le Sud est une organisation européenne installée à Amsterdam. Elle a été créé par un groupe d'intellectuels dans le but de faire Valloire l'apport des artistes et intellectuels non européens dans l'enrichissement des cultures européennes. A travers la mise en place d'un réseau impliquant les européens et les non européens vivant en Europe. Elle a pour but de promouvoir le dialogue entre les différentes cultures en Europe, le dialogue entre les cultures européennes et les autres cultures, former les jeunes à s'exprimer par l'image et par l'écrit dans l'optique de la tolérance et de l'acceptation de la différence comme source d’enrichissement.

L'Image confisquée

Écrire un livre sur le cinéma africain, tout comme faire un film en Afrique, est un acte dont le sens est d’emblée l’objet d’un grand point d’interrogation. Quel sens pourrait-il avoir dans un contexte où l’image se fait presque absente : une production indigente à un rythme de plus en plus ralenti, une distribution quasi-absente et un parc de salles réduit bientôt à zéro, une jeunesse sans appui structurel, sans points de repères et donc sans idées ? Lorsque le besoin premier s’exprime en termes de survie, lorsque les premières choses auxquelles on pense sont : se nourrir, se soigner, s’instruire…, investir dans l’Art, et sur tout dans un art aussi coûteux comme le cinéma, ou encore un art « inutile » comme l’écriture devient un luxe que les Africains ne peuvent ou ne doivent se permettre. Cela reste l’apanage du club des riches.
La cause du cinéma africain est-elle donc à ce point perdue ? L’existence de ce livre en soi devrait apporter quelques nuances. Les auteurs à qui le critique veut donner un peu de visibilité participent de cette résistance pour une image qui, si rien n’est fait, sera à jamais confisquée. En disparaissant, ce n’est pas seulement un continent qui sera tu, mais c’est le Monde entier qui sera amputé d’une partie de son imaginaire.
Titre : L’Image confisquée ; le cinéma du Sud ce Cinéma (de) subalterne.
Auteur : Hassouna Mansouri
Editeur : Depuis le Sud, Amsterdam (http://vanuithetzuiden.blogspot.com)
Année : 2010
ISBN : 978-90-9025819-5
Distributeur : Sillat Media, Amsterdam
www.sillatmedia.com

The Confiscated Image

Writing a book on African cinema, just like making a film in the Black Continent, is an act which sense is immediately subject to a big question mark. What meaning could it have in a context where the image is almost non-existent: indigent production with a more and more idle pace, a worse situation concerning distribution with the number of cinemas soon to be reduced to zero, a young generation of filmmakers without structural support, without points of reference and therefore with no ideas? When the primary need is expressed in terms of survival, when the first things one could think about, whenever it is about Africa, are still: food, health care, education... invest in art, especially in an art as expensive as film, or in a so "useless" art like writing becomes a luxury that Africans cannot or should not afford. That remains the prerogative of the rich clubs.
Is the cause of African cinema really wasted? The existence of this book in itself would make some adjustments and provide some nuances. The filmmakers to whom the critic wants to give some visibility are part of this fight for an image which, if nothing is done, would be confiscated forever. By disappearing, it is not only a continent that would be prohibited from the right to speak, but the whole world will lose a part of its imagination.
Title : L’Image confisquée: le cinéma du Sud, ce cinéma (de) subalterne
Author : Hassouna Mansouri
Publisher : From the South, Amsterdam (http://vanuithetzuiden.blogspot.com)
Year : 2010
ISBN : 978-90-9025819-5
Distributor : Sillat Media, Amsterdam
www.sillatmedia.com

Het geconfisqueerde beeld, Amsterdam, oktober 2010


Het schrijven van een boek over de Afrikaanse cinema, net als het maken van een film in het zwarte continent, is een handeling waarvan de zin onmiddellijk een groot vraagteken oproept. Wat voor zin heeft het in een context waar beeld vrijwel non-existent is: behoeftige productie met een meer en meer stationair tempo, een slechtere situatie aangaande distributie met het aantal bioscopen al snel gereduceerd tot nul, een jonge generatie filmmakers zonder structurele steun, zonder aanknopingspunten en dus zonder ideeën? Wanneer de primaire behoefte in termen van overleving worden uitgedrukt, als de eerste dingen waarover men zou kunnen denken, wanneer het over Afrika gaat, nog steeds zijn: voedsel, gezondheidszorg, onderwijs... wordt investeren in kunst, met name in een kunst zo duur als film, of in een zo ‘nutteloze’ kunst als het schrijven, een luxe die Afrikanen zich niet kunnen of niet mogen veroorloven. Dat blijft een privilege van de rijke clubs.
Is dan het bestaansrecht van de Afrikaanse cinema echt verspild? Het bestaan van dit boek op zichzelf zou enkele aanpassingen en nuances kunnen bieden. De filmmakers aan wie de criticus meer zichtbaarheid wil geven, maken deel uit van dit gevecht voor een beeld dat, als er niets wordt gedaan, voor altijd in beslag zal worden genomen. Door het verdwijnen van het beeld, is het niet alleen een continent dat het recht van spreken wordt ontnomen, maar zal de hele wereld een deel van zijn verbeelding verliezen.

Oorspronkelijk titel: L'Image confisquée: le cinéma du Sud, ce cinéma (de) subalterne
Auteur : Hassouna Mansouri
Uitgever : Vanuit het Zuiden, Amsterdam (http://vanuithetzuiden.blogspot.com)
Jaar : 2010
ISBN : 978-90-9025819-5
Distributeur : Sillat Media, Amsterdam
www.sillatmedia.com

Tuesday, 21 December 2010

Culture also worth it, isn't it ?


As you all have heard by now, Jafar Panahi has been convicted to six years in prison in his native country, Iran. The sentence extended by the additional punishment of being banned from directing or producing film, writing scripts, interviewing with media or traveling abroad for the next twenty years. Fellow filmmaker Muhammad Rasoulof also received a six-year sentence.

This is a virtual execution of an artist whose work has been social memory of a nation long suffering from a marked cultural tendency to suppress or repress the social history. Panahi and his films are the witness of a critical time. a witness to the power of art in developing countries and under censureship. And of course there is a sacrificial economy involved in whatever activity one does to resist the hegemony of the dominant power. Wrote Alireza Khatami on facebook

The Western World thinks only about the nuclear energy/weapon of Iran. USA and his friends act only when it is about their economical strategic interest. Let’ s push them to look also a little bit to cultural and human rights aspects. The case of Jafar Panahi and Muhammad Rasoulof must be put on the table of any discussions with the Iranian regime about any other issues like nuclear, oil, economy, politic... Culture also worth it, isn’t it ?

Sunday, 5 December 2010

Homeland by George Sluizer


A vitriolic new documentary from the director of "The Vanishing" revisits the Israel/Palestine conflict.Posted 10/21/2010 500 AM by Alison Willmore

Dutch filmmaker George Sluizer made a trilogy of documentaries entitled "Land of the Fathers" that followed two Palestinian families through their experiences in 1974, 1978 and 1983 -- the last, "Adios Beirut," he mentioned was sold to PBS but never broadcast. With "Homeland," one of the films making its world premiere at Abu Dhabi, Sluizer revisits those two families, now spread out over Lebanon, Colombia, the U.A.E. and other locations, and also puts himself and his feelings about the Israeli-Palestinian conflict center stage.
Sluizer will present his film on saturday december 11th in Tunis - Tunisia
He is invited by the Dutch Embassy in Tunis
The European organization Vanuit het Zuiden
The tunisian Association of Court Métrage et du Documentaire

Friday, 26 November 2010

IDFA, une édition engagée

Le rideau est levé sur la 23ème édition du IDFA, le festival le plus important au monde dédié au documentaire. Cette année l’évènement se tient dans une atmosphère très particulière sous le poids de la politique et des conséquences de la crise économique qui pèsent encore sur la culture et plus particulièrement sur le cinéma. Cependant, la richesse des sujets et l’affluence des spectateurs et des professionnels venus des quatre coins du monde n’a pas manqué au rendez-vous.
Dès le coup d’envoie, la couleur a été annoncée. L’édition 2010 du festival international du documentaire d’Amsterdam s’est placée sous le signe de la résistance des artistes contre les politiques. Partout en Europe, les gouvernements ne jurent que par les coupes budgétaires qui visent directement et en premier temps les institutions et les projets culturels. Les artistes répliquent en manifestant dans les rues et ne manque une occasion publique pour dénoncer ces mesures contre l’art et la culture au profit des finances et des affaires.
Les organisateurs de l’IDFA se sont inscrits dans cette même mouvance et ont lancé le “ruban doré” comme signe de contestation contre les coupes budgétaires culturelles. Dès l’ouverture une invitation fut lancée aux festivaliers de se rendre à un rassemblement public devant le plus grand théâtre des Pays-Bas à Amsterdam. Dimanche sur la place il y a eu plus de 700 mille manifestants contre la politique libérale qui a pris les reines du pouvoir depuis les dernières élections.
Cet activisme n’est pas étrange au festival. Le documentaire est un genre essentiellement engagé. Il est presque naturel que le festival qui lui est dédié donne l’exemple dans la défense de la culture. L’engagement se voit aussi dans la variété et la pertinence des sujets traités. Là encore le signe est donné dès le premier jour. Le public pouvait voir des films venant des pays les plus exposés à aux catastrophes les plus terribles: les génocides au Rwanda, la guerre civile au Congo, l’impasse du Sahara Occidental, les bidonvilles de l’Afrique du Sud, la vie en Afghanistan, un pays ou règne le chaos,…
Tant de films viennent accompagner le film d’ouverture, Place au milieu des étoiles du hollandais Leonard Retel Helmrich. Dans ce troisième volet de sa trilogie le documentariste continue d’explorer la vie des petites gens dans les bas fonds de Jakarta (Indonésie). On dirait qu’un mot d’ordre réunissait tous les documentaristes participant à cette édition toutes sections confondues. Tous partent à la recherche de ce qui pourrait encore relever de l’humain au sens profond du terme. Et tous semblent s’ériger contre une force impitoyable et indescriptible qui cherche à vider le monde de toute son âme et de ses valeurs fondamentales.
Dans ce sens ce festival se présente comme un rempart de culture et d’humanisme qui sont souvent une monnaie qui n’a plus de change de nos jours.

La critique de cinéma, cet acte de résistance.

Elle est certes, et tout simplement, magistrale l’intervention toute récente de Jean-Michel Frodon au sujet de la critique de cinéma. Dans un article paru sur www.slate.fr il revenait sur les discussions qui ont lieu un peu partout au sujet de la situation de la critique de cinéma. Après avoir démontre qu’il s’agit dans l’ensemble d’un faux débat, il rappelle le fondement de l’acte critique comme participant essentiellement d’un effort de créativité. Il n’en reste pas moins vrai que cet article a le défaut qu’ont toutes les grandes réflexions à portée universelle ; celui de manquer un peu de nuance.
Dans cet article d’une clarté impressionnante le critique français fait en effet une mise au point extrêmement lucide sur l’état de la critique et présente une synthèse des discussions qui ont lieu depuis quelques temps sur le danger qu’elle courrait. Partant d’un jeu de mots comme il a l’habitude de faire, le critique français met le doigt sur une question fondamentale, ou plutôt un contre-sens très fréquent, celui de l’utilité de la critique comme pratique. Le titre de l’article, sous la forme interrogative « A quoi sert la critique de cinéma ? », est en fait a prendre avec beaucoup de précaution. En fait le fond de l’article est de remettre en question cette idée faussement évidente que la critique est une activité pragmatique, en tout cas elle ne le serait pas du tout en termes concrets.
Dans la première partie du texte, le critique démonte le mécanisme par lequel la critique est ramenée a une pratique au service de quelque chose d’autre qu’elle-même. Il en dénombre nommément quatre domaines ; celui du marché et du commerce, celui des loisir et de l’Entertainment, celui de la presse et de l’information et celui de la recherche et de l’enseignement. Quatre domaines ou la critique est utilisée, voire asservie a des fins qui la dépassent. Cela ne veut pas dire pour autant qu’elle sujette a des pratiques condamnables. Sinon ce serait trop facile.
Nulle doute que le monsieur a raison et que l’analyse qu’il fait est d’une pertinence évidente, ou presque. Plus encore, il admet que cette exploitation de la critique est bénéfique pour le cinéma. Il n’hésite pas a défendre la dimension nécessairement lucrative du cinéma : « Soyons clairs, écrit-il, l’objectif de tous ces gens est légitime, ils défendent leurs intérêts, et si on aime le cinéma, on souhaite que ce soit aussi un secteur prospère…. ». En cela il reste un parfait disciple de Max Ophuls qui regrettait que le cinéma soit une industrie et dire qu’il aurait pu être un art.
Poussant plus loin la réflexion, l’auteur de l’article met le doigt sur le rôle fondamentale et plus profond encore de la critique dans le développement de ce que nous pourrions appeler la « culture de l’image ». A ce titre il s’élève contre l’idée très fausse qu’internet constitue une menace quelconque pour la critique. Car selon lui, « … et c’est le plus important, la critique construit un environnement autour des films. » Cet environnement est social lorsqu’ il s’agit des loisirs. Il a trait a l’information et a la communication au sens technique des que le journalisme s’en empare. Il est enfin académique et cognitif a partir du moment ou il fait partie des programme de formation et / ou de recherche scientifique.
Il y a cependant un « Mais ». S’il est vrai que les différentes « utilisations » de la critique et/ou du cinéma sont légitimes, Il y a tout de même une ligne rouge : tout sauf la marchandisation ou la marginalisation du film. Le pire est cette approche qui réduirait « … les films à une seule de leur fonction, celle de produits de consommation …». L’autre approche qui n’en est pas moins condamnable est de faire du film « … une pièce d’un dossier (sur la pollution, le malaise des adolescents, un épisode de la guerre) ou comme symptôme de l’inconscient sociétal.» comme font les journalistes. L’autre enfin est celle de considérer les films comme une matière a étudier (dans la perspective académique tout est sujet de savoir) sans prendre en considération la spécificité du cinéma comme art.
Justement, la critique devrait avoir comme cheval de bataille la défense de cette dimension : un film est d’ abord une œuvre d’art. Pour cela le critique français revient à l’origine de la critique comme acte intellectuel, et nécessairement français. Il ‘évoque en effet les deux père de la critique d’art : Diderot et Baudelaire pour rappeler l’idée fondamentale que : « La critique est une activité fondée sur le fait qu’elle concerne un type d’objets particulier, qui appartient à la catégorie des œuvres d’art.».
Une affirmation aussi catégorique n’est pas exempte de doute. La définition de ce qu’est une œuvre d’art reste d’un complexité telle que seule le concept d’ouverture emprunte au sémiologue italien Umberto Eco, est capable d’être d’un certain secours théorique. Le concept d’ouverture vient répondre au souci de résister à toute tentation de réduire le film a quelque chose qui lui est extérieure. Le critique doit avoir une approche exponentielle du film dans le sens ou, au lieu de limiter sa signification doit éviter de la démystifier, et par contre, l’enrichir en respectant son ouverture et son mystère. En un mot, le critique ne doit pas chercher a donner un sens a l’œuvre mais a s’inscrire dans un processus de collaboration lui permettant de tendre vers non pas vers le sens d’ une œuvre mais vers « La promesse d’une œuvre».
Tout ceci est cohérent. Monsieur Frodon reste un critique de renommée internationale, et il reste surtout français. L’argumentation qu’il propose est valable pour d’ abord pour le contexte français. Elle est aussi valable pour le monde entier. Mais quel monde ? Celui ou il y a du cinéma, celui ou le film a une vie comme elle se doit. La critique a laquelle il réfère est celle qui est pratiquée dans un contexte « normal ». Or, la norme quand il s’agit de l’environnement culturel dans lequel un film peut être produit et consomme n’est en fin de compte que celle du Nord.
La réflexion du critique français est universelle. Elle a donc ce défaut, nécessaire à toute réflexion universelle, de ne pas verser dans la considération de certaine nuance. Jean-Michel Frodon, critique français ne peut réfléchir en dehors du contexte de sa société, du contexte économique et culturel dans lequel il évolue. Dans ce sens on pourrait lui reprocher un certain égocentrisme, ou eurocentrisme.
Du reste, la pertinence de sa réflexion est tel qu’elle pourrait se détacher de tout contexte mais cela reste très relatif. L’idée qu’il développe s’appliquerait bien à un contexte effectif ou le film a une vie « normale ». Elle pourrait s’appliquer aussi à un monde potentiel ou le film aurait cette vie qui permettrait à une activité critique d’exister et de se développer.
Ce que cette réflexion n’envisage pas c’est un monde ou le film n’a pas cette vitalité nécessaire pour qu’une critique existe ait un rôle quelconque. Comment un critique africain ou arabe pourrait s’inscrire dans cette posture d’ouverture sur « La promesse d’une œuvre ». Ce concept suppose une œuvre qui existerait déjà et à travers laquelle le critique en intellectuel nourrit une attente. Nous sommes dans un contexte amputé de cette condition d’existence de l’attente meme. Ne sommes-nous pas dans un contexte ou tout effort de distinction entre ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas n’a aucun sens.
La perspective exponentielle dont on parlait plus haut, en fonction de laquelle le critique participe de l’enrichissement de l’œuvre, ne peut avoir de sens que dans un environnement culturel propice. De même, le principe de la distinction de cet objet culturel particulier de la somme des produits de consommation, ne peut exister que dans un monde ou la production de ces deux types de produits est possible. Or, nos cinématographies, dites du Sud, sont dans une indigence telle que la question de toute distinction devient absurde et secondaire par rapport à celle plus primordiale de l’existence en soi.
La question se poserait donc pour la critique elle-même. Son existence est organiquement tributaire de celle de la matière a laquelle elle s’applique. Exception faite de quelques sociétés (Egypte, Inde, Nigeria, Afrique du Sud, et relativement le Maroc) ou la production est existante en quantité nécessaire pour offrir des conditions d’existence suffisantes pour qu’une pratique de la critique soit possible, la possibilité d’acte intellectuel tel qu’il est décrit par Jean-Michel Frodon reste de l’ordre du fantasme ou de la schizophrénie.
Face a cette indigence, le critique est condamné a se projeté dans un monde qui n’en est pas un ou qui est une pure construction complexe faite d’un ensemble flou de frustration et de tension. Ses films sont si fragiles ou du moins si peu nombreux que le mécanisme de comparaison nécessaire à la pratique saine de la critique est faussé ou impossible. Face a ce vide, a ce manque d’appuie mental et intellectuel, le critique se refugie dans une image « autre » faite par/et dans des sociétés lointaines. Dans les deux cas, il se projette dans un monde qui n’est pas le sien. De fait il est pris entre deux vides. Mais de cela, monsieur Jean-Michel Frodon ne dit pas un clou.
Est-ce autant pour dire que sous nos cieux la critique est condamnée ? Contrairement a la tendance générale qui estime que le développement des medias et des nouvelles technologie de la communication constitue une menace sérieuse pour la critique de cinéma, l’idée de Frodon est que la critique a plus que jamais sa place et son rôle. Et cela n’est pas applicable à un monde sans l’être au reste de l’univers. La critique de cinéma est un acte de résistance par lequel l’Art est défendu contre le progrès technologique corrupteur et contre les effets néfastes de la géo-économie qui pèse de tout son poids sur les sociétés les plus fragiles menaçant de les priver du moindre droit a la pensée.

Deux documentaires tunisiens au rendez-vous


Deux cinéastes tunisiens, Hichem ben Ammar et Kaouthar ben Hania, participent depuis quelques jours au Festival International du Documentaire d’Amsterdam (IDFA). Il n’est pas si facile, encore moins fréquent, de voir nos cinéastes participer à des festivals de haut niveau. Les raisons sont loin d’être évoquées en quelques lignes. Toujours est-il cette participation mérite amplement d’être mise en valeur.
Hichem ben Ammar est un vieux routier de la cinéphilie tunisienne. Il vient de la critique de cinéma. Ancien président de l’Association Tunisienne pour la Promotion de la critique Cinématographique, il a choisi avec entêtement de se vouer au documentaire. Il réalise, produit et même il en organise un festival. Tout ceci s’inscrit dans une démarche cohérente.
Kaouthar ben Hania vient aussi du milieu associatif. Elle est issue de la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs d’où venait aussi Hichem ben Ammar. C’est là qu’elle fait ces premières armes avant de suivre une formation académique à Tunis puis en France. Elle aussi s’est très tôt engagée sur la voie du documentaire en tant directrice artistique de Doc à Tunis. Après avoir fait quelques courts métrages. Là elle passe à une vitesse supérieure.
Les deux cinéaste se retrouvent dans l’un des, si ce n’est Le, plus grand festival de documentaire au monde. Ben Ammar vient présenter Un Conte de faits dans une section parallèle du festival, l’antichambre de la sélection officielle ; l’autre est en lice pour le prix de la première œuvre avec Les Imams vont à l’école. Le premier est une pure production locale, tunisienne ; le second, une Coproduction franco-imaratie, est présenté comme un film français. Pourtant, si les deux films ont pu avoir cette visibilité c’est qu’il relèvent en un sens, le pari de l’universalisme tout en restant poche de l’environnement réel dans lequel les films sont faits.
Hichem ben Ammar, depuis ses premiers documentaires avait rompu avec deux fardeau du genre sous nos cieux : la folklorisme et le misérabilisme. Par son style et par le choix de ses sujets, il se situe dans la modernité la plus évidente. Son nouveau film s’inscrit dans cette continuité. Ce qui arrive à Anas, le jeune musicien prodigieux, pourrait arriver à n’importe quel enfant dans le monde. C’est pourquoi, il est confronté au challenge de se mettre au niveau de n’importe quel jeune du monde en rejoignant l’école londonienne de musique qui est effectivement ouverte à tout les jeunes du monde. Mais c’est aussi le défi du père d’Anas qui s’accroche à son droit de donner à son fils toutes ses chances.
Comme Anas se réclamant de toute la musique du monde, le réalisateur se pose comme défi de prendre sa place sur la scène du documentaire la plus en vue au monde. Le film est passé auparavant et entre autre au festival de Milan qui est destiné aux cinématographie du Sud. La sélection à IDFA vient confirmer le droit à l’ambition universelle. Le prix est simple, rigueur et confiance en soi.
Kouthar ben Hania est aussi fidèle à son contexte. Pour elle c’est sa condition d’émigrée en France qui l’inspire. A l’ère du clash des civilisations, à l’ère de la question problématique de l’intégration et de l’éveil des débats identitaires, la jeune réalisatrice est interpellée par l’une des mesures prise dans le cadre de la nouvelle politique de l’émigration en France : la formation des Imams et aumôniers musulmans. Avec Humour, Ben Hania, montre comment un phénomène est pris avec légèreté finit par touché des valeurs fondamentales de la démocratie et des droits de l’hommes dans le pays de la République. Même si le film se veut trop démonstratif et l’argumentation manque de force intellectuelle et verse très peu dans la nuance (il y a chez la cinéaste une volonté de faire un acte politique plus qu’un acte de pensée) l’engagement de la cinéaste impose le respect. Et quoi de plus respectueux que d’être dans une telle compétition.
C’est la consécration d’une démarche honnête, intellectuellement parlant. Par son film, Ben Hania se prend position entre sa culture d’origine d’une part, et le débat très actuel qui anime, souvent avec passion d’ailleurs, les sociétés d’Europe. C’est un challenge de taille que de vouloir prendre part à un débat aussi complexe et aussi exigent que celui de la cohabitation des cultures et des religions.
Voilà ce un peu qui se passe avec ces deux cinéastes de deux générations différentes. En fait il vaut mieux être positif et parler plutôt des raisons qui rendent ce type de présence sur la scène internationale possible. Le secret, semble-t-il, réside dans la conviction qu’il faut avoir une certaine rigueur dans le travail doublée d’une profonde conscience du fait que le cinéma est à la porté de tous pourvu qu’y met l’énergie nécessaire. Mais pour cela il faut être exigent avec soi-même et prendre son travail de cinéaste au sérieux pour avoir cette confiance en soi et de-là se dire : moi aussi j’ai ma place et en toute légitimité.

Sunday, 14 November 2010

JCC; the lost vocation


Every two years a special event takes place in Tunis (Tunisia) since 1966. It is called Carthage Film Days. This year the 23rd edition was held from October the 23rd to 31st and there was somehow a bad feeling of a lost vocation of the event. One could notice obviously and regrettably.
This film festival was created by African pioneers in the sixty’s. One of them, M. Tahar Cheriaa made his last appearance one evening during the festival when an association called Cultural association Africa-Mediterranée decided to give him a tribute. Few days later we knew that he passed away. The festival missed even to say good bye in a proper way to his founder and creator.
It seems, after the death of Henry Duparc (Ivory Coast) Sembene Ousmane (Senegal), Sotigui Kouyaté (Mali), that a generation is disappearing. The worse is that a spirit and a kind of ideas are also going away.
As in every edition and according to the philosophy of the festival, Cartage Film Days should be a festival with a special focus on two cultural branches of Tunisian identity : African and Arab cinema. Unfortunately, one could notice the obvious tendency of the directors to focus more and more on the Arab part.
The festival is then less colored, let’s say. Going around in the festival areas you could hardly meet black African professionals. Their numbers during the last editions is getting smaller and smaller. This means a lot.
Those who remember the eighty’s could witness this regression. Film lovers remember with nostalgia the first price of this festival for ever (the golden Tanit) when Sembene Ousmane participated at the first afro-arab competition here in Tunis in 1966.
The eighty’s where the years where professionals from the north of Africa and from the sub-Saharan area could meet in the hotels of the Tunisian capital and talk about the ways to promote their image, and to fight together against the imperialist image of the north.
Something is lost. This is the terrible conclusion one could make.
The program contains in fact films from both regions, in all sections. But there is no balance at all. As a matter of fact only three black countries where represented in the official competition of features: South Africa with State of violence by Khalo Matabene and Shirley Adams by Olivier Hermanus, Uganda with Imani by Caroline Kamya, and Kenya with Soul Boy by Hawa Essuman. This focal competition contains fourteen films.
As for the rest we notice the presence of big production countries like South Africa and Egypt with two features each in the competition and the organizing country, Tunisia, with three films. Clearly the festival looks more to the north, or the east but surely less to the south.
The screening the A screaming Man by Chadian film maker Mahamet-Saleh Haroun in the opening ceremony, is supposed to be a nice alibi for the organizers to compensate the deficient balance of the official selection, and the partisan prejudiced vision of this edition.
The tribute to Malian actor Sotigui Kouyaté could not help neither. His program was one among five others dedicated to Arab and North African artists : Rachid Bouchared (Algeria), Hyam Abbas (Palestine), Ghassan Salahab (Liban), Atyat Abnoudi (Egypt).
Of course when you make this kind of statement, you can’t be surprised by the final result. Generally the awards are depending of the quality of the selection. In addition to that, it seems that the jury of the 23rd edition of the Carthage Film Days, headed by Haitian film maker Raoul Peck, was coherent with the general atmosphere of the festival.
The three main awards went to Microphone by Ahmad Abdalla (Egypt) Golden Tanit, Voyage to Algers by Brahim Bahloul (Algeria) Silver Tanit and The Mosque by Daoud Aouled Syad (Maroc). It would have been better to dedicate this edition to North African cinema, then.
Never by the past, and during more than forty years, was the northern absurd orientation so heavily noticed.
Once upon a time, Africa was united around film culture and industry. It seems that this was a dream like a lot of other things. Carthage Film Days had even a twin brother, the fespaco, in Ouagadougou. It seems also that things are going to the other direction and North African cinema is no more considered really as part of African image. The next edition is announced for the end of February. Let’s wait and see.

Saturday, 9 October 2010

Venus noire, ou le procès des temps modernes


Abdellatif Kechiche passe pour le cinéaste de l’émigration et de l’exile. Cela se faisait sentir dans ses trois premiers film ; La Faute à Voltaire, L’Esquive et La Graine et le mulet. Avec Vénus Noire, il place le débat à un niveau supérieur. Si dans les premiers films il s’était intéressé à des histoires présentes au sens de peinture de la réalité du point de vue de l’émigration, avec son nouveau film, c’est encore le présent qui l’intéresse, mais avec une dimension de plus que lui fournit un débat « en France » autour de la restitution de la « dépouille » de Sara Baartman à son pays d’origine, l’Afrique du Sud
Il s’agit d’une histoire triste et pesante de tous points de vue. D’aucun ont en effet reproché au réalisateur une certaine longueur et ont trouvé que les scènes où l’on voit Sara dépouillée de toute son humanité et exposée comme un monstre curieux aux publics européens ou aux scientifiques étaient d’une durée exagérée. Elles auraient gagné à être écourtées ou leur nombre réduit. Cependant, outre le fait que du point de vue dramaturgique ces scènes ne sont pas fortuitement répétées mais chacune apporte une dimension supérieur et une autre profondeur au film, il semble qu’elles ont eu l’effet psychologique escompté : interpeller la conscience du spectateur et le toucher dans son corps même le poussant jusqu’à la limite de ce qu’il pourrait supporter.
Effectivement, que signifie la gêne d’un spectateur du 21ème siècle assis dans un fauteuil confortable face à ce que Sara a enduré pendant des années et des années ? Que signifie le confort du monde moderne face à ce que l’Afrique a enduré pendant des siècles d’esclavage, de déportation, de colonialisme, de néo-colonialisme… ? Que le spectateur se sente dérangé ce n’est pas seulement une question de gout ou de sensiblerie au sens banal du terme.
On peut bien y voir une conscience tirée en dehors de sa fausse tranquillité. On ne peut pas avoir la conscience tranquille quand a été capable de la pire des injustices. On ne peut pas avoir la conscience tranquille quand on a été responsable des malheurs du monde des siècles durant. On ne peut pas avoir la conscience tranquille quand on voit de ses propres yeux comment le confort au Nord a comme prix les souffrances et les sacrifices de tant de vies du Sud gaspillées dans l’humiliation et l’abjection. Bref, on ne peut pas avoir la conscience tranquille quand on voit le passé, qui semblait lointain et révolue, remonter du fin fond des caves des musées européens pour accuser non pas ceux qui ont été capables des injustices seulement mais ceux qui les perpétuent encore.
Dans ce sens-là, suffit-il qu’un pays fasse voter une loi pour se libérer du poids de la mauvaise conscience ? Restituer les restes du corps d’une femme dont le seul crime aura été d’avoir existé au mauvais côté et au mauvais moment de l’Histoire est-il jamais suffisant pour réparer ce qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Tout pousse à croire que la réaction de rejet presque physique face à ces scènes relève de l’aveu de l’impossibilité de réparer quoi que ce soit. En refusant de voir les scènes d’exhibition répétitive de Sara Baartman, le public occidental avoue son échec à se regarder en face et reconnait un mal dont l’Occident est coupable.

Wednesday, 29 September 2010

The Confiscated Image


Vanuit het Zuiden (in english From the South) and Middle East Culture announce the upcoming release of the new book by Hassouna Mansouri about the cinema of the South (The Confiscated Image):

L’Image confisquée : le cinéma du Sud, ce cinéma (de) subalterne

For more informations, please ontact :
Sillat Media
editor@sillat.com
Tel : +31756406771

Sunday, 26 September 2010

L'Image confisquée, le cinéma du Sud, ce cinéma (de) subalterne


Le nouveau livre, L'Image confisquée, le cinéma du Sud, ce cinéma (de) subalterne, sera bientôt sur le marché. Pour commander dès maintenant votre exemplaire vous pouvez contacter l'association Vanuit het Zuiden - Amsterdam.

Vanuit het Zuiden (ou Depuis le Sud) est une organisation culturelle européenne qui réunit des artistes et des intellectuels de l’émigration installés en Europe. Elle est née de la volonté de défendre le droit à tous d’accéder à la culture mondiale et d’y contribuer. Elle entend mettre en valeur le rôle de l’émigration dans l’enrichissement des cultures européennes et celles du monde. Aussi entend-elle jeter les passerelles de la solidarité et de la tolérance entre les différentes communautés et sociétés à travers l’Art et la Culture.

Saturday, 11 September 2010

Kechiche met la barre au plus haut.


A Venise la Tunisie est représentée par deux de ces enfants : Raja Amari est membre du jury de la section Horizzonti et Abdellatif Kechiche vient présenter sont quatrième long métrage, Venus Noire, en compétition officielle. Les deux réalisateurs sont en fait des habitués de la Biennale. Il y sont très souvent venus. Le nouveau film de Kechiche est particulièrement attendu cette année non pas parce que ce réalisateur a toujours eu du succès au Lido, mais parce que le sujet du film est extrêmement spécial cette fois.
Kechiche a choisi de raconter une histoire qui remonte au début du 19ème siècle. Mais il ne s’agit pas d’un film historique au sens traditionnel du terme. Les évènements commencent certes en 1815. Le film reconstitue par les costumes, les accessoires et les décors en effet l’atmosphère de l’époque. Mais Kechiche reste profondément plongé dans une actualité brulante, puisque son personnage meure à cette époque-là, mais il n’est enterré qu’en 2002. L’histoire est l’une des plus intrigantes de notre époque et l’une de celles qui traduisent avec une grande éloquence l’absurdité des rapports entre les différences.
Venus noire est l’histoire vraie de Sarah Bartman dite « Saartjie », une femme vraiment pas comme toutes les autres, pas comme nulle autre. Charles Baudelaire l’avait nommée « la maitresse des maitresses ». Dans sa vie elle en a vu de tout. Esclave chez les afrikaans en Afrique du Sud, puis domestique, elle est amenée à Londres pour être exposée comme une curiosité de foire. Ensuite elle fait l’objet des caprices de la hautes société parisienne avant de faire l’objet d’investigations scientifiques sur les traits curieux de son anatomie.
A cette époque le rapport final servit d’arguments pour les esprits tordus qui cherchaient à justifier leur comportement et politique colonialistes en s’appuyant sur des idées racistes et absurdes. Au début des années 90, et à la fin du régime aberrant de l’Apartheid, l’Afrique du Sud gouvernée par l’ANC, le parti de Nelson Mandella, réclame à la France les reste du corps de la femme au sort bizarre. Jusqu’ici les organes et les squelette étaient exposés au Musée de l’Homme à Paris et en était la propriété.
Il semblerait que la restitution symbolique de ce corps à sa terre natale avait suscité chez Abdellatif Kechiche une réflexion sur l’actualité des rapports entre le Nord et le Sud et plus précisément entre l’Europe, son passé coloniale, et sa politique actuelle à l’égard du continent noire. Sarah Bartman dans le film est plus qu’une réalité historique, elle est une réalité politique non pas au sens étroit mais au sens le plus profond. La Vénus noire est la métaphore de cette Afrique admirée, aimée mais aussi usée et exploitée jusqu’à l’os au sens propre et au figuré.
Depuis son jeune âge dans le petit village prés de Cup Town où elle est née, Sarah a servi des homme blancs. D’abord esclave, puis mariée à un afrikans qui la largue. Celui qui la prend comme domestique ensuite lui fait miroiter le succès et la gloire en la faisant monter sur scène comme un monstre exotique dans la foires européenne tout en lui faisant croire que c’est le chemin vers le monde du spectacle. Son corps qui devait être sa richesse en est devenu une malédiction. Après avoir été montré comme une curiosité, il servira de chaire à consommer dans les maisons closes des bas fonds parisiens. Ayant pris en elle tous les maux du monde, elle s’éteint alors qu’elle n’avait pas encore la trentaine.
Mais l’exploitation mercantile de ce corps magique ne s’est pas arrêtée avec la fin des souffrances de la vie. Au-delà de la mort, l’Europe et ses scientifiques, continuera a puiser ce qui est encore utilisable en elle. De son vivant, Sarah n’a jamais autorisé les scientifiques regroupés autour du professeur George Cuvier de s’approcher de ses organes génitaux. Lorsqu’elle est morte, l’Académie Royale de Médecine s’est procuré de la manière la plus minable la dépouille qui servira à justifier les inégalités qui sévissent encore sur l’ordre du monde. La mutilation du cadavre de la Hottentot Noire est présentée par Kechiche comme le viol le plus abominable à l’image de toutes les violences et les absurdités que l’Afrique continue de subir au nom de l’aide au développement. Plus qu’un film de reconstitution historique, Venus noire est donc une mise au point sur l’aberration des rapports entre les différences quand ceux-ci sont régis par la soif du pouvoir et du profit sans reconnaitre aucune limite.

La Chine n’est pas loin


Le tournant de la deuxième semaine de Venise aura été chinois. Dimanche le public a découvert un superbe Détective Dee dans le style des épopées chinoises à la Zang Ymou. Lundi, était le tour du film surprise qui s’avèrera être un autre film chinois, Le Fossé. Le premier avait créé le spectacle et avait réconcilié le public avec les grandes épopées haute en couleur, le second, une fois découvert fut une révélation poignante de tous point de vue sur une réalité des plus abjecte.
Il semble que les films chinois sont de plus en plus incontournables pour tout festival qui voudrait répondre à des attentes diverses et exigeantes. Détective Dee et le mystère des Fantômes brulants des frères Hark reste fidèle à la tradition perpétrée par ce qui s’appelait la cinquième génération des cinéastes Chinois. Dans un style complètement différent, Le Fossé de Wang Bing, prend le spectateur par les tripes et le met en face d’une réalité crue et une vie rugueuse. Ces deux films désignent à eux seules, les deux principaux sillons du cinéma chinois : l’épopée dans la continuité du théâtre traditionnel avec costumes et masques, et le film réaliste qui enregistre un mode de vie aux limites du vivable.
L’Inscription dans l’histoire lointaine du pays, les costumes, les chorégraphies et la dimension moralisatrice sont les ingrédients qui font toujours rêver les spectateurs. Le récit ponctué par des combats d’arts martiaux entre des personnage d’une beauté féérique donne un rythme au film hypnotisant. Ceci est le propre des films chinois qui remontent aux temps lointains, des grandes dynasties des empires d’antan. Les frères Hark ont choisi en plus d’articuler le tout sur une trame d’enquête policière commandée par la toute première impératrice dans l’histoire de l’ancienne Chine à un l’enquêteur mythique De Renjie, le Sherlock Holmes de la chine médiévale. Ils donnent à voir un film policier dans le moyen âge comme l’aurait fait Umberto Eco dans Le Nom de la rose sur un fond de cause et de thématique féministe très moderne.
Tout autre est le rythme et le ton du film de Wang Bing. L’époque contemporaine est peinte comme une époque de souffrance. Les personnages marchent lentement comme des fantômes sortis des tombes où ils sont enterrés au sens propre et figuré, ou rampent même comme des rats pour entrer dans les cavernes aménagées dans le sol en casemates d’ouvriers. On apprendra que ces ouvriers sont des cadres et des intellectuels condamnés aux travaux forcés comme ceux que Stalines envoyait au Goulag en Sibérie et d’où aucun ne revient. Les images ne sont pas du tout stylisées et le tournage se passe dans des décors naturels des steppes de la Chine profonde. Là l’Homme devient animal avant de fondre complètement dans la poussière glaciale du désert.
Voici donc deux styles de cinématographiques différents avec un seul objectif : peindre la chine. Chacun des deux cinéastes en a une. L’un remonte vers la Chine impériale du septième siècle, celles des empereurs et des preux chevaliers qui se sacrifient pour le souverain et au-delà pour le peuple. L’autre choisi de témoigner d’une réalité politique contemporaine à travers les camps de prisonniers politiques, qui pas plus loin qu’une paire de décennie, menaient à la mort la crème des intellectuels du pays au nom de la sacrosainte « Dictature du prolétariat ». Les deux se rencontreront enfin de compte au même point : comment le cinéma peut célébrer la grandeur et les contradictions de ce pays qui traversent son histoire de bout en bout.

Saturday, 4 September 2010

Sophia Coppola donne le La


C’est parti en douceur à Venise. La 67ème Mostra internationale di Venezia n’a pas apporté de surprise les trois premiers jours. L’annonce de la sélection officielle, le jury présidé par la star américaine Quintin Tarantino n’avait pas provoqué de sensation remarquable. La confirmation d’un 23ème film en lice Essential Killing du Polonais Jerzi Skolimowsky, en attendant la révélation du 24ème retenu comme film surprise, n’attire pas vraiment l’attention. Et même la programmation d’un court métrage de 9 minute de l’Iranian Jafar Panahi n’a pas eu l’effet escompté interdit de voyage chez lui.
Les premiers jours étaient donc plutôt décevants. Le film d’ouverture Black Swan (Le Cigne noir) de Darren Aronovsky a été accueilli par une certaine froideur. Même les noms connus comme ceux de Dino Risi qui présenta son nouveau film Parfum de femmes et Bertrand Blier avec Le Bruit des glaçons n’ont pas pu donner le ton à l’édition 2010 de Venise. On s’attendait à quelque chose du coté chinois avec Tran Anh Hung qui présentait Le Bois Norvégien. On comptait surtout sur Miral de Julian Schnabel qui aurait pu susciter un petit remous par son sujet à sensation. Le film retrace l’histoire de l’affaire palestinienne et du processus de la colonisation israélienne à travers le parcours réel d’une journaliste américaine d’origine palestinienne. Aucune de ces possibilités n’a eu de prise sur le public de la Biennale.
C’est au troisième jours que les choses ont bougé. Il y a eu d’abord la pluie, beaucoup de pluie… On dirait un signe du ciel que des choses allaient se passer ce jour –là. Dès le matin, on pouvait voir les nuages s’accumuler au-dessus du Lido. On voyait l’orage venir, et il vint quelques heures plus tard dans la journée. La salle de presse était pleine de journalistes attablés pour écrire leurs dépêches annonçant le bon jour. Le toit commença d’abord à laisser passer quelques goutes et puis l’eau s’abattit d’un coup sur les ordinateurs et l’électricité fut coupée… le reste des articles sera dicté par téléphone aux rédactions en place comme au bon vieux temps.
C’est le charme de Venise. Chaque année on attend l’orage, on sait qu’il va venir. De la même manière on attend les bonnes surprises cinématographiques. Au troisième jour donc, l’orage vénitien est venu et avec lui le cinéma. Comme si le premier célébrait le second.
C’est sous l’impact des goutes d’une pluie torrentielle que nous avons regardé Somewhere (Quelque part) de Sophia Coppola. La fille du grand cinéaste Francis Ford Coppola n’a pas manqué à sa réputation, ni au nom de la famille comme à l’Italienne. Son nouveau film, produit par son frère Roman Coppola, fait sensation. Pourtant c’est un film sur l’ennui que vit un célèbre acteur hollywoodien. Le grand succès que connait Johnny Marco le jette dans une crise existentielle et le plonge dans l’univers lugubre de la drogue et des filles jusqu’à perdre le sens et le gout de la vie. C’est sa fille (11 ans) qui le récupère de sa perdition et la ramène en toute naïveté et douceur vers le sens authentique des choses et des sentiments réels. Et Sophia Coppola de traduire cette simplicité enfantine au moyen d’une mise en scène dont le dépouillement lui permet de gagner amplement en profondeur.
On a ressenti le même dépouillement dans l’autre belle surprise de la journée. Silent Souls (Les Ames silencieuses) du Russe Aleksei Fedorchenko. C’est aussi un film sur le sens de la vie. Le minimalisme au niveau du scénario et de la mise en scène n’enlève rien à la profondeur et à la richesse des sentiments décrits, et encore moins à la poésie qui se dégage des images et des voix. Un homme perd sa jeune femme. Il invite son ami et employé à lui rendre les derniers hommages incinérant son cadavre selon les us de la région. Tout en montrant le processus dans sa cruauté, Fedorchenko sonde les âmes de ses personnage à la recherche des profonds sentiments d’amour, d’amitié, de complicité,… le tout dans une atmosphère de grande poésie. Et au-delà, le film est une leçon sur la manière d’utiliser un matériaux du patrimoine mythologique local pour s’élever au niveau de l’universel sans perdre de pertinence et de richesse des messages.
Ainsi, deux cinéastes relativement jeunes (autour de 40 ans chacun) donnent le La à cette 67ème édition de la Mostra de Venise. On y prend gout et on attaque le reste des jours avec plus d’appétit cinéphilique. Surtout que la Tunisie y est représentée par deux de ces enfants. Abdellatif Kéchich vient présenter son nouvel opus Venus Noire en compétition officielle et Mustapha Hasnaoui avec sa complice Marianne Khoury sont inscrits dans la section Horizzonti avec leur documentaire Zelal. Mais il reste qu’au quatrième jour le film le plus attendu est Lettre à Elia de Martin Scorcese, un documentaire à la mémoire du grand cinéaste Elia Kazan…. Il y a donc encore des choses à voir.

Thursday, 19 August 2010

An Iconoclast named Mostafa Heravi


Iconoclast is the closest word to define the work of Mostafa Heravi. He is an artist who goes beyond borders. It started with his jump from Iran in 2000 when he decided to leave his country and settle in the Netherlands, Amsterdam precisely. But this migration is not only physic neither objective. Young already, Mostafa Heravi was a kind of recalcitrant. He felt like not fitting in what/where he was living. The country was too tight for him and the studies and the traditions (social and artistic) surrounding him where suffocating. That’s why he made the big step…
The prestigious Gerrit Riedveld Academy from which he graduated in 2007 initiated him perhaps to modern arts. The Iranian Art school came earlier to strength the family artistic influence mainly of his father who was a calligrapher. But what Heravi is doing goose further than any kind of schoolish theory. That why it is difficult to find an easy way to describe his work. traveling between different cultures and artistic backgrounds, his style is made also of a flirt between arts and mediums.
Asking him wloud not help, because he is not enough into rationality to be able to give you an entrance to his world of inspiration. You have to follow him, in his perversity to the depth of his hell, or his paradise… in one word you need to go he will lied you. For that there is one condition, before entering you need to leave all you rationality and structured ways of thinking and seeing. Like a modern mystic, Heravi invites you to open your mind and heart to a different experience.
You could expect his work to be a film. It is indeed,… but even more. You think it is a video clip. You are right, but still a bit more. A video installation! Also… you are not far… but you didn’t really neither get it. Somewhere between all these mediums and in addition to an obvious plastic influence Heravi gives his work the stamp of visual experimentalism. Not in the sense of genre, like when we talk about experimental cinema, but in the philosophical meaning of a continuous research of a magic substance.
You can, if you want, refer to Michelangelo in “Sin”, or indirectly to Claude Monet in “Fall” like his Waterlelies and to the landscapes of Vincent Van Gogh when you see “Spring Crane”, but there will be always a special touch to push you fare away from any “ sentiers battus”. With Heravi you will walk where nobody else, or quite nobody, ever walked.

Friday, 9 July 2010

« Tout ce qui est grand m’appartient »

En réaction à l’article de notre collègue Alcény S. Barry que je trouve assez constructif bien que je ne puisse le suivre dans toute son argumentation. Mais son interpellation mérite d’être débattue au niveau de notre réseau. C’est en effet, en engageant des discussions de ce genre entre critiques africains que nous pourrons réinventer la critique et le cinéma comme il le dit. Et Africiné est né et existe pour cela. D’abord je le remercie pour l’intérêt qu’il a accordé à mon texte et pour avoir essayé de mettre l’accent sur un point que je voulais aussi souligner : la profondeur tragique de L’Homme qui crie, le nouveau film de Mahamat-Saleh Haroun.
Sur ce point nous sommes tous les deux d’accord, je trouve. Que la matière tragique « Tchadienne » ou « Africaine » vaut toute autre matière, là aussi nous sommes d’accord. C’est même le sens de la réflexion que j’ai essayé de formuler dans mon article non pas en faisant des personnages du films des clones des personnages mythiques « occidentaux » ni en appliquant une grille narratologique « occidentale ». Ce serait trop naïf.
Quand il s’agit d’art et de pensée l’Occidental en soi, ou l’Africain en soi n’ont aucun intérêt. C’est le sens de la démarche de Pasolini quand il adaptait Les mille et une nuits, ou en formant le projet d’une Orestie africaine… C’est aussi l’idée de Peter Brook en allant vers le fond culturel indou à travers son œuvre majestueuse le Mahabhrarata. Les idées n’ont pas de frontières, pensait Youssef Chahine dans le Destin et qui disait ailleurs : « Tout ce qui est grand m’appartient ».
Pour ma part, il est tout à fait légitime qu’un cinéaste africain puise dans une matière non africaine pour réaliser des œuvres personnelles. Encore une fois je ne sais pas si c’est le projet de Haroun. Par contre quel serait, sinon, le sens d’une œuvre aussi importante que Hyènes réalisée par Djibril Diop Mambéty en 1972 avec Ami Diakhaté et Mansour Diouf. Ce film est inspiré sans aucun complexe de la pièce La visite de la Vieille Dame du dramaturge suisse Friedrich Dürrenmatt. La même pièce avait auparavant inspiré La Rancune (The Visit est le titre anglais) en 1964, un film de l’Autrichien Bernhard Wicki, avec Ingrid Bergman et Anthony Quinn.
En effet, mon intension l’article sur L’Homme qui crie est de défendre la dimension universelle du film. C’est ma conviction et je l’assume. J’estime que tout artiste ou critique ou intellectuel du monde entier devrait s’en réclamer en toute légitimité. L’universalisme ne signifie pas le mimétisme d’une culture hégémonique mais le dépassement de toutes formes de frontières. C’est là le défi et c’est là où je ne suis pas notre ami Barry.
Je suis Africain non pas parce que je suis en opposition avec l’Autre (Européen en l’occurrence). Mais nous contribuons tous au « Génie Humain » et je ne devrais en aucun cas avoir de complexe à puiser mes outils d’analyse et de réflexion dans n’importe quel fond culturel. Il se trouve que la matière, dite Européenne nous est, nous africains, plus proches que d’autres à tel point que les différentiations paraissent souvent forcées, pour ne pas dire inappropriées. Cela revient à des facteurs complexes d’histoire, de géographie, de politique, … et de rapport de forces etc..
J’ai eu recours à la matière tragique grecque comme des schèmes mentaux de représentation qui en fait ne sont pas propres à l’Europe. Le tragique est un fond humain et Barry a raison de le retrouver dans la réalité même du Tchad. Haroun a essayé, je pense, de représenter cela par le cinéma. Il n’a peut-être pas nécessairement pensé aux mêmes éléments que moi. Ce qui manque c’est que notre ami Barry puisse aller plus loin dans sa réflexion et nous montrer la portée intellectuelle et culturelle du tragique au-delà des faits et comment cela se traduit ou pourrait se traduire par des formes d’expressions artistiques. C’est un champ d’investigation digne d’intérêt et je le remercie de pousser dans cette direction.
Après des années, voire de décennies, de travail sérieux sur le rapport de l’Occident au reste du Monde, Edward W. Said déclarait n’avoir pas d’Orient en soi à défendre. Et Achille Mbembé, le philosophe camerounais le suivra plus tard en poussant plus loin encore cette approche postcolonialiste des rapports entre les cultures. Rien n’existe en soi. Le métissage, culturel du moins, est le salut de l’humanité. Le multiculturalisme n’est pas un choix c’est un fait qui dépasse tout volonté. La pureté est à l’origine de tous les fascismes.

Sunday, 13 June 2010

Life above all by Olivier Schmidtz (South-Africa)

A Call for life
Few weeks before the Football World Championship, everybody is looking to South Africa as a host of the most popular event. The participation of the south-African cinema in Cannes could quite not be seen despite a real effort and presence of a film in an important competition.
In Un Certain Regard, a parallel section but a part of the official selection in Cannes film festival, Olivier Schmidtz (Cap Town, 1960) presented his new feature called Life, above all. He was the third African film maker in Cannes this year with the Chadian Mahamat-Saleh Haroun and the Algerian Rachid Bouchareb.
Schmidt is well known as an engaged film maker. His previous feature, Highjack Story (2000) was a statement against violence and poverty in the suburbs of Johannesburg.
Already with the first participation in Cannes with Mapantsula (1988) Olivier Schmidtz showed that he wants to use cinema as platform of denunciation of all south-African society pains. Mapantsula was then a scream against the injustice and the absurdity of the racist regime of Apartheid.
South-African film maker was proud to be in the biggest international film show case. “It is the fourth time I am in selection in Cannes, he said to the press, but you do not get blasé about it because it’s really the cream of what happens every year in the film world”.
Nowhere else, a film crew would like to be in fact. Greg Buckle, the Co-producer pointed the importance of being in such a film event and meets a special audience “So far it’s been a great exposure, watching the reaction of people coming out of the cinema.”
The new film is quite a touching story about prejudices, sleekness and poverty. The protagonist, Chanda, is only 12 years old. However she is force to challenge the whole society in her small dusty village near Johannesburg.
The young girl has to face a very bad time. Her newly-born baby sister dies. Her father accuses the mother to be the cause of this los. He dies from alcoholism. Soon later, the mother is seek and accused by the village to be a source of devil. She has to leave and go to die alone far from any human life.
....
Full text on www.africareviews.kn www.africine.org

Wednesday, 26 May 2010

Le droit de Penser tragique





L'Afrique subsaharienne est de retour à la compétition officielle du festival de cannes après treize années d'absence. Le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun en est le porte-drapeau avec Un Homme qui crie, son quatrième long métrage. Très souvent la présence de l'Afrique sur la scène cannoise et internationale en général a été accompagnée d'un constat d'absence, voire même d'ignorance, quand ce n'est pas d'une contestation encore plus franche et surtout naïve. Le discours de Haroun semble dépasser ce que l'on pourrait appeler ce complexe. Il se situe au niveau de l'universalité de l'expression artistique, en toute légitimité mais aussi en toute lucidité et sens de la responsabilité intellectuelle.

Quel sens pourrait avoir la place que l'on ferait ou voudrait faire à l'Afrique subsaharienne ou nord-africaine ? Se réclamer du principe de quota ? C'est absurde et cela ne sert en rien le cinéma ni les cinéastes africains, ni ceux du Sud, ou de la périphérie diraient certains. Tout le sens de la démarche cinématographique de Mahamat-Saleh Haroun à nos yeux serait dans cet élan de transcender toutes formes de lignes de démarcation et ne pas rester prisonnier de ce que Gramsci appelait le "subalterne".

L'histoire de Un Homme qui crie est tchadienne. Toutes celles de ses films antérieurs, sauf celui fait pour la télévision Sexe, Gombo et beurre salé (à Bordeaux, France), ont lieu au Tchad et sont tournées là-bas. Non pas qu'il s'agisse de folklorisme, non pas par souci d'authenticité non plus. Nous dirions même que c'est par idéologie, au sens fort du terme. Vouloir se placer au niveau de l'universel revient à mettre toute son énergie dans la mise en valeur de ce qu'il y a d'humain, de fondateur dans toute expérience humaine.

Osons le raccourci ; Haroun pourrait-il être l'Eschyle ou l'Homère de l'Afrique ? La forme interrogative de ce raccourci dit tout le ridicule de la comparaison bien évidemment nonobstant les clins d'œil qui ponctuent le film renvoyant aux origines du patrimoine narratif humain. Il s'agit toutefois d'essayer de cerner les contours d'un projet culturel, au sens large du terme, d'un cinéma qui cherche à se constituer un ensemble de valeurs culturelles, morales, esthétiques, politiques… fondatrices tout en s'inscrivant dans le sillon universel.


pour lire la suite : http://www.africine.org/?menu=art&no=9489